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d’une gorge resserrée; des buissons de rhododendroncouvrent de leurs jolies fleurs roses et frêles les flancsde la montagne. Il n’y a pas de fleurs plus touchantesni qui vous causent plus de surprise. On ne s’attendguère à trouver parmi des débris de rochers , dans unpays rude, au fond d’une gorge sauvage, un arbrisseauélégant, touffu,dont la feuille, de jolie forme, est solideet charnue comme celle du laurier, et dont la fleur, d’unrose tendre, tachetée de petits points noirs , et à demiéclose, réveille toutes les idées de parterres cultivés etd’horticulture exotique. La fleur du rhododendron , dela classe des labiées, a, dans ces montagnes si âpres, jene sais quoi d’étiolé et de fragile! Mais ce n’est qu’uneillusion; c’est une fleur très résistante, et cette délicatecorolle soutient assez long-temps la rude températuredes nuits et le froid glacial des matinées de la monta-gne. C’est la providence qui a semé ce gracieux arbris-seau sur le penchant de ces gorges arides, comme poury attirer l’homme, et l’engager à pénétrer là où de dou-ces fleurs s’épanouissent impunément au milieu deschaos et des tempêtes. C’est comme le fil qui guidel’homme à travers ces formidables labyrinthes. Qui suitla trace du rhododendron a la chance de trouver, aprèsquelques détours, l’entrée de quelque riante vallée, quiétait masquée par d’affreux précipices.