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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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COMMENTAIRE,

action faite et d'une action reçue, puisque se mou-voir de soi-même n’est autre chose qu’être mûsans le secours d’un moteur. C’est doue ici uneunité d'action qui ne peut admettre les contraires;car il ne s’agit pas d’un être agissant sur un autreêtre, mais d’une substance dont l’essence est le

mouvement.

Cette assertion de Platon offre à son an tagonistel’occasion d’élever une quatrième objection : Sil’essence de l'âme est le mouvement, poursuitAristote, pourquoi donc s’arrête-t-elle de tempsen temps? Le feu, dont l’essence est la chaleur, nela perd jamais ; la neige, essentiellement froide,ne cesse jamais de l’être : donc l’âme devrait tou-jours être eu mouvement. Mais dans quelle cir-constance suppose-t-il que l’âme est immobile?Nousallons bientôt le savoir. Si le mouvement del’âme, dit ce philosophe, entraîne celui du corps,nécessairement le repos du corps force l’âme àêtre immobile. Il se présente sur-le-ehampun dou-ble moyen de défense contre un tel sophisme.D’abord , le corps peut être en mouvement sansqu’on doive eu conclurequel’âme se meut ; il peutaussi sembler conserver la plus parfaite immobi-lité, snns que la pensée, l’ouïe, l’odorat et les au-tres sensations cessent d’être en action. Pendantle sommeil même nous songeons, nous respirons;or toutes ces opérations n'auraient pas lieu si l’âmeétait immobile. Ajoutons qu’on ne peut pas direque le corps est en repos, lors même qu’il ne paraîtpas se mouvoir. L’accroissement des membres,et, sans parler de cetaccroissement qui n’a qu’uneépoque, le mouvement alternatif de contractionet de dilatation du cœur, la conversion des subs-

non |io880 animam se inovere; lie eadem et movealur, etmoveal. Soit Imc superius asserla dissolvant : siquidemconslilit, in anima: molli <luo non inlelligciida, quod ino-vent, et i|nod inoveatur, quia niliil alind est ah se moyen ,qnam moveri alio non inovnnte. Nnlla est ergo contrarie-las, nbi quoil lit, union est, quia (il non al) alio circaalinni; qiiippo r.uin ipso motus anima: sil c.isentia. Ex hocei, ut Riipra reliilinnis, nuta est occnsio qiiarli ccrtaminis.Si anima: essentia moins est, inquit, cur intei'duin quies-f.it, eiim nnlla alia res contrarietatcin propriœ iidinittalessentia:? Ignis, cujiis essentia: caler inest, ealere nondesinit : et quia frigidum nivis in essentia cjus est, nonnisi semper est frigida. lit anima igitnr eadem ralioin; nini-qiiam a molli cessare delieret. Sed dicat vclim, quandoeessare animam suspieatur? Si movendo, inquit, se mo-veat et corpus, necesse est utique, quando non movericorpus videamus, animam quoque iiitelligamus non mo-veri. Contra hoc in proml» estgemiim derensio : priinum,quia non in hoc deprelienditur motus anima), si corpusagiletnr; nam et cum nnlla pars corporis moveri videturiu bouline, lamen ipsa cogitalio, aut in quoemique ani-n,ali anditus, visas, odoratus , et similia, sed et in quielcipsa, spirarc, sonmiarc, onmia ha:c moins anima: sont.Deinde quis ipsum cc . immobile, cliam ihim non

videtur agitari; cum incremcnla incmbronim, aut, si juincrescendfadas et tempus excessif, eum salins cordis ces-

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tances alimentaires en un suc distribué par ecanal thoraehique à la masse du sang, et la circu-lation des humeurs, attestent sufhsainment l’agi-tation perpétuelle de cette substance. Ainsi l’âmeet le corps se meuvent sans cesse : la première,parce qu’il lui est donné de se mouvoir par elle-même de toute éternité; et le second, parce que,depuis qu’il existe, il n’a pas cessé de recevoirl’impulsion de la cause motrice.

Aristote trouve ici la matière de sa cinquièmeobjection. «Si l’âme, dit-il, est le principe d’im-pulsion des autres êtres, elle ne peut se donner àelle-même l’impulsion; car une cause ne peut s’ap-pliquer les effets qu’elle produit. » Il me serait aiséde démontrer que la causalité de plusieurs subs-tances s’étend non-seulementsur ces mêmes subs-tances, mais encore sur d’autres qu’elles. Quoiqu’il en soit, je veux bien lui accorder ce point,pour (pie l’on ne croie pas que je prends plaisirà détruire toutes ses assertions : cette concessionne nuira pas à notre démonstration du mouve-ment de l’âme.

Nous avons dit quecette substance est principeet cause du mouvement : parlons du principe,nous reviendrons bientôt sur la cause.

Il est évident que tout principe est inhérent àl’êtredoutil estleprincipe;donctoutcequi, dansune substance, dérive de son principe , doit setrouver dans ce principe : c’est ainsi que le prin-cipe de la chaleur ne peut pas n’ôtre point chaud.Dira-t-on ([lie le feu qui communique sa chaleur àd’autres corps 11’est pas chaud ? « Mais le feu, ditAristote, ne s’échauffe pas lui-même, puisquetoutes sesmolécules sont naturellement chaudes. »

saliouis impatiens, cnm cilii ordinal» digerics natnralidispensalionc inter venas et viscera snccnm ininistrans,cnm ipsa collectio ilnentornm perpeluiiin corporis testen-tnr agilatimi? Et anima igitnr aiterno, et soo motti, sed .etcorpus, qiianiiliu ab initia et causa motus aiiimatur, sem-per movetiir. llinc ciilern fouies qiiintæ ortus est quæslio-nis. Si anima, inquit, aliis causa est motus, ipsa sibicausa motus esse non poterit, quia niliil est, quod ejus-dcin rei et sibi, et aliis causa sit. Ego vero, licet facilepossim probare, plurima esse, quæ ejusdem rei et sibi,et aliis causa sint, ne tainen studio videar omnibus, qnicassorit, obviare, hoc verum esse concedam : quod et provero liabiluin, ad asserendum motum animæ non nocebit.Etoniin animam initium motus et causant vocamus. Decausa posl viilebinms. Intérim constat, oinne initium inesserei, eu,jus est initium : et ideo, quidquid in quamcimqucrein ab inilio suo proiiciscitur, hoc in ipso initio repetitur.Sic iniliiiin caloris non potest non ealere. Ignem ipsum, deqno calor in alia transit, quis neget calidum? Sed ignis,inquit, non se ipse calefacil, quia naturn lotus est calidus.Teneo, quod volebam : nain nec anima ita se movet, utsit inter motum moventeinque discrctio; sed ita tota suomotu movetur, ut niliil possis separare, quod rnoveat.Hæe de initio dicta suflieient. De causa vero, quoniamsponlanea connivcntia concessiimis, ne quid ejusdem iciet sibi, et aliis causa sil, lihentrr acnoicscimtis : ne ar.ima,