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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

n’existait point encore. Car le temps est une me-sure , prise des révolutions du ciel ; donc le.tempsest né du ciel ; donc c’est du ciel qu’est né Kpôvoç(Saturne), qui, ainsi que nous l’avons dit, est le {même que Xpo'voç (le temps) : et comme les di-vers principes de tout ce qui a dû être forméaprès le ciel découlaient du ciel lui-môme, et'que les divers éléments qui composent l'univer-salité du monde découlaient de ces principes,sitôt que le monde fut parfaitement terminé dansl’ensemble de ses parties et dans chacun de scsmembres, le moment arriva où les principes gé-nérateurs des éléments durent cesser de décou-ler du ciel, car la création de ces éléments étaitdésormais accomplie. Depuis lors, pour perpétuersans cesse la propagation des animaux, la facultéd’engendrer par le fluide fut transportée à l’actionvénérienne; en sorte que, de ce moment, tousles êtres vivants furent produits par le coït dumâle avec la femelle. A raison de la fable del’amputation des parties naturelles, nos physi-ciens donnèrent au dieu le nom de Saturnins,pour Sathimus , dérivant de a<xO-q, qui signifiele membre viril. On croit que de là aussi vient lenom des Satyres, pour Sathimni, à cause queles Satyres sont enclins à la lubricité. Quelques-uns pensent que l’on donne une faux à Saturne,parce que le temps coupe, tranche et moissonnetout. On dit que Saturne est dans l’usage de dé-vorer ses enfants, et de les vomir ensuite. C’estencore afin de désigner qu’il est le temps, parlequel toutes choses sont tour à tour produiteset anéanties, pour renaître ensuite de nouveau.Lorsqu’on dit que Saturne a été chassé par sonfils, qu’est-ce que cela signifie, sinon que lestemps qui viennent de s’écouler sont refoulés par

mlclligi voiiint, cum chaos esset, tempora non fuisse:siquidem tempus est certa dimensio, qnæ ex cœli couver-sione colligitnr. Tempus crépit inde ; ab ipso nains pntaturxpôvo;,qui, ut diximus, xpôvo?est. Ciimqneseminaremmomnium post cuslum gignendarum de cœlo fluerent, etelementa uni versa, quæ mundo plenitudinem facerent,ex illis seminibus fundercntiir : ulii mtindus omnibus suisparlibus membrisqne perfectus est; ccrto jam lemporcfinis factus est procedendi de cœlo semina ad elemenlorumconceptionem, quippe quæ jam plena fuerant procrcata.Ad animalium vero ælernam propagationem ad Venei emgenerandi facilitas ex Immole translata est, ut percoilummaris feminæque cuncta deinceps gignerentur. Proplerabscisionis pudendorum fabulam etiam nostri eum Satur-nien vocitarunt, irapà -ripi <7â0ï]v, quæ membrum viriledéclarât, veiuti Satliimum. Unde etiam Satyros veliiliSatbimnos, quod sint in libidinem proni 1 , appellatos opi-nantur. Falcem ci quidam putant attrihutam, quod tem-pus omniametat, exsecet, et incidat. Ilunc aiunt filiossuos solitum Uevorare, eosdemque rursns evomere. Perquod similiter significatur, eum tempus esse, a quo viei-lles cuncta gignantur absumanturqne, et ex eo denuo re-nascantur. Eundemque a filio pulsum, quid almd est,quam tempora senescentia ab bis, qnæ post sont nuta,

ceux qui leur succèdent? On dit qu’il est lié,parce que les diverses portions du temps sontunies ensemble par les lois régulières de la na-ture; ou bien parce que la substance des fruitsest formée de nœuds et de fibres enlacés. En-fin , la fable veut que sa faux soit tombée enSicile, parce que cette contrée est très-fertile.

CHAPITRE IX.

Du dieu Janus, de ses divers noms, et de sa puissance.

Nous avons dit que Janus régna avec Saturne,et nous avons déjà rapporté tout ce que les my-thologues et ies physiciens pensent touchant Sa-turne : disons maintenant ce qu’ils enseignent deJanus. Les mythologues racontent que, sous sonrègne, chaque maison fut habitée par la religionet par la vertu ; et que, pour cette raison, l’on dé-cerna à Janus les honneurs divins; et l’on vou-lut, pour reconnaître ses mérites, que l’entrée etl’issue des maisons lui fussent consacrées.Xénon,dans le t or livre de son Italicon, rapporte queJanus fut. le premier qui éleva en Italie des tem-ples aux dieux, et qui institua des rites sacrés :ce qui lui valut d’être invoqué au commence-ment de tous les sacrifices. Quelques-uns pensentqu’on lui attribue deux visages, parce qu’il con-nut les choses passées et prévit les choses futu-res. Mais les physiciens établissent sa divinité surdes bases d’une plus haute importance ; car il enest qui disent que Janus est le même à la foisqu’Apollon et Diane, et que ees deux divinitéssont voilées sous son seul nom. En effet, commo

dcpelli? Vinclum imte.m, quod certa lege natnire connexesint tempora ; vol quod omnes fniges qnibiisdam vincnlisnodisquo alternentur. Nam et falcem volnnl fabulai inSiciliam dccidisso ; quod sit terra isla vel maxime fcrlilis.

CAPUT IX.

Qui drus Janus, deque vuriis ejus del nomlnlbus et potes-tatc.

Et quia Jamim eum Saturno régnasse memoravimus,de Salurno autem quid mylhici, quid physici æslimenl,jam relatum est : de Jano quoque quidabiitrisquc jacle-iur, in medium proferemns. Mythici relèrunt, régnanteJano omnium domos rcligionc ae sanctilate fuisse iiuiiii-tas : idcircoque ei divinos honores esse deeretos, et ohmérita introilus et exitus aidimn eidem consecratos. Xé-non quoque primo Italicon Lrad.it, Jamim in Italia primantdiis templa fecisse, et ritus insliliiissc sacrorum : idcueum in sacrificiis præ.fulionem meruisse perpétuait). Qui-dam , ideo eum dici bilïonlem putant, quoi! et præleritasciverit, et fntnra providerit. Sed physici eum mugis cou-secrant argumentis divinitatis. Nam sunt, qui Januincmtdcm esse, atque Apollinein et Dianam, dieiuit, et in