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MACROBE.
rent le pays qui leur avait été prédit; ils dépouil-lèrent les habitants de la Sicile, s’emparèrentde leur pays; et, aprèsavoii consacré la dixièmepartie de leur butin à Apollon , conformémentà sa réponse, ils élevèrent à Dis ( Pluton) unpetit temple, à Saturne un autel, et la fête de cettefondation fut appelée les Saturnales. On rapportequ’ils crurent longtemps honorer Dis en lui of-frant des têtes d’hommes, et Saturne en lui of-frant des victimes humaines, à cause de cesmots de l’oracle : <> Offrez des têtes à Adès, et à« son père des hommes, (cpwTa) » Mais Hercule,passant par l’Italie en ramenant le troupeau deGéryon, persuada à leurs descendants de chan-ger ces sacrifices funestes en d’autres plus pro-pices , en offrant à Pluton, non des têtes d’hom-mes, mais de petits simulacres de têtes hu-maines, et en honorant les autels de Saturne,non par des sacrifices humains, mais en y al-lumant des flambeaux ; attendu que le motipiÔTot signifie non-seulement homme, mais aussiflambeau. De là vint la coutume de s’envoyer,pendant les Saturnales, des flambeaux de cire.
11 en est cependant qui pensent que cette dernièrecoutume provient uniquement de ce que, sous lerègne de Saturne, les hommes furent évoquésdes ténèbres d’une vie inculte à ce qu’on peutappeler la lumière de la connaissance des artsutiles. Je trouve aussi dans certains écrits quecomme plusieurs personnes, à l’occasion desSaturnales, arrachaient par avarice des pré-sents à leurs clients, fardeau qui devenait oné-reux pour ies gens d’une modique fortune, letribun du peuple Publicius décréta qu'on nedevait envoyer aux gens plus riches que soi,que des flambeaux de cire.
dictas esse didicerunt : vastatisqne Siciliensibus incolis ,occupaverc regionem, décima piædæ , secuuduui respon-suin, Apollini consecrata, erectisque llili sacello et Satur-no ara : enjus feslum Saturnnlia nomiiiarunt. Cmr.qne «linlmmanis capitibus Ditem, et virorum Victimis Satnrmiinplacare sc crederent propter oracnlmn, in qno erat :
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Ifcrculem ferunt, postea cum Geryonis pccorc per Italiamreverlentem, suasisse illorum posteris, til fangtis sacrificiisinl'austa mu tarent, inferentes Uiti non lioinimun eapita,sed oscilla ad hurnanam efligiem arte sinuilala; et arasSaturnias, non mactando viros, sed accensis linninibnsexcolentes : quia non solum viril ni, sed et lumina <ptoT«signifient. Inde inos per SaturnaKa missitandis cereis cœ-pil. Aliicereos non ob aliml mitli putant, quani quod hocprincipe ab incomi et tenebrosa vita quasi ad luron, etbonarum artiuin scientiam editi sumus. Illnd quoque inliteris invenio, quod, cum mulli occasione Salurnaliorumper avaritiam a clientibus amhitiose munera exigeront,idque onus lenuinres gravaret, Publicius tribunus plcbitulit, non nisi ditioribus cerci missitarentur. Hic AlbinnsCaicina subjecit : Qualem mme pernuitationon sacrificii,
Ici, Albinus Cæcina prit la parole : — Malgrécette permutation des sacrillees humains, t\\mPrætextatus vient de mentionner tout à l’heure,je les retrouve, dit-il, postérieurement, durantles Compitalcs, pendant les jeux qu’on célébraitdans les carrefours de la ville, et rétablis parTarquin le Superbe en l’honneur des Lares etde Mania, conformes à l’oraele d’Apollon , quiavait prescrit « d’intercéder pour les têtes avec« des têtes. » Et en effet, durant lin certain tempsl’on immola des enfants pour le salut des famillesà la déesse Mania, mère des Lares; sacrifices,qu’après l’expulsion de Tarquin, le consul Ju-nius Brutus ordonna qu’on célébrât d’une autremanière. Il prescrivit, qu’au lieu de commettrele crime d’une sacrilège immolation, on offrîtdes têtes d’ail et de pavot, pour satisfaire l’o-racle d’Apollon sur le mot tête. La coutumes’établit, lorsqu’une famille était menacée dequelque danger, de suspendre pour le conjurer,l’effigie de Mania devant la porte de la maison.Et comme c’était dans les carrefours qu’on cé-lébrait des jeux en son honneur, ces jeux prirentde là le nom de Compitutia. Mais poursuis tondiscours, Prætextatus. — Et celui-ci continua ences termes : Cette réforme dans les sacrificesest exacte et citée à propos. Quant aux Saturna-les , il paraît, d’après les causes qu’on assigne àleur origine, qu’elles sont plus anciennes que laville de Rome : si bien que L. Aeeius, dans iesvers suivants de ses Annales, rapporte que cettesolennité avait déjà commencé d’être célébréeen Grèce avant la fondation de Rome :
« Une très-grande partie des Grecs, et princi-« paiement les Athéniens, célèbrent en l’honneur« de Saturne des fêtes qu’ils appellent Cronia.
Prælexlale, memorasti, invenio postea Compilalibus celebralam, c,um ludi per urbein in compilis agilabautur,restiluti sciJicet a Tarqninio Superbo baribus ac Mania),ex responso Apollinis , qno piwceplum est, ut pro cupili-bus, capitibus supplicaretur. Idque aliquaimliu ubsurva-tuni, ut pro familiariurn sospilate pueri mactarentur Ma-niæ dcæ malri Laruin. Quod sacrificii Jnniiis Bruliisconsul, Tarquinio pulso, aliter eonslituit cclcbnmdum.Nam capitibus allii et papaveris supplicari jussil, ul respon-so Apollinis salisficrct de Domine capitum ; remolo scili-cet scelere iufaustæ sacrilicalionis : faclmnque est, uteffigies Maniæ susponsa: pro siugulorum l'oribus perieu-linii, si quod immincrel familiis, expiaient: ludosqueipsos ex viis compilorum, in quibus ngilabantnr, Compi-talia appellUavnrunl. Sed perge cetera. Tum Praitcxlaliis :Jlene et opportune similis cmendatio sacriliciorum relataest. Sed ex bis causis, qua) de origine Imjus fesli relalœsunt, apparet, Saturnalia vetustiora esse urbe' romana :adeo, ut aide Hmnam in Græcia liée solemne cœpissc I.Aeeius in Annalibus suis referai bis versilms :
Muxlma pars Graluin Satnrnn,et maxime Alhenai
Conliciunl sacra, quæ Cronia esse iterantur ab illis ;
F.umqnc iliem célébrant : per agros nrbesque fere omnsii