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un froid dont l’intensité est doublée ne peut pro-curer la chaleur ; et cette dernière, en doublantson degré de force, ne peut occasionner le froid ;car toute qualité sensible, ajoutée une fois àelle-même, ne peut qu’augmenter ; mais de l’a-malgame de deux substances dont les propriétéssontsemblables, jamais il ne peut naître un mixteayant des propriétés contraires ; donc le mou-vement ne peut naître de l’agrégat de deux êtresprivés de mouvement, donc cet agrégat ne peutdonner le mouvement à l’homme.
Des propositions précédentes, qui sont incon-testables, nous allons former un syllogismequ’il est impossible de réfuter : Tout être animéest mû ; il l’est, soit par l’âme, soit par le corps,soit enfin par l’agrégat de l’âme et du corps.Mais les deux dernières suppositions ne peuventêtre admises, donc l’âme est le seul moteur del’être animé. Il suit de là que l’âme est principed’impulsion; mais le principe d’impulsion semeut de lui-même, ainsi que nous l’avons dé-montré plus haut. 11 est donc de toute certitudeque l’âme se meut d’elle-môme.
Chai*. XVI. Nouveaux arguments des platoniciens contreles autres objections d’Aristote.
Aristote, qui ne se tient pas pour battu, fait icide nouvelles objections relatives au principe d’im-pulsion. Nous les avons exposées ci-dessus dansl’ordre qui les lie; en voici maintenant le résumé.Un seul et même être, dit-il, ne peut être prin-cipe et émanation ; donc l’âme, principe du mou-vement, n’est pas mue. Car alors le principe et scsconséquences seraient une seule et même chose;ou, ce qui revient au môme, le mouvement dé-riverait du mouvement.
mino calore nascctiir. Omnis cnim gcminata qualitas crc-scit : minquain ex duplicalis similibus contrarietas emcr-git) ergo nec ex duab'us immobilibus motus crit. Ilominemigitur permixtio non movebit. Ilinc inexpugnabilis syllogis-mus ex confessarum rerum indubitabili luce colligitur :Animal movetur; motum autem animali aut anima præ-stat, aut corpus, aut ex utroquc permixtio; sed nequecorpus, neque permixtio motum præstat; igitur animamotum præstat. Ex his apparet, animant initium motusesse; initium autem motus, tractatus superior docuit, perse moveri; animant ergo oùxoy.vvY)tov esse, id est, per semoveri, nulla dubitalio est.
Cap. XVt. Quem in modum reliquat Aristolelis objectioncsa Platonicls refellanlur.
Hic ille rursus obloquitiir, et aliade initiisdisputationeconfligit- Eadem enim Idc solvendo repetimus, quæ suprain ordinem objecta digessimus. Non possunt, inquit,eadem initiis suis esse, qui» iode nascuntur; et ideo ani-mant , quæ initium motus est, non moveri : ne idem sitinitium ■ et qnod dcinitio nascitnr, id est, ne moins ex
La réponse à ccttc objection est facile et péremp-toire. Nous convenons qu’il peut exister une dif-férence entre le principe et ses conséquences,mais cette différence ne va jamais jusqu’au con-traste, ou jusqu’à l’opposition qu’on remarque en-tre le repos et le mouvement; car si le principe dublanc était le noir, si le principe de l’humidité étaitla sécheresse, le bien naîtrait du mal, et la dou-ceur de l’amertume. Mais il n’en est pas uinsi,parce qu’il n’est pas dans la nature des choses quele principe et ses conséquences soient entièrementopposées. 11 peut arriver cependant qu’ily ait entreeux unedifférence telle que doit l’offrir unesotirceet ses dérivations ; ressemblance si analogue à cellequi se trouve entre le mouvement inhérent àl’âme, et celui qu’elle transmet à tous les corpsde l’univers. Aussi Platon désigne-t-il le premierde ces mouvements par le nom de spontané; etle second, il l’appelle purement et simplementmouvement. D’après cette distinction , on peutjuger de la diversité de ces deux mouvements,dont l’un est cause, et l’autre effet d’impulsion.Il est donc évident qu’un principe et ses consé-quences ne peuvent différer au point d’être direc-tement opposés, et que, dans le cas dont il s’agit,la différence n’est pas très-grande. Ainsi se trouveanéantie cette conséquence si adroitement déduitepar Aristote, que la cause du mouvement est sansmouvement.
Passons à sa troisième objection : Les contraires,dit-il, ne peuvent se rencontrer à la fois dans unseul et môme être. Or, mouvoir et être mû sontdeux chosescontraires; donc l’âme ne peut semouvoir, car alors cette substance serait enmême temps mue et motrice. Maisnous avons pul-j vérisé ce syllogisme, en démontrant plushautqneI le mouvement de l’ûmenepeutoffrirl’idéed’une
motii processisse videatnr. Ad hæc facilis et absolut» rc-spnnsio est, quia ut principia, et hæc, quæ de prinnjiiisprodeunt, iu aliquo nonnunquain inler se differre iatea-mur; imnquam lumen ila possunt sibi esso contraria, ntadversa sibi sont s tare et moveri. Nam si alla initiumnigrum vocaretur, et sicoum esset humoris exordium,bonuiri de mal», ex amaro initio dulce procedcrct. Sednon ita est, quia usqne ad eonlrarie.tatem initia et cotise*queritiadissidcrenalura non palitur. Inveniturtamen interipsa nonnunquam lalis differcnlia, qualis inler se originiprogressionique convcniat : ut est hic qnoqne inler mo-Unn, quo movetur anima, et quo movet cetera. Non enimanimant Plato simplieiter motum dixit, sed motum semovenlem. Inter motum ergo se, inovcnle.m, cl motum,quo movet cetera, quid inlersit, in aperlo est; siquidemille sine auctore est, hic alüs motus auctor esl. Constatergo, neque adeo possc initia ae. de initiis procréât» dif-ferre, ut contraria sibi sint : ncc lumen hic modéraientriilfercutiam deliiissc. Non igitur stabit prinripium motus,quod ille arlifici conrlusioiie collcgit. [lis lerlia, ut memi-nimus, 8m;eessit objcclio, nui rei contraria simili acciderenon posse : et quia contraria sibi sont movere, et moveri,