LES SATURNALES.
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à qui l’on donna le nom de Janus. Saturneayant tout à coup disparu, Janus imagina de luifaire rendre les plus grands honneurs. Il donnad’abord à la contrée sur laquelle il régnait lenom de Saturnie; puis il consacra à Saturne,comme à un dieu, un autel, et des fêtes qu’ilnomma Saturnales. C'est depuis ces siècles recu-lés que les Saturnales précèdent la fondation deRome. Janus ordonna donc que Saturne fût ho-noréd’un culte religieux, comme ayant amélioréle sort de la vie. La statue de ce dieu est distinguéepar une faux, que Janus lui donna comme l'em-blème de la moisson. On lui attribue l’inventionde la greffe, l’éducation des arbres fruitiers, ettoutes les pratiques d’agriculture de ce genre.Les Çyréniens, qui regardent Saturne commel’inventeur de l’usage d’extraire le miel et decultiver les fruits, célèbrent son culte en secouronnant de jeunes branches de figuier, et ens’envoyant mutuellement des gâteaux. Les Ro-mains l’appellent Sterculus, parce qu’il a le pre-mier fertilisé les champs par le moyen du fumier.Lesanncesdeson règne passent pour» voir été très-fortunées , soit à raison de l’abondance de touteschoses, soit parce que les hommes n’étaientpoint encore distingués par les conditions deliberté et d’esclavage ; ce qu’on peut regardercomme l’origine de l’usage où l’on est, pendantles Saturnales, d’accorder toute licence aux es-claves.
IVautres racontent ainsi l’origine des Saturna-les. Ceux qu’Hercule avait délaissés en Italie,en punition, comme le disent les uns, de cequ’ils n’avaient pas soigneusement gardé sestroupeaux, ou, comme d’autres le rapportent,
Janiculiim lmic, illi ruerai Salurnia nomen,eliimi illud in prompte est, quodpostcriquoque duos eisennlinuos menses dicai nnt, ni deccmliei' sacrum Satnnii,.laniiariiis allerius vocabulum possideret. Cum inter bæcsuliilo Salurmis non comparuisset, exoogitavit Janusliononim ejus augmenta. Acprinnnn terrain omnein ditionisuæ parentem , Saturninm noininavit : arain deinde cumsacris, tanrpiam deo, condidil, quæ Saturnalia nomina-vit. Tut seculis Saturnalia procccdunt Romaine urbis a ta-loin. Ohservari igitureum jussit majcslate rcligionis, quasi\itæ nudioris auclorem. Simnlacruni ejus indicio est : cuifalcem, insigne messis, adjecil. Unie deo insertioncssurculornin , pmnonimqueeducaliones, et omnium cujus- ■cemodi ferlilium trilnmnl disciplinas. Cyrencnscs eliam,non rem divinam ei (admit, tieis recentilnis coronanlur,plaeentasque mulno missilant, inellis et fructuum reper-torem Saturnum «estimantes. Hune Romani etiam Stercu-tu in vouant, quod primus stercore fœcunditatem agriseomparaveril. Regni ejus tempora felicissima feruntnr,eum propter rernm copiam, tuin etiam, quod nondumipiisquam servitio vel iibertate discriminabatur : quæ resiutelligi potest, quod Saturnalibus tota servis licenliapermittitur. Alia Satmnaliorum causa sic traditur. Quicranl nb Hercule in Halia relicti, ut quidam ferunt, irato,quod incustoditum fuisset armentum, ut uonmilli aesti-
dans le dessein de laisser des défenseurs à sonautel et à son temple contre les incursions desétrangers, se voyant infestés de voleurs, se re-tirèrent sur une colline élevée, où ils prirent lenom de Saturniens, de celui que portait déjàla colline. S’étant aperçus qu’ils étaient proté-gés en ce lieu par le nom du dieu et par lerespect qu’on lui gardait, ils instituèrent les Sa-turnales, afin, dit-on, d’inspirer, par la célébra-tion de ces l'êtes, aux esprits grossiers de leursvoisins, une plus grande vénération pour ledieu.
Je n’ignore pas non plus cette autre originequ’on assigne aux Saturnales, et que rapporteVarron, savoir : que lesPélasges, chassés de leursfoyers, errèrent en diverses contrées, et se réuni-rent presque tous à Dodone, où, incertains dulieu dans lequel ils devaient se fixer, ils reçurentde l’oracle cette réponse : « Allez chercher )a« terre des Siciliens, consacrée à Saturne et à« Kotyla des Aborigènes, où flotte une île; et« quand vous en aurez pris possession, offrez la« dîme à Phébus, offrez des têtes à Adès,« et à son père des hommes ( cpîka ) ».
Ilsacceptèrentce sort; et après avoir longtempserré, ils abordèrent dans le Latium, et découvri-rent une île née dans le lac Cutyliensis. Ce fut d’a-bord une large étendue de gazon , ou plutôt unealluvion de marais, coagulée par la réunion debroussailles et d’arbres qui, agglomérés ensembleet enlacés au hasard, erraient battus par les Ilots ;de la môme sorte qu’on peut le croire de l’île de Dé-los, qui flottait sur les mers, quoique couverte demontagnes élevées et de vastes plaines. Ayantdonc aperçu ce prodige, les Pélasges reconnu-
mmit, consulte eos relinqucnte, utaram suam atqucædemtib incursionihus tuerentur : bi ergo, cum alatronibus in-festarentur, occupât» edito colle, Saturnios se nominave-runt, quo aille nomine etiam idem collis vocabalur. Etquia se hujus dei senserunt nomine ac religione lûtes,instituisse Saturnalia leruutur, ut agrestes vieinoruni ani-mos ad majorem sacri reverenliam ipsa indieti festi ohscr-vatio vocaret. Necillam causam, quæ Saturnalibus assi-gnats, ignora : quod Pclasgi, sicut Varro memoral, cumsedibus suis pulsi, diversas terras pelissent, conlluxerimtplerique Dodonam, et incerti, quibus hærercnt locis,ejusniodi accepcre responsum :
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acceplaque sorte, cum Latium post errores plurimos ap-prissent, in lacii Cutjliensi enatam insiiJam deprehende-nmt. Amplissimusenini cæspes, siveille contiuenslimus,seu paludis fuit, coacta compage, virgullis et arboribusin silvæ licenliam comtus, jartantibus per anmem flucli-bns vagabatur; ut fïdes ex hoc etiam Uelo facta sil, quæcelsauionlibus, vasta campis, tamen per maria ambiila-bat. Hoc igilur miracnlo deprclicnso, lias sibi sedes pra:-