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COMMENTAI HE, etc., LIVRE II.
peut appartenir à l’Aine; et, pour ([u’elle jouissed’un mouvement spontané, il n’est pas néces-saire qu’elle soit formée de deux êtres, l’un actifet l’autre passif, ni que, chez elle, le tout reçoivel’impulsion du tout ou d’une partie du tout,comme le veut Aristote; il suffit, pour qu’ellese meuve d’elle-méme, qu'elle n’ait pas de mo-teur. Quant à cette distinction qu’il établit entreles mouvements, lorsqu’il dit que comme il y ades êtres qui sont mus et ne meuvent: point, demême il en est qui meuvent et ne sont pas mus,elle est plus subtile que facile à démontrer; caril est évident que tout ce qui est mû, meut : legouvernail meut le navire, et le navire meut l’airenvironnant, et l’onde qu’il sillonne. Est-il uncorps qui reçoive le mouvement sans le communi-quer? Cette première assertion, quece qui est mûne meut pas, est donc détruite; et elle entraînedans sa chute cette seconde, que ce qui meutn’est pas mû. Il vaut infiniment mieux s’en te-nir à la distinction de Platon, telle qu’on latrouve dans son dixième livre des Lois : Tout êtreen mouvement se meut, et en meut d’autres, oubien il est mû, et en meut d’autres. Le premiercas est celui de l’Ame, et le second celui de tousles corps de la nature ; il y a donc analogie et dis—semblanee entre ees deux sortes de mouvement.Ils ont cela de commun que tous deux donnentaux autres l’impulsion ; et leur di i'férence consisteen ce que le premier existe parlui-même, et quele second existe par communication.
l)e cet assemblage d’opinions émanées du géniefécond des platoniciens, il résulte qu’il n’est pas
cnm animai» oli hoc (lient (demain, quia si; ipsam mo-vel, cl non movclnr alininle? ergo se inovere hoc solninsignifient, non ah alio movori. Nec pilles, qnod idem mo-veat, ideniipie. movealnr; sed innveri sine alio movente,so movere est. Aporie ergo conslilil, quia non otnne, qnodniovelnr, ah alio movelnr. ICrgo auTOxîvqiov pnlcslnon ahalio niovcrl. Sed ne a se quidam sic inovcliir, nt in ipsoalind sil, qnod inovel, alind qnod niovelnr; nec ex loin,nec. ex parte , ni ille proponil : sed oh hoc. solnin se ipsummovere ilicilur, ne ah alio moveri æslimelur. Sed cl ilia deniolihiis aristolelicn dlvisio, quam supra retiilimus, .sur-ripienti mugis apla est, quam pnihanli, iu qua ail : Sic,utest qnod niovelnr, et non movet : ila est. qnod inovel.,et non niovelnr. Constat ruim, qnod oni'no, quidquidniovelnr, movet alia : aient dioitur nul giihornnciihim na-vrai mil navis circiimliisiim sihi acreni vel imdas movere.Quid’ autem est, (jnod non possit alind , diiin ipsum mo-vrtur, impellereP Krgo ; si verimi non est, ea, quai mo-veniur, alia non movere; non eonstal illud , nt aliquid,qnod moveat, nec, lamcii niovoatur, invenias. Ilia igilurmugis prohanda est in deeimo de legihus a IMalone mo-tunm prolala divlsio. Omni» moins, inqiiit, nul se mo-vet, et alla; aut ah alio movelnr, et alia movet : et priorad animain , ad ommn ver» rorpora seeundus refertur : hieruo duo motus et dill'erenlia separanliir, et sociétale jun-gunlur : commune hoc hahenl, qnod et prior et seeundusmnvcitl alia: hoc autem différant, quoil ille a se, lue ah
vrui que tout ce qui se meut n’ait qu’un mouve-ment emprunté. Nous ne dirons donc pas, pouréviter la difficulté de recourir à un autre moteur,que le principe d’impulsion est immobile, carnous venons de prouver qu’il se meut de lui-même; et dès lors ce syllogisme d’Aristote, résuméde diverses prémisses, et d’une complication dedistinctions, n’a plus de force: « L’Ame est le prin-cipe du mouvement; le principe du mouvementne se meut pas, donc l’Ame ne se meut pas. »Puisqu’il est incontestable que quelque chosese meut de soi-même, démontrons que ce quel-que chose est l’Ame. Cette démonstration serad’autant plus aisée, que nous tirerons nos argu-ments d’assertions irréfragables. L’homme reçoitle mouvement de l'Ame ou du corps, ou bien del’agrégat de ces deux êtres. Si nous discutonsces trois causes supposées du mouvement, noustrouverons que les deux dernières ne sont pasadmissibles, et nous serons forcés de conclureque l’Ame est le seul moteur de l’homme. Parlonsd’abord du corps: une masse inanimée n’a pasde mouvement propre; cette proposition peut sepasser de démonstration, car l’immobilité nepeut engendrer le mouvement; donc ce n’est paslecorpsqui donne l’impulsionà l'homme. Voyonsà présent si l’agrégat de l’Ame et du corpsest doué du mouvement spontané; mais c’estchose impossible, car le corps ne peut être mû sil’Ame ne se meut point. Deux êtres en repos nepeuvent produire le mouvement; l’amertume neliait point de la mixtion de deux substances dou-. ces, ni la douceur, de deux substances amères:
alio movclur. ICx lus omnibus, quai enila de plntonieorumsensiuiin feecunditale oollegiimis, constitit, non esse ve-nu», oinnia, quæ moventiir, ah alio moveri. lîrgo necliriiicijiiiiin moins ad di'iirecaiidani altcrius iiiovenlis ne-cnssilatoni slave diceti» 1 ; quia potest se ipsum, iitdiximus,movere, alio non movente. Knorvatiis est igilur syllogis-mii», quoi» pra'inissa varia et multipliai divisione colle-goral. Hoc est : Anima principiiim mollis csl; principiimiautem molli» non movelnr ; igilur anima non movclur.Restât, ut, ipiia conslilil, posse aliquid per se moveri,alio non niqventc, animai» hoc esse docoatur : qnod faciledocehilur, si de mauilestis et indubitabilibiis argumentasninainiis. Iloniini motion aut anima pnrslat, aut corpus,aut de nlroquo permixtio : et quia tria surit, de quibusinquisillo isla promût, cnm neqiic a corporo, neqpe apermixlionc, præstari hoc posse consliterit, restât, ut alianima moveri hoininein nulla duhitalio sit. Nunc de sin-gulis,ac.primumde corpore loquannir. Nullui» inanimumcorpus suo molli moveri , inanifeslius est, quam ul asse-rendimi sil. Nihil est autem, qnod, diim immobile sit,alind possil movere. Igilur corpus liominem non movet.Videndum, lie forte, animai cl corporis ipsa jiermixtiohune, sihi niotiini ministre!.. Sed quia constat, moliim cor-pori non inesse, si nec anima; inest, (ex diiahiis reluismolli carcntihns niillus motus ellicitur ; sicut nec ex dua-luis dulcibiis amaritiido, nec ex diiahus amaris dulcedoproveniet, nec ex gemino Irigore calor, aut li'igus ex ge-