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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES.

Ne crois pas que de pareils faits ne soient ar-rivés que dans notre république. Les Borysthé-niens, attaqués par Zopyrion, affranchirentles esclaves, donnèrent aux étrangers le droit decité, abolirent les titres des dettes, et purent ainsirésistera l’ennemi. Il ne restait plus que quinzecents Lacédémoniens en état de porter les ar-mes, lorsque Cléomène, avec des esclaves affran-chis, recruta neuf mille combattants. Les Athé-niens aussi, ayant épuisé les ressources publiques,donnèrent la liberté aux esclaves.

Pour que tu ne penses pas qu’il n’y aurait eude vertu chez les esclaves que parmi les hom-mes , écoute une action des femmes esclaves, nonmoins mémorable que les précédentes, et plusutile à la république qu’aucune que tu puissestrouver dans les classes nobles. La fête des ser-vantes, qu’on célèbre le jour des noues de juil-let, est si connue, (pie personne n’ignore ni sonorigine, ni la cause de sa célébrité. Ce jour-là,les femmes libres et les esclaves sacrifient à.limon Caprotine sous un figuier sauvage, enmémoire du précieux dévouement que manifes-tèrent les femmes esclaves pour la conservationde l’honneur national. A la suite de cette irrup-tion des Gaulois, où Rome fut prise par eux , larépublique se trouva extrêmement affaiblie. Lespeuples voisins, voulant saisir l’occasion d’a-néantir le nom romain, se donnèrent pour dicta-teur Livius Postumius, de Eidènes, lequel litsavoir au sénat que, s’il voulait conserver lesrosies de la ville, il fallait lui livrer les mères defamille avec leurs filles. Pendant que les pèresconscrits délibéraient, incertains du parti à

connu forti opcia usiim esse comperitims. CæsarAugu-Rlus iu Gcnnanincl Illyricn cohortes libertinorum cmnplurcslegit : qiios volmilarias appellavil. A« lie putes, liær. innoslra tantum contigisse, ropublica, Horyslbenitæ, oppu-giimilfl Zopyrionc, servis liberatis, dnlnqtie «vitale pere-Kl iais, et far.Ua lalmlis novis, liostem sustincre poluonml.Cleomenos J.accdiiomonius, ciini mille et quingcnti soleLaccdmmonii, qui arma ferre pussent, nuperfuissent, exsurvis manumissis bellalormn imvem millia conscripsil.Allicnionsos quoi pic, consumlis publicis «pilais, servislilirrtatem dederunt. Ac ne in sol» virili sexu æstimes interservos exstitisso virilités, aceipe anr.iliaruin factum mmminus memorabile, ncc ipm ulilius reipublicæ in alla no-liililate reperias. Nonis Juliis diem festum esseancillarmn,tam vulgo nntnm est, ut ncc. origo, nec causa celctiritatisignola sit. Junoni enim Caprotinæ die illo libérât pariteranriliæipie sacrilicant sul) arbore caprifico, in mcuioriainbi'iiigiiii! virtiitis, quai i» ancillarum aniniis pro conserva-liouepublicædignhalis appareil Nam post nrhein caplam,cmn sedatus essot gallicus motus, respnblicu vero essetad tenue dcducta, finitimi oppnrtiinilalem invadendi ro-mani îmminis aucupali, pr.elecerunt sibi Puslmnium t.i-vimn Pidenalium dictalorem. Qui, înandalisad senatummisais,. ‘ ,ut, sivellcntreliquiassnæcivitalis nia-

ri>re,matn‘sfauiiliæ sibietvirginesdederentur. Oumquepa-tirs essentinancipiti deliberalionesuspeiisi, anciilaiioniiue

prendre, une servante, nommée Tutelaou Phi-lotis, s’offrit pour aller à l’ennemi avec les autresservantes, sous le nom de leurs maîtresses. Ayantpris le costume des mères et des filles de famille,les servantes furent conduites aux ennemis, sui-vies de personnes éplorées qui simulaient la dou-leur. Livius les ayant distribuées dans le camp,elles provoquèrent les hommes à boire, feignantque ce fût pour elles un jour de fête. Lorsqueceux-ci furent endormis, du haut d’un figuiersauvage qui était proche du camp, elles donnè-rent un signal aux Romains, qui furent vain-queurs en attaquant à l’improviste. Le sénat re-connaissant fit donner la liberté à toutes les ser-vantes , les dota aux frais de l’Etat, leur permitde porter le costume dont elles s’étaient serviesen cette occasion, et donna à cette journée la dé-nomination de Nones Cnprotines, à cause du fi-guier sauvage ( caprificus) d’où les Romains re-çurent le signal de la victoire. 11 ordonna encorequ’en mémoire de l’action que je viens de racon-ter, on solenniserait annuellement ce jour parun sacrifice dans lequel on ferait usage du lait,parce que le lait découle du figuier sauvage.

Il s’est aussi trouvé chez les esclaves des es-prits assez élevés pour atteindre à la science phi-losophique. Phédon, de l’école de Socrate, et sonami, et l’ami de Platon au point que ce dernierconsacra à son nom ce divin traité De l'immorta-lité (le l’âme, fut un esclave qui eut l’extérieuret Mme d’un homme libre. On dit que Cébès,disciple de Socrate, l’acheta par le conseil de sonmaître, et qu’il fut formé par lui aux exercicesde la philosophie. Phédon devint par la suite un

Tutela, scu Philolis, pollicita est, se cum céleris ancillissuit nomino dominarum ad bustes ituram : hahitnqnc ma-li iiinlamilias cl virginum snmlo, boslibusenm prosequen-tiiiui lacrimis ad (idem doloris ingestæ sont. Quæ cum aI.ivio i» eastris distribuée fuissent, virus plurimo vinoprovoenverunt, diem fcslum apud se esse simulantes. Qui-bus soporalis, ex arbore caprilico, quæ castris erat proxima,signmn Romanis dederunt. Qui cum repenlina incursionesuperassent, meuior beneficii seuatus, oinnes ancillasmanu jussit emitli ; dolcmque eis ex publico fecit, et or-nalum, quo tune erant usas, geslare concessit; diemqueipsum Nouas Caprotinas nuncupavit, ah ilia caprilico, ex(pia signum Victoria; ccperunt : sacrificiumque slaluit an-ima solemiiilatecfilebranduni, cni lac, quod ex caprificomanat, propter momoriam facli præcedenlis adbibelur.Sed nec ad philosophandum ineptum vel impar servile in-geriium fuit. Pliædou ex cohorte socralica, Socratique etPlatoni perfamiliaris adeo, nt Plalo ejus nomioi lilinmi il-lum divimun de luunortalilate animæ dicaret, serves fuit,forma atque ingenio liberali. Hune Celtes Socraticus, hor-taule Socrate, emissedicitur, lialmisseque in philosophiesdisciplinis. Atque is poslea pbilosoptms illustris emersit :soi nionesque ejus de Socrateadmodum elegantesleguntur.Alii quoqnc non pauci servi fnerunt, qui post pliilosopiiclari exstiterunl. lix quibus ille Mcnippus fuit, cujus librosAL Varro in salyris temulatus est, quas alii Cynicas, ipse

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