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PROMENADES D’UN ARTISTE.
ment sur des pieux , et couverts en dedans de planches,voilà où s’abrite ce pauvre peuple au milieu des neiges ,et dans les plus rudes hivers : il n’y a de mur qu’à l’en-droit du foyer ; c’est une espèce de massif formé d’uneardoise très commune dans le pays. On voudrait ne paspousser plus loin. Il semble qu’on craigne de perdre l’Ita lie et de rétrograder vers le Nord. Cependant le Mont- Rosa est là devant vous, vous attirant par ses neigeséblouissantes , qui vous font croire qu’il est tout près ,quand il est à plusieurs lieues de vous. Il n’y a pas dechemin plus trompeur que les sentiers des montagnes ;on n’arrive jamais; les yeux au contraire sont arrivéslong-temps avant le corps, ce qui augmente l’impa-tience. Nous voilà pourtant au pied du Mont-Rosa .
Nous passons sous une grotte de glace d’où sort uneforte branche de l’Anza. Un précipice s’offre ensuite,puis un pont, sous lequel s’engouffre l'Anza lui-même.Lecteur, c’est pour l’avoir vu que j’en parle, nonpour y avoir été. Les jambes m’ont manqué au bas duprécipice ; mes yeux seuls l’ont grimpé, mes yeux seulsont vu le pont de glace, puis, après le pont, le glacier;vous diriez de hautes vagues d’une mer orageuse quiont été saisies en l’air et coagulées par un froid despôles. Ce glacier est percé çà et là de profondes cre-vasses , que la neige rebouche en hiver, que les eaux