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PROMENADES d’üN ARTISTE.
la direction de son théâtre, en ce moment désert, et qui,tout-à-l'heure, sera entouré de nouveau de son parterreaccoutumé.
Les étrangers se plaignent avec quelque raison, etpuisse le gouvernement autrichien tenir compte de leursplaintes! que la ville de Milan n’ait aucune promenadecentrale. Il faut aller chercher les promenades hors dela ville, c’est-à-dire, s’imposer au préalable, une horriblefatigue pour aller goûter un peu d’ombre au loin. Lejardin public, les boulevards, la place d’Armes, vendentchèrement la fraîcheur qu’on y respire. La promenadede prédilection des étrangers, celle où, pour mon compte,j’allais souvent passer les heures les plus lourdes du jour,c’est la Place £ firmes. De là, quand l’horizon est pur,quand l’air est si transparent que les sommets des mon-tagnes les plus lontaines dessinent délicatement leursprofils sur l’azur du ciel, et qu’il semble qu’on verraitnon-seulement un homme mais un oiseau se détachantsur ces lignes si pures, vous voyez le Mont-Rosa, le Saint-Gothard , qui interrompent si majestueusement la bellemais insignifiante plaine lombarde au milieu de laquelles’élève Milan . C’est sur la Place d’firmes qu’il fait bonrêver ; c’est là qu’on peut goûter quelques heures de lavie molle et insouciante de l’Italie , si différente de la vieagitée et fébrile qu’on mène à Paris .