DE MILAN A VÉRONE.
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enfant de l’Italie . Chez nous, c’est un étranger qui estvenu seulement pour un jour de foire, pensant qu’à lafaveur de la distraction générale, il aurait quelques cha-lands. Le Polichinelle des Champs-Elysées , devant lequels’arrêtent quelques bonnes d’enfans, et l’inévitable Jean-Jean, avec sa grande capote grise où tiendraient à l’aisedeux conscrits comme lui, ce Polichinelle qui s’enrouepour achalander les curieux, et qui a besoin de montrersa pauvre jeune femme, portant deux enfans sur chaquebras, pour allécher par la pitié ceux qu’il ne pourraitpas attirer par ses bons mots, un tel Polichinelle, je lerépète, est un étranger transplanté du pays natal, et quiy sèche et y languit, comme une plante exotique. Poli-chinelle n’est heureux et n’a un auditoire heureux qu’enItalie . J’ai vu de ces petits séminaristes de tout-à-l’heure,arrêtés devant la barraque du Polichinelle de la Placedu Dôme côte à côte avec de grands et gauches grena-diers autrichiens, et riant avec bruit aux tours du chatclassique, de l’acteur forain, du principe de tous lesthéâtres, y compris celui de La Scala. Yers midi, quandle soleil frappe d’à plomb sur la grand’place, elle restevide*, mais vous pourrez voir, à l’abri d’une saillie detoit, Polichinelle, la tête hors de sa barraque, regardantavec une sensible curiosité si le soleil descend vers l’ho-rizon, et si les ombres du grand dôme s’allongent dans