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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES.

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vouer le désir devant les hommes. Quant à nous,afin de célébrer les fériés sacrées, et d’éviter ce-pendant l’ennui de l’oisiveté en occupant notreloisir, nous nous sommes rassemblés pour la jour-née entière, que nous devons consacrer, chacunpour sa part, à des discours instructifs. Carpuisque * aucun précepte de la religion ne dé-fend de curer les fossés les jours de fêtes solen-nelles, » et que les lois divines et les lois hu-maines permettent « de faire baigner les brebisdans les eaux salubres des fleuves; » pourquoil’honneur même de la religion ne nous permet-trait-il pas de penser qu’elle, a voulu consacrerles jours de fêtes à l’étude sacrée des lettres? Or,puisque quelque dieu sans doute vous a réunisà nous, veuillez, si cela vous convient, en pas-sant avec nous cette journée, partager nos repaset nos entretiens. Je me tiens assuré du consen-tement de tous ceux qui sont ici rassemblés.Evangélus répondit : — Survenir dans un entre-tien sans y avoir été appelé, il n’y a là rien d’in-convenant; mais se jeter spontanément sur unfestin préparé pour autrui, Homère le blâme,môme de la part d’un frère. Vois d’ailleurs si,tandis qu’un aussi grand roi qu’Agamemnon n’areçu à sa table, sans l’avoir attendu , qu’un seulMénélas, il n’y aurait pas de la présomption àtoi de vouloir en recevoir trois à la tienne? —Alors tous les assistants, venant en aide à Prætex-tatus, se mirent à prier et à presser d’une ma-nière flatteuse Evangélus, et ceux qui étaientvenus avec lui, de partager avec eux le sort dela journée. Mais leurs invitations s’adressaientplus fréquemment et plus instamment à Evan-gélus. Cet empressement unanime l’ayant ra-douci , il leur dit : — Je ne crois pas que le livre

essecum hominihus, tanquam dii audianl; sic loquendumcum (liis, tanquam liomincs audianl. Cujus seconda parssancit, ne quid a diis petamns, quod veile nos indecorumsit hominihus confiteri. Nosvero, ul et honorem saci'isferih. haberemus, et vitaremus tamen torporein feriandi,atque oliuin in negolium verteremus, convenimus, dienitotum doctis falmlis, velut ex symbola conferendis datu-ri. Nam, si per sacra solemnia rivos deducere mdla reli-gioprohibe!, si salubri duvio mersare oves, fas et jurapermitlinit, cur non religionis Imnor pulctur, dicare sa-cris diehus sacrum studium literarum? Sed, quia vos quo-que deotnm aliquis nobisadditos voltiit, facile, si volen-tilms vnbis erit, diem communibns et falmlis, etepulisexigamus : quitus ut omnes hodie, qui pra-senles sunl,acquiesçant, iinpelratum teneo. Tune ille : Supervenirefalmlis non cvocatos, hand equidem lurpe exislimatur :verum sponte irruere in convivium aliis piæparatmn, necab llomerosiue nota vel in fralre memoralumest. Et vhiene nimium arroganter très tibi velis Menelaos conligjsse,cum illi tanto régi unus evenerit. Tum omnes I’rælexta-tnm jnvantes orare, blandcqne ad commune invitareconsortium : Evangelum quidem sœpius et maxime, sednonnimquain et cum eo pariter ingressos. Inter liæc Evan-gélus petilu omnium temperatus : M. Varronis, inquil,

de M. Vnrron, intitulé Tu ne sais pas ce quet’apporte le soir, et qui fait partie des satijresMénippées, soit inconnu à aucun de vous ; danscet ouvrage, l’auteur établit cette règle : Que lenombre des convives d’un festin ne doit pasêtre moindre que celui des Grâces, ni plus élevéque celui des Muses. Ici, déduisez le roi du fes-tin , je vois que vous êtes le même nombre que les.Muses. Pourquoi cherchez-vous donc à ajouter àce nombre parfait? — Prætextatus lui répondit :Nous retirerons de votre présence cet avantage,d’égaler à la fois le nombre des Muses et celuides Grâces, qu’il est juste de réunir à la fête dupremier de tous les dieux.

Alors tous s’étant assis, llorus s’adressant àAvienus, qu’il connaissait plus particulièrement,lui dit : — Vos rites quant au culte d,e Saturne,que vous appelez le premier des dieux, diffè-rent de ceux de la religieuse nation des Egyp-tiens; car ceux-ci n’avaient admis, dans les mys-tères de leurs temples, ni Saturne, ni Sérapislui-même, jusqu’à la mort d’Alexandre, roi deMacédoine. A cette époque, contraints par latyrannie des Ptolémées, ils furent forcés d’ad-mettre ces dieux dans leur culte, conformémentaux mœurs des Alexandrins, qui les honoraientspécialement. Ils obéirent; mais de manièrecependant à ne point laisser confondre ce culteavec les autres cultes de leur religion. Ainsi,comme les Égyptiens n’ont jamais offert à leursdieux le sang des animaux, mais seulementl’encens et les prières, et qu’il fallait pour suivrel’usage, immoler des victimes aux deux divini-tés étrangères, ils leur bâtirent des temples àl’extérieur de l’enceinte des villes, afin de pou-voir les honorer par les immolations des sacrifices

libruin vobis arbitrai' non ignotuni ex salyris Menippeis,I qui inscribitur, nescis quid vesuer serus yihat ; in quo' convivaruin numerum bac loge définit, ul ncqne ininor,

; quant Gratiurum sit,nequ« quam Musarnm nnmerosior;hic video, excepto rege convivii, lot vos esse, qnot Musâtsont. Quid ergo perfeclo numéro quæritis adjiciendos?

, Et Yellitis : IIoc, inquil, nobis præsentia vestrapræstabit,

. ut et Musas impleamus, et Gralias : quas ad festum deo-( rum omnium principis æqmim est convenue. Cum igitur| consedissent, llorus Avienum intuens, quem familiariusfrequentare solituserat : Inbujus, inquit, Saturni cultu,quem deorum principem dicitis, ritus vester ab Ægyptio-rum religiosissima gentc dissenlit. Nam illi neque'satiir-j num, nec ipsum Srrapim recepcrant in arcana templornm,usque ad Alexandri Macedonis occasion. Posl quem tyrannide Ptolemæormn pressi, hos quoqiic deos in cuitmnrecipere Alexandrinorum more, apud quos præci[me colebantur, coacti sont. Ita tamen iinperio parucrunt, ut nonomnino religionis suæ observata confunderent. Nam quianunquam fas fuit Ægyptiis, pecudibus aut sanguine, sedprecibus et ture solo plncare deos; bis aulem duobus ad-venis liostiæ crant ex more maclanda; : fana eorum exlrapomœrium locaverunt, ut et illi sacrilicii solcmnis sibicruorc eolerentur, nec tamen urbana teinpia morte pecu-