4l
rouvrent en été. A certains endroits, les couches dela neige de chaque année se font remarquer, commedans les profondes carrières les couches antédilu-viennes; ailleurs, ce sont de hautes pyramides, d’unvert éclatant.
Du pied même du glacier sort un jet d’eau dont latempérature est si froide, que le thermomètre y tombeinstantanément de dix-sept degrés à zéro. Tout auprès,et jusqu’au milieu du glacier, au sein des neiges éter-nelles , s’élèvent des bouquets de mélèze , qui projettentl’ombre de leur feuillage noirâtre sur la blancheuréblouissante des neiges : forêts aériennes dans les-quelles l’aigle seulement fait entendre son cri sauvage,quand il se plaît à planer au-dessus des glaciers, par unbeau soleil, et à voir son ombre ondoyer au gré de sonvol capricieux, sur ce miroir de glaces éternelles. Cesforêts sembleraient devoir échapper aux atteintes del’homme : eh bien non, ni les précipices, ni les glaciersne les en défendent; le montagnard, avec sa sandale decuir et son croc, gravit intrépidement sur le rebord deces abîmes, pénètre dans ces forêts inaccessibles, et,armé d’une hachette, fait des incisions aux arbres, d’oùsort une résine qu’il recueille dans des sebiles de sapin ,et qu’il rapporte figée sur son dos.