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MACBOBE.
être manié, qui supposent deux actions, l’unelaite et l’autre reçue. Être mu présente, il estvrai, une idée complexe, lorsqu’il s’agit desètresqui sont mus par d’autres êtres, mais jamaislorsqu’il est question de l’âme, quine peut, enaucun cas , être soumise à une action. Le verbes’arrêter n’est pas au nombre des verbes passifs,et cependant il exprime une action souffertequand on l’emploie en parlant d’un corps forcéau repos par un autre corps, comme dans cetexemple : Les piques s’arrêtent sur le sol danslequel on les a enfoncées.
11 en est tout autrement du verbe être mû re-gardé comme passif, et qui cependant ne l’estpas quand son sujet ne souffre pas d’action. Ceque nous allons dire prouve clairement que l’ac-tion reçue réside dans la chose elle-même, et nondans le verbe qui l’exprime : quand le feu tendà s’élever, il ne souffre pas d’action; lorsqu’iltend à descendre, il en reçoit une, parce qu’il neprend cette dernière direction qu’en cédant à laforce d’un autre corps. C’est cependant un seulet môme verbe qui représente ces deux maniè-res d'être si opposées. Ainsi, les verbes être mû,être chaud, peuvent être pris tous deux soit ac-tivement, soit passivement. Si je dis qu'un ferest chaud, qu’un stylet est mù, j’exprime uneaction soufferte et non pas une action faite parces deux êtres; mais quand je dis que le feu estchaud, que l’âme est mue, je ne puis conce-voir ces deux substances comme soumises à uneaction , puisque le mouvement est l’essence del’âme, comme la chaleur est l’essence du feu.
Aristote emploie ici une subtilité captieusepour avoir une occasion d’accuser Platon , et delui soutenir qu’il fait de l’âme une substancetout à la fois active et passive. Ce dernier avaitdit : « L’être qui se meut spontanément est donc
ligi.Namelstarc,bcct |iassivuin verbum non esse videatur,cum de eo ta mon dicitur, «jnotl stat, alio sistentc, ut,slanl terris dejixa• haslœ signifient passionem. Sic etmoveri, licet passivum sonet, (pinmln lanirn niliil inestlacions, italiens inesse non polerit. lit, ut absolutius li-queat, non verborum, sert renun intelleclu passionem si-gnilicari, ecee ignis cuni fertur ad superna , niliil patilui';cuin deorsuni lèrtnr, sine dnbin palilur : (plia lioc, nisialio inipellente, non suslinrt ; et cuin union idemqueverbum proleralur, passionem lamen modo inesse, modoabesse dicemus. Ei'go et moveri idem in signilicatione est,ipiod c alere; et cuin femun calerc dicimus, vcl stilummoveri, ( (juia unique bac abonde provenit ) passionemesse latemur. Cum vent nul ignis calere, aut moverianima dicitur, ( quia illius in oalore et in mutii liujus es-sentia est) nullus Idc locus rolimpiitur passioni : sed illesic calere, sicut moveri isla dicelur. lloc loco Arislolelesargutam de verbis calonmiam sarciens, l'Iatonom quoipieipsum duo, id est, iiuud movet, et quod movetur, signi-ficasse c.ontcndit, dicendo : Solnm igitnr, quod se ipsummovet, quia nunquam desentur a se, nunquam ne moveri
le seul qui puisse toujours être mû, parce qu’ilne se manque jamais à lui-même. » Sur quoi lepremier se récrie : « Une substance ne peut enmême temps être mue et se mouvoir spontané-ment. >< Mais ce n’est là qu’une chicane de mots,et ce ne peut être sérieusementqu’un aussi grandhomme use de pareilles arguties; car quel estcelui qui ne sent pas que se mouvoir n’est pasune action double? Dira-t-on que se punir soi-méine exige le eoncours de deux personnes,l’une qui punit, l’autre qui est punie? Se perdre,s’envelopper, s’affranchir, sont dans le mômecas.Cette manière de s’énoncer ne fait entendre au-tre chose,sinouquccelui qui sepunit, qui se perd,qui s’enveloppe, qui s’affranchit, agit sur lui-même sans la coopération d’une autre personne.Il en est de même de cette expression, se mou-voir spontanément. Elle exclut l’idée d’un mo-teur etranger ; et c’est pour éloigner cette idéede l’esprit du lecteur, que Platon ti fait précédernotre dernière citation de ces mots : « Un êtrequi se meut toujours existera toujours; maiscelui qui communique le mouvement qu’il a reçului-même d’un autre, doit cesser d’exister quandil cesse d’être mù. »
Pouvait-il s’exprimer d’une manière plusclaire, et démontrer plus expressément que cequi se meut de soi-même n’est pas soumis à uneimpulsion étrangère, qu’en disant que si l’âmeest éternelle, c'est parce qu’elle n’a d’autre mo-teur qu’elle-même? Donc, se mouvoir soi-mémen’offre qu'un seul sens, celui de n’êtremù par au-cune autre substance. Et qu’on ne croie pas qu’unseul et même être puisse être moteur et être mil ;car une substance ne se meut d’elle-mème queparce qu’elle peut se passer de moteur. Il estdonc incontestable que certains êtres peuvent semouvoir sans être mus; donc aussi cette faculté
(|ui(!em desinit ; et apcrtc ilium duo expressis.se proclamaibis verbis, quod movet et movetur. Sed videtur inilii virtanins niliil ignorarc poluissc; sed iu exereilio argutiann»talium comiivenlem sibi, opérant aponie lusissc. (Jolerumquis non udvertat, cum quid dicitur se ipsum inovcrc,non duo inlelligenda? sicul et cum dicitur éavnèv Tipui-fougevo;, id est, se puniens; non aller, qui punit, aller,qui punitur; et, cum se perdere, se iuvolvere, se libérantquis dicitur, non necesse est, unum laciontrm, allerumsubesse patientem. Sedbocsolum intelleclu bujus clocu-lionis exprimitur, ut qui se punit, au t qui se liberal., nonali alio hoc acre pisse, sed ipso sibi aut intulisse, nul prai-slitisse dicatur. Sic et de «ùxoxivtriTip, cum dirilur, se,ipsum movet, ad hoc dicitur, ut aisliumiiourm alteriusmovenlis exclmlal : quant volons l'Ialo de rogilatione le-Sentis eximere, bis, quai prnimisit, expressit. Nam quodsemper, ait, movetur, aileruum est : quod autem molumaflert alicui, quodqite ipsum movetur almude, quundulinem habrt motus, vivendi finem liabeat necesse esl.Quid bis verbis invenitur expressius, dura siguilicaliouelestanlibus, non altitude moveri, quod se ipsum movet