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PROMENADES 1)’CN ARTISTE.
ai vu aucune de ces lithographies immondes dont lesmarchands de Paris salissent leurs vitres, au grandscandale des honnêtes gens, et surtout au grand encom-brement des trottoirs; mais j’y ai vu, en revanche, d’as-sez médiocres gravures d’après des tableaux religieux.
Cette Place des Marchands, à Milan , est une façon dePalais-Royal. Elle est au Palais-Royal ce que les char-retiers que je venais de rencontrer sur le chemin d’A-rona à Milan , sont au char des moissonneurs de LéopoldRobert. Au milieu de cette place, est un immense porti-que dont chaque colonne est entourée de l’étalage d’unlibraire. C’est là que les oisifs de Milan , et ces lettrésqui s’instruisent en courant, et qui lisent gratis, sous leprétexte de chercher si l’exemplaire qu’ils veulent acheteret qu’ils n’achètent jamais est complet, se tiennent de-bout, sous l’œil du marchand, et font impunément unelecture assez longue, dont le libraire ne se plaint pas,espérant toujours , malgré des désappointemens quoti-diens, que le lecteur ne s’en ira pas sans le livre, et quetrès certainement il aura trouvé l’exemplaire completqu’il cherchait. Du reste, il en est du choix de ces livres,comme du choix des gravures des marchands d’estam-pes; il y a plus de pères de l’Église que de romanciers.
La Place du Dôme est aussi très fréquentée. C’est làque Polichinelle fait ses tours. Polichinelle est le vrai