LES SATURNALES.
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vèrement punis. Il arrive do là que ceux à quiil n’est pas permis de parler devant leur maîtreparlent beaucoup de lui; tandis que ceux quinon-seulement n’ont pas la bouche close devantleur maître, mais môme qui ont pu parler aveclui, ont été prêts à périr avec lui, et à détournersur leur propre tête les dangers qui le mena-çaient. Ces esclaves-ci parlaient pendant les re-pas , mais ils se taisaient dans les tortures.
Veux-tu que nous parcourions les actes géné-reux dus à des esclaves? Le premier qui se pré-sente concerne Urbinus. Condamné à mort, il secachait à Rcatinum. Sa retraite ayant été décou-verte, un de ses esclaves se coucha à sa place,portant son anneau et ses vêtements, dans lelit vers lequel se précipitaient ceux* qui le pour-suivaient , présenta sa tête aux soldats, et re-çut le coup fatal comme s’il était Urbinus. Dansla suite, Urbinus, réhabilité, érigea à cet esclaveun monument, avec une inscription qui attes-tait un si grand dévouement. Esope, affranchide Rémosthène, instruit de l’adultère que sonpatron avait commis avec .lulie, longtemps tor-turé, persévéra à ne point trahir son maître ; jus-qu’à ce que Rémosthène lui-même, pressé parles autres témoins, eût. avoué le crime. Si tupenses qu’il est toujours facile de celer le secretd’un seul individu, sache que les affranchis deLahiénus, qui l'avaient caché, ne purent êtrecontraints à le découvrir par aucun genre detourment.. Et pour que personne ne dise quecette fidélité des affranchis a été due plutôt à lareconnaissance du bienfait de la liberté qu’à leurbon naturel, écoute un trait de bienveillanced’un esclave à l'égard de son maître, alors mêmeque celui-ci le punissait. Antius llestion, pros-
hus coi nin domino loqui non lient. Al illi, quibus non lan-tuni piiTSinililnis doininis, sed cniii ipsiseial sorino, quorumos non eimsuebalur, parati eranl cmn domino porrigerncorvieein , et pericidnin inimiiicns in cnpiit sinnn vertere.In conviviis loquobantur, sud in tormentis tacchanl. Vis,ex erc.il as in servili pcctorc vii I ules recenscamusi’ Primus liliiUrbinus oecurnit : quicmnjussusoccidi in Hcalino lnlerel,ialebris prodilis, uniis ex servis, anulo ejus et veste insi-gnitus, in cubiciilo, ad quod irruebant, qui persequcliau-tuiypro domino jacuit; niililiimsquc ingiedienlilms cervi-cem prtebuit, etietum tampmm Urliimis excepil. Urbiimspostea restituais, momnnenlum ei fecit, lituloscriplionis,qui tantum inerilum loquoiclur, adjeeto. Æsopus iibertusDeinnstlienis, conseilla adulterii, quod cum Julia palromisadmiserat, tortus diulissitne persevernvit non proderc pa-tr muni ; douer., aliis ooarguonlibus eonsciis, DeinostlienesIpse fateretur. lit ne existimes, ali uno facile cclari possegeeretum : Labienum, ope libeiiornm latenlem, ut indi-carent libcrli, nullo tormenlonun genere compulsi sunt.Ac, ne quis liberlos dirai liane (idem beiirficio potins libertalis acceptai, quant ingenio deliuisse ; accipe servi in do-mimim benignitatem, cum ipse a domino punirclur. An-tiuiu enim Kestioiu!inproscri|dmn, solumqiie. nortelugien-tem diripientibus bona ejus aliis, servus compeditus
crit, fuyait seul de nuit. Tandis que ses esclavespillaient ses biens, l’un d’eux, qu’j) avait faitmettre aux fers et marquer au front, se trou-vant, après la condamnation de son maître, délivré par la compassion d’un autre, se mit à larecherche du fugitif, l’engagea à ne point leredouter, disant qu’il savait que c’était à lafortune et non à son maître qu’il devait imputerson affront. Cet esclave vint porter des vivresà Restion pendant tout le temps qu’il fut caché.Lorsque ensuite il sentit que ceux qui le pour-suivaient approchaient, il égorgea un vieillardque le hasard lui offrit, construisit un bûchersur lequel il jeta le cadavre; et y ayant mis lefeu, il vint au-devant de ceux qui cherchaientRestion, en leur disant qu’il s’était fait justicedu proscrit, et l’avait châtié plus cruellement qu’iln’en avait été châtié lui-même. On le crut, etRestion fut sauvé.
Cæpion, qui avait conspiré contre les joursd’Auguste, ayant été découvert et condamné, unesclave le porta de nuit dans une corbeille jus-qu’au Tibre : descendu à Ostie, de là il le condui-sit de nuit à la maisotvde campagne de son père,sur le territoire de Laurente. Repoussé de Cu-mes par un naufrage, il se cacha avec son maî-treà Naples, lit,ayant été pris par un centurion,ni l’argent, ni les menaces, ne purent l’amenerà trahir son maître.
Asinius Pollion voulant forcer impitoyable-ment les habitants de Padoue à livrer leurs ar-mes et leur argent, ceux-ci se cachèrent. Alors ilpromit la liberté et une récompense aux esclavesqui découvriraient leurs maîtres. Mais on saitqu’il n’y en eut aucun qui, séduit par la ré-compense, ait voulu trahir son maître. Écoute
insc.i'ipta Croate, cum posl «lamnalioiiem domini aliéna es-set inisericordia, solulus, fugienlem persécutas est : bor-lalusquc, ne se timcrel, scicnlcm conlumeliam suamforlunæ iniputandam esse, non domino : alidilumque mi-nislerio sim alnit. Cum tleinde persequentes adesse sensis-set; senem, quem caslis oblulit, jugiilavit, et in coustru-ctam pyram conjecit. Qua accensa, occurrit eis, quiReslionem quærebanl, dicens, damnation sibi painaslaisse, inulto ac.rius a se vexalum, quant ipse vexaverat :j et lide habita, Jiestio liberalus est. Cæpionem quoque,qui.in Augusli nec.em fuerat animatus, postquam detecluj Bcclcrc damnaliis est, servus ad Tiberim iu cista delulil,
I pcrveetunique Hostiam, intle in agrimi Laurentom, ad vil-I lam palris, noeturno itinere perduxil. Cumis deinde navi-! galionis naulïagio mm expulsion dominion Neapoli dissi-inulanter oixuluit : exceptusquë a centurione, 11er. prelio,! nee minis, ut dominion proileret, poluit adduci. AsinioI eliam Pollione acerbe cogcntc Palavinos, ut pecuniam et1 arma confcrrent, doininisque oh lioe latentibus, præmiuservis euni libertate prnposito, qui dominos suos prode-rent; constat servorum milium, vietnm præmio, dominantprodidisse Audi iu servis non (idem tantum, sed et fœ-cunduin bonie inventionis ingenium. Cum premrrct obsi-1 dio Grumenluin, servi, relieta domina, ad liostes transfu-