NOTICE SUR MAURORE.
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Macrobe est un (les écrivains latins sur lesquelsl'antiquité nous a laissé Je moins de documents. Lessavants du moyen Age, dont un grand nombre a subien apprécier les trésors d’érudition que ses ou-vrages renferment, n’ont point fait de l’bistoire de savie ni de celle de ses écrits l’objet d’un travail spé-cial. Je vais tAcher de suppléer à cetle omission, enrecueillant les renseignements épars soit dans leursdivers ouvrages, soit dans les écrits plus récents.
1. Machobhis, Ambrosius, Attrdius, Thcodo-sins ■■ tels sont les noms que porta noire auteur, etqu’on lui donne en tête de ses œuvres. De ce que,dans l’énonciation de ces noms, celui de Théodose est quelquelois placé le dernier, P. Colomiès con-clut. 1 que ce lut celui sous lequel il était connuet distingué de son vivant; et que le nom de Maerobene doit être regardé que comme un surnom. Voicicomment Colomiès établit et développe cette opinion :k Quel est, dit-il, ce Théodosc auquel Aviénus dé-t die ses fables?Si nous en croyons Gérakli, c’estv l’empereur de ce nom; mais cet écrivain se trompe« certainement, et ce Théodose n’est autre que ce-« lui que nous appelons ordinairement Maerobe,
« mais qu’evidemment les anciens appelaient Théo-« dose. On en trouve la preuve dans l’appendice« ajouté par Jean, ou par Érigcne, ou quelque autre,
" au traité De ctiffèrenliis et societatitms græci« laliiiit/ue vertu 3 . A l’appui de notre opinion,
« nous citerons ut; passage d’un ancien interprète de« VIbis d’Ovide, qui s’exprime en ces termes : 77/-• raiinitti est des deux genres, selon la règle posée par« le grammairien Thêodose . ■> La même opinion a étéémise, accompagnée de quelque doute, par le sa-vant P. Pitliou ; mais le P. Sirmon, avec non moinsd’assurance que Colomiès, affirme que Théodose , au-quel Aviénus dédie ses fables, et dont parle Ifoëce,n’est autre (pic Maerobe. Dans le catalogue des ma-nuscrits d’isaae, Vossius , rédigé par Colomiès, et sousle n" 294 , on trouve l’indication suivante ; Theo-dosii (imo A vient) ad Macrohium Theodosium fa-tmlx. Saxius 4 et Henri Canegietieo 5 sont tacite-
> Cette notice a été publiée , pour la première fois, sousle litre de Dissertât km, (tins les Annales Encyclopédiquesde l'eu M. Millin 0817, I- v, p. 21 - 70 ). tille a étô reproduite,avec (les additions et des corrections, dans le Classical Jour-nal ( années 1810 et 1820 ) publié li Londres par M. Valpy. j'„la reproduis ici pour la troisième fois, avec des additions etdes corrections nouvelles.
j p ColaitKsii opéra, édita a J. Alb, Fabricio; Hamburn1701); tn-V’- Kei^Xta Utteraria ( c. 38, p. 312). ’
3 Ùans ce traité, outre que le nom de Théodosc se. trouveplacé te dernier, après les autres noms de l’auteur des Sa-turnales, il y est de plu» appelé, tantôt Maerobe, tantôt sim-plement Tlii'odosc.
( Onomasdam Uttcrarium thristophon Saxii; Traiect.ad Ilhqnitm, 1773-1803,7 vol. 111-8°, 1. i, p, 478 _
5 Djssertatio île ata te et stylo Avieni.
MACllOlIK.
ment contraires à cette opinion, puisqu’ils veulentqu’Aviénus , le fabuliste, ait été contemporaind’Antonin le Pieux .
Osarth 1 dit avoir vu un manuscrit qui portaille titre suivant : Macrobii, Ambrosii, Oriniocen-sis in smrnium Scipionis commeniarium incipit;et il pense que ce nouveau nom ( Oriniocensis ) auraété donné à Maerobe, ou du lieu qui l’a vunaître, ou par allusion à son commentaire sur lesonge de Scipion : comme qui dirait Oniracritiquc,mot qui serait formé de ô'vstpoç (songe), et de *pï»siv(juger). C’est aussi l’explication qu’en donne le Sco-liaste d’un manuscrit qui fut possédé par Ponta-nus, l’un des commentateurs qui ont travaillé surMaerobe. Seulement il y est appelé, tantôt Ornicen-sis, et tantôt Ornicsü.
Le jésuite Alex. Wilthem rapporte 1 qu’un ma-nuscrit du-monastère de Saint-Maximin portait le ti-tre suivant ; avu. stemm, symmach. vs. v. c. ksi jïn-
IV Alt AM. VKL. DIV. MEVM. ÎUVENNÆ. CUM. HA-
cnonto. l'LOTiNO. iiunoxio. Le manuscrit deSaint-Maximin portait encore un autre titre, trans-crit par Wilthem de la manière suivante ; MAcnomr.ambhosii. siciiTiNi. de. somnio. etc. Avant determiner ce qui concerne le nom de Maerobe, jecrois pouvoir rapporter l’anecdote suivante, con-servée par .Turieu : « Un écolier, dit-il, fut saisin par un inquisiteur, parce que, dans sa biblio-« Ihèqtie, on trouva un Macrobius . I,'inquisiteur» jugea que cet effroyable nom, Macrobii Safurna-« lia, ne pouvait être que celui de quelque Alle-« mand hérétique 3 . »
II. Le troisième mot de ce titre, sicetini, estévidemment le nom de la patrie de l’auteur. Serait-ceSicca, ville de Numidie, dont Salluste -t appelle leshabitants Siccenses ? Ptolémée et Procope appellentcette ville Sicca f’eneria, et Solin, simplement Ue-neria. Elle était située à l’est de Cirta, sur la côtede l’Alrique que baigne la mer Méditerranée . Elles’est aussi nommée OEnoé, et les mythographes ra-content que Thoas, roi de Lemnos , ayant été jetédans cette île par une tempête, il y eut de la nym-phe Olinoé un iils qui fut nommé Siccinus. Ou bienfaudrait-il entendre, par Sicelini, que Maerobe se-rait natif de cette île de la mer Egée , l’une desSporades, que Strabon appelle Sicenus, PtoléméeSicinus, Poniponius Mêla Sicynus, et Pline Syci-nuï? C’est là une question qu'aucun indice n’a-
1 Gasp. Ilarthii, adversaria ctcommentaria; Franco/urt.,■ 1048, in-fol, 1. xxxix, c. 12 .
a biptycon Lcodiense, et in iUud commeniarium a Rev.p. îf'ilthemio, Soc. J es., Lcodii, 1056 ; in-fol. Àppendix ,p. 4.
* Histoire du Calvinisme et celle du Papisme mis en pwrallèle; llotlordain, 1033, in~4°, I. I, p. 07.
4 De bcllo Juynrthino.
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