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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

H4

tune a autant de pouvoir sur nous que sur eux,11 peut arriver que tu les voies libres, et qu’à leurtour ils te voient esclave. Ne sais-tu pas à quelâge le devinrent llécube, Crésus,la mère deDarius, Diogène, l’Inton lui-même? Enfin, pour-quoi aurions-nous tant d’horreur de ce nomd'esclave ? On n’est esclave que par l’empire dela nécessité; mais un esclave peut avoir une ûmelibre. Tu auras rabaissé l’esclave , si tu peux memontrer qui ne l’est pas. L’un est escllive de ladébauche, l’autre de l’avarice, l’autre de l’ambi-tion; tous le sont de l’espérance et de la crainte.Certainement, nulle servitude n’est plus hon-teuse que celle qui est volontaire; et cependantnous foulons aux pieds, comme un être mépri-sable, le malheureux que la fortune a placésons le joug; et nous ne voulons pas rectifiernos préjugés à cet égard. Vous en trouverezparmi les esclaves qui sont inaccessibles à la cor-ruption, tandis que vous trouverez tel maître àqui l’espoir du gain fait couvrir de baisers lesmains des esclaves d’autrui. Ce ne sera doncpoint d’après leur condition que j’apprécierai leshommes, mais d’après leur caractère. Chacun sefait son caractère; c’est le hasard qui assigne lesconditions. De môme queeelui qui ayant à ache-ter un cheval n’en considérerait que la housse etle frein, serait peu sensé; de même le plus in-sensé de tous les hommes est celui qui croit de-voir apprécier son semblable d’après son habitou d’après sa condition, qui- l’enveloppe commeunvêtement. Ce n’est point seulement, mon cherÉvangélus, dans le sénat ou dans le forum qu’ilfaut chercher des amis. Si tu y prends gardesoigneusement, tu en trouveras dans ta propremaison. Traite donc ton esclave avec douceur;admets-le gracieusement dans ta conversation ,

Crœsus, qua Uiirii mater, qua Diogenes, qua l’ial» ipse?l’ostremo , quid iUi nome» servilulis liorromas? Semis estquidem, Red neccssitate : sed fortasse iibero mémo servusest. Hoc illi nocebit, si oslenderis, quis non sil. Alias libi-dini servit, alitis avaritiæ, aiins ambition), oinnes spci,omiies timori. Et celte milia servitas tarpior, qaam vo-luntaria. At nos jngo a fortuna imposito subjneentem, trin-quait) miseruin vilemqoe calcamos : quoil voro nos noslriscervinibus inserinnis, non patimar reprebendi. [nveniesinter servos aliquem peennia lbriiorcm : invenies domimimspe lucri oscilla alienoriutt servoram manibas infigeulem.Non ergo fortuna bomines æstimabo, sed moribas. Sibiqoisqae dat mores : conditioncm casos assignat. Quemad-inndum stullns est, qai emtunis eqaam, non Ipsum in-spirât, sed stratum e.jas a« frenos : sic stultissiams est, quihomiaem aat ex veste, aat ex conditioue, qaæ modo ve-dtis nobis eircamdata est, teslimandum palat. Non est,mi Evangele, qaod nuiieuni tantum in i'oro et in curiaqaæras. Si diligenter attendons, invenies et dmni. Tu modovive ni ni servo cleinenter : eomitor qnoque cl in sermo-nem ilium, etnonnonqnam in tteeessarmm admitteconsilinm. Nam et majores nostri omnem dominis invidiam,

et. accepte quelquefois de lui un conseil néces-saire. Observe nos ancêtres, qui, pour sauver auxmaîtres l’udieux de la domination, et aux esclavesl’humiliation de la servitude, dénommèrent lesuns palresfamilias (pères de famille), et lesautres familiares (membres de la famille). Ainsidonc, crois-moi, fais-toi révérer plutôt quecraindre de tes esclaves. Quelqu’un m’accuserapeut-être de faire descendre les maîtres de leurrang, et d’appeler en quelque sorte les esclaves àla liberté, parce que j’ai dit qu’ils doivent plutôtrévérer leurs maîtres que les craindre. Celui quipenserait ainsi oublierait que c’est assez fairepour les maîtres, que de leur accorder ce quisuffit bien aux dieux. D’ailleurs, ou aime celuiqu’on respecte ; mais l’amour ne saurait être unià la crainte. D’où penses-tu que vienne ce pro-verbe insolent : «Autant d’esclaves, autant d’en-nemis? « Non, ils ne sont ennemis; mais

nous les rendons tels, quand nous sommes a leurégard superbes, insultants, cruels. L’habituded’une vie de délices nous pousse à un tel excèsd’extravagance, que tout ce qui ne répond pointsur-le-champ à notre volonté, excite en nous lacolère et la fureur. Nous devenons de vrais ty-rans dans nos maisons, et nous voulons exer-cer toute l’étendue de notre autorité sur lesesclaves, sans aucune considération de justice.Eu effet, indépendamment de divers autres gen-res de cruauté, il est des maîtres qui, tandisqu’ils se remplissent avidement en face de l’a-bondance de leurs tables, ne permettent pus àleurs esclaves, rangés debout alentour, de re-muer les lèvres pour dire un seul mot. Le moindremurmure est réprimé par la verge : les cas for-tuits eux-mêmes n’échappent pas nu châtiment.La toux, un étemument, un hoquet, sont sé-

omnem servis contiiincliam cletriilientes, tloininimi patrein-familias, servos familiales appellaverunt. Colant ergo lepotius servi tui, alibi eretle, quant timeant. Dicet aliquis,mute me dominos de fastigio sno dejicere, et (jimdamntodoad piletiin servos vocare : qtios debere dixi magis colore ,quant timere. II03 qui souscrit, obliviseetiir, id dominispartim non esse, <1"«<I dûs satis est. deinde qui colitur,eliam amatur : non polos! amor cum lintoro tnisceri. Utnlepillas arrogaiitissinnmi illud manasse proverbial», qnojaclatnr, lolidem liostes nobis esse, quoi servos? Non lia-bemns illos liostes, sed faeimns; cumin illos siiperbissimi,conluineliosissimi, erudelissimi simms; et ad rabiem noscogmit pervenire deliciæ, ut, iptidquid non ex vobmtalerespondil, iram ” evocet. Demi enim nobis ani-

mos induimns tyrannonim; et, non quantum decet, sedquantum libet, exerccre voliumis in servos. Nam, ut celer»crudelitatisgénéra præteream,simt, qui,dm» se mensæoo-piis et aviditate distendunt, circuinstantibus servis movorelabra neiit hocqiiidein, ut loqnantur, lieere permitln nt. Virgannmmir omne eoinpcscilur, et ne (nrlnita qnidem sineverberibus excepta sunt-Tussis, sternn tamoul um,.smgiilt»s,maguo malo luitur. Sic lit, ut isti de domino loqnantur, qui»