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MACRO RE.
encore un trait qui est de la part des esclavesnon-seulement un acte de fidélité, mais mê-me une invention ingénieuse et tournée au bien.Pendant le siège de Grumcntum, des esclavesayant quitté leur maîtresse, s’en furent vers l’en-nemi. La ville prise, d’accord entre eux , ils seprécipitèrent dans la maison de leur maîtresse, etl’entraînèrent d'un air menaçant, disant à ceuxqu’ils rencontraient qu’ils avaient enfin le pou-voir de punir leur cruelle maîtresse. L’ayantainsi enlevée, comme pour la conduire au sup-plice, ils la mirent en sûretéavec une respectueusepiété.
Voyez, dans cette autre occurrence, un esclaveayant la magnanimité de donner la préférence àla mort sur l’ignominie. L’esclave de C. Vcttius,de la contrée des Pélignes, en Italie , le voyantsaisi par ses propres cohortes, le tua afin qu’il nefût point livré à Pompée, et se donna ensuite lamort pour ne pas survivre à son maître. Euporus,ou, comme d’autres le racontent, Philocratès,esclave de G. Gracclius, le suivit inséparable-ment, fuyant du mont Aventin , tant qu’il y eutquelque espoir de le sauver, et le défendit tantqu’il put; quand Gcacchus eut été tué, l’esclavese tua lui-même sur le cadavre de son maître.L’esclave de Publ. Scipion , père de l’Africain ,plaça sur un cheval son maître, qui venaitd’être blessé dans un combat contre Annibal,et, tandis que tous l’abandonnaient, le ramenalui seul dans le camp.
Mais c’est peu d’avoir servi leurs maîtres vi-vants; les esclaves feront plus : on les retrou-vera ardents à les venger. Un esclave du roi Sé-leucus devenu l’esclave d’un des amis de ce roi, etqui avait été son meurtrier, vengea la mort de sonpremier maître en tuant le second, pendant qu’il
gérant. Capto deinde oppido, impetum i» dormiin habitaconspûatione fecerunt, et extraxcrunl dominant, vnltnpceiiam minante, ac voce obviis asserente, quod tandemsibi dataesset copiacrndelein dominam punicndi : raptam-que quasi ad supplicium, obseqtiiis plenis pietale tiilalisunt. Vide in bac fortnna etiain maananimitatem , exitnrnmortis ludibrio præferenlem. C. Vettium Pcligniim Itali-censem, compreliensum a corhortibus snis, ne Pompeiotradcretnr, semis ejusoccidit; ac se, ne domino superslesfieret, interemit. C. Graccbum ex Aventino fugientcinEuporus servus, vel, ut quidam tradunt, Philocratès,dum aliqna spes salulis eral, indivulsus cornes, qua potuilralione, tutatus est : super occisum deinde animam, seissisproprio vnlnere visceribus, effudit. ipsum P. ScipionemAfricain patrem, poslquam ciun llannibale conllixerat,saucium in equum servus imposait; et eeleris dcscrenti-1ms, soins in castra perduxit. Parmn fuerit dominis pra;-stitisse viventilms. Quid, quod in bis quoque exigendævindictæ reperilur animositas? Nam Seleuci regis servus,cum serviret amico ejus, aquii dominas fuerat inlercmtiis,cumantem in ultionem domini confodit. Quid, quod duasvirilités, quæ inter nubiles quoqueunice claræ sunt, in
soupait.Que veut-on déplus? Veut-on voir réuniesdans un esclave les deux plus nobles vertus, l’ha-bileté à gouverner et la magnanimité de mépriserle trône? Mcssénius Anaxilnüs, qui fonda Messineen Sicile, et qui fut tyran des Reggiens, ayantlaissé des enfants en bas ôge, se coiiienla de lesrecommander à son esclave Myeitlms, lequelgéra religieusement cette tutelle, et gouvernaavec tant de modération, que les Reggiens nes’indignèrent pas d’être régis par un esclave.Dans la suite, Mieithus remit aux enfants de-venus grands, leurs biens avec le gouvernement,et se retira muni d’une modique somme , àOlympie, où il atteignit la vieillesse dans unetranquillité profonde.
Divers exemples nous apprennent aussi dequelle utilité ont été les esclaves à l’intérêt pu-blic. Lors de la guerre Punique, comme on man-quait de citoyens à enrôler, les esclaves, ayantoffert de combattre pour leurs maîtres, furent ad-misau rang des citoyens; et, à raison de ce qu'ilss’étalent offerts volontairement, ils furent appe-lés voloncs (volontaires). Après la bataille deCannes, les Romains vaincus prirent pour soldatshuit mille esclaves achetés; et quoiqu'il en eûtmoins coûté de racheter lesprisonniors, la répu-blique, dans cette violente crise, préféra se confieraux esclaves. Après la fameuse défaite de Thru-symène, les affranchis furent aussi appelés auserment militaire. Durant lu guerre Sociale, douzecohortes, levées "es affranchis, firent desactions d’une mémorable valeur. On sait que C.César, pour remplacer les soldats qu’il avait per-dus, accepta les esclaves de ses amis, et retirad’eux un très-bon service. César Auguste forma,en Germanie et en I llyrie, plusieurs cohortes d’af-franchis, sous la dénomination de volontaires.
uno video fuisse maiicipio, imperium regendi periliam, etimperium contemnendi magnanimilalom? Anaxilaus enimMcssenius, qui Messanam in Sicilia condidit, fuit Itliegi-imrum tyrannus. ]s cum pnrvos relinquerel liberos, îMvri-Um servo su» commandasse contentas est. Is tulchun sim-clcgcssit; imperia nique tam clcmenter oblinuil, ut Bheginia servo régi non dedignarenliir. Perductis deinde in letatempueris et liona et imperium Iradidit. Ipse parvo viatieosumlo prol'ectus est, et Olympia; cum sumina tranquilli-late conseillât. Quid etiam in commune servilis Ibrtimaprofilent, nonpaucisducelur. Belle l’unico, eum deesseut,qui seriberenlnv, servi, pro dominis pugtmluros se polli-citi, in civitatem reeepti sunt; et Vulones, ipi'in sponleboc volnerunt, nppellati. Ad Cannas ([noque viclis lloina-nis, oclo millia servorum emla mililaverimt : Cliniqueminoris caplivi redimi possent, maluitse respuldiea servisin Imita tempeslate commitlere. Sed et post calamitatrmapud I brasumeimtn nota; cladis acceplam, liherlini quoquein saeramenlum vncati sunt. Bel!» snciali, eoliortinm dius*deciin ex libertinis eonscriplarinn opéra meuiorahilis vir*lotis apparuit. C. Cæsarem, eum milites in amissorunilocum subslitiieret, servos quoque abamicis aeeepisse, et