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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACllOBE.

solennels, sans cependant souillée par le meur-tre des animaux les autres temples situés dansl’intérieur des villes. Aussi,aucune ville d’Egypten’éleva de temple, dans ses murs, à Saturne ou àSérapis. Je sais cpie vous avez à peine admis etreconnu le second de ces dieux. Quant à Saturne,vous l’honorez, entre tous les autres, d’un cultesolennel. Je désire donc, si rien ne le prohibe,qu’on m’instruise sur ce sujet. — Avienus ren-voya à Prætextatus le soin de répondre à la de-mande d’Horus : — Quoique tous ceux qui sontici, dit-il, soient également doctes, le seul Præ-textatus, initié dans les mystères sacrés, peut tedévoiler et l’origine du culte qu’on rend à Sa-turne, et les motifs des solennités de sa fête. —Prætextatus ayant tenté de rejeter ce soin surquelque autre, tous lui firent des instances pourqu’il s’en chargeât. C’est pourquoi, ayant obtenudu silence, il commença ainsi :

Il m’est permis de vous découvrir, non cetteorigine des Saturnales qui se rapporte à la naturesecrète de la divinité, mais celle qui est mêléeà des traits fabuleux, ou celle que les physi-ciens enseignent publiquement. Car, pour lesexplications occultes et qui découlent de la sourcepure de la vérité, il n’est pas permis de les ra-conter, même au milieu des fêtes sacrées : que siquelqu’un en obtient la connaissance, ce n’estqu’à la condition de les tenir ensevelies au fondde sa conscience. Voici donc, de tout ce qu'il estpermis de faire connaître, les détails que notreami Horus pourra parcourir avec moi.

Janus régna sur ce pays qu’on appelle main-tenant l’Italie; et, selon le témoignage d’Hygin,qui suitencela ProtarehusTrallianus, il partageason pouvoir sur cette région avec Camèse, qui,comme lui, en était originaire; en telle sorte

ijiini polluerentiir. Nulliim itaque Ægypli oppidum inlramuros shos aut Saturai, aut Serapis fanuin recepit. Ho»mm alterum vix ægrequea vobis admissum audio. Satur-nien vero vcl maximo inter ceteros honore celebratis. Siergo nihil est, quod me hoc scire prohibent, volo in me-dium proferatur. Hic Avienus in Pradextatum cxspecla-tionem consulenlis remittens : Licet omnes, ait, quiadsunt, pari doctrina polleant; sacrorum tamen Vetliusunice conscius, potest tibi et originem cultus, qui huicdeo penditur, elcausam festi solemnis aperire. Quod cumPrætextatus in alios refundere tentasse!, omnes ab eoimpetraverunt, ut ipse dissereret.Tuneillc, silentio facto,ita exorsus est. Saturnaliorum originem illam milii iumedium proferre las est :tion quæadarcanam divinilatisnaturam refertur, sed quæ aut iabulosis admixla disseri-tur, aut a physicis in vulgus aperitur. Nam occultas etmenantes ex meri veri fonte raliones ne in ipsis qnidemsacris enarrari permitlilur. Sed si quis illas assequitur,continere intra conscientiam tectas jubetur. Unde quæsciri fas est, Horus noster licebit mecum recognoscat.Regionem islam, quæ nunc vocatur ttalia, regno Janusobtinuit. Qui, ut Hyginus, Protarchum Trallianum secu-

que la contrée prit le nom de Camésène, et laville le nom de Janicule. Dans la suite, la puis-sance royale resta au seul Janus, qu’on croitavoir eu deux visages, de manière à voir cequi se passait devant et derrière lui; ce quicertainement doit être interprété par la prudenceet l’habileté de ce roi, qui connaissait le passé etprévoyait l’avenir; de la même manière que lesdéesses Autevorta et Postvorta, que les Romainshonorent comme les fidèles compagnes de ladivinité. Or Janus ayant donné l’hospitalité àSaturne, qu’un vaisseau amena dans son pays,et ayant appris de lui l’art de l’agriculture etcelui de perfectionner les aliments, qui étaientgrossiers et sauvages avant que l’on connût l’u-sage des productions de la terre, partagea aveclui la couronne. Janus fut aussi le premier quifrappa des monnaies de cuivre ; et il témoignadans cette institution un tel respect pour Sa-turne, qu’il fit frapper d’un côté un navire,parce que Saturne était arrivé monté sur unnavire, et de l’autre l’effigie de la tête du dieu,pour transmettre sa mémoire à la postérité. Ontrouve une preuve de l’authenticité de cette em-preinte de la monnaie de cuivre, dans cette es-pèce de jeu de hasard où les enfants jettent undenier en l’air, en disant : « Tète ou vaisseau. »On s’accorde à dire que Saturne et Janus ré-gnèrent en paix , ensemble, et qu’ils bâtirenten commun, dans le même pays, deux villes voi-sines; ce qui est non-seulement établi par le té-moignage de Virgile, qui dit :

« L’une fut nommée Janicule, et l’autre Satur-« nia. n

mais encore confirme par la postérité, quiconsacra à ces deux personnages deux moisconsécutifs, décembre à Saturne, et janvier,

tus, tradit, eiim Camese æque indigena terrain banc ilaparticipata polentia possidebant, ut regio Camescnc, op-pidum Janiculum vocitaretur. Post ad Jamnn solum re-gnu m rédaction est : qui creditur geminam faciem prirtu-lisse, ulquæ ante,quoique posl lergum essenl, intuoreliir ;quod procul dubio ad prudentiam regis sollerl.iarnquc re-ferendum est, qui et præterita nosset, et l'ulura prospice-ret; sicut Antevorta et Postvorta, divinilatis scilicelaplissimæ comités, apud Itoniauos colunlur. Ilic igiturJanus, cum Saturnum classe pervcclum exeepisset bospi-iio, et ab eo edoctus pcrilium nu is, forum ilium et rudrmante fruges cognitas viclum in melius rodegissel, regnieum societate innneravit. Cum prinms quoque æra signa-ret, servavit et in hoc Saturni reveronliam, ut, quouiainilleuavi fuerat advectus,ex una quidem parte sui capitiseffigies, ex altéra vero navis exprimeretur, quo Salurnimemoriam ctiam in posteras propage ret. Æs ita fuissesignalmn, bodieque inlelligitur in aleæ Insu : cum pueridenarios in sublime jactantcs, capita aut n/wia, Insuteste vetustatis, exclamant. Hos una concordesquc ré-gnasse, vicinaque oppida cominuiii opéra condidisae,præter Maronem, qui refert,