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MACROBE.
compenser des services qu’ils avaient déjà ren-dus précédemment.
Romulus nomma le second mois, Avril, ou plu-tôt, comme quelques-uns pensent, Aphril, avecaspiration, du mot écume, que les Grecs disentàcppov, de laquelle on croit que Vénus est née; etvoici le motif qu’on prête à Romulus. Ayantnommé Mars le premier mois'de l’année, du nomde son père, il voulut que le second mois prîtson nom de Vénus, mère d’Enée, afin que ceuxà qui les Romains devaient leur origine occu-passent les premiers rangs au commencement del’année. En effet, encore aujourd’hui, dans lesrites sacrés, nous appelons Mars notre père, etVénus notre mère. D’autres pensent que Romu-lus, ou par une haute prévision, ou par une pres-cience divine, assigna leurs dénominations auxdeux premiers mois, afin que, le premier étantdédié à Mars, ce grand meurtrier des hommes,selon ce que dit Homère, confident de la nature :
« O Mars, ô sanglantfléau des humains et des-« tructeur des murailles, »le second fût dédié à Vénus, dont l’influencebienfaisante pût neutraliser l’action de Mars.Ainsi, parmi les douze signes du zodiaque, qu’oncroit être chacun le domicile d’une divinité par-ticulière, le premier, qui est le Bélier, est assignéà Mars ; et le suivant, qui est le Taureau, à Vé-nus. Le Scorpion est placé en regard et en retourde ces deux signes, de telle sorte qu’il est com-mun aux deux divinités. On ne pense pas quecette disposition soit étrangère à l’ordination cé-leste : car la partie postérieure du Scorpion, ar-mée d’un aiguillon pareil à un trait redoutable,forme le second domicile de Mars ; tandis que Vé-nus, qui, comme sous un joug en équilibre, assor-tit les amours et les mariages, a pour partage la
nore serves invitarent; lii, quasi gratiam perfecli operisexsolvcrent. Secumlnm incnsem nominavit Aprilem, ntquidam putant cum aspiralione, quasi Aplirilcm, a spuma,quam Græci àtppov vocant, mule or la Venus crcditur. Etliane lîomuli fuisse asscrunt rationein, ut primum quidemineiisem a pâtre suo Marte, secundum ab Æneæ matre Ve-nde nominaret : et lii potissimum anrii principia serva-ient, a quibus esset romani nominis origo; cum liodiequoque in sacris Martcm patrem, Venerem genitricemvoceinus. alii pelant, Romulum vel altiore prudentia, vclccrti numinis providentia, ita primos ordiuasse menses,ut, cum præccdens Marti esset dicatus, deo plerumquebomimmi necatori, ut Ilomerusait, naturæconscius,
"Apec ’Aps; PpoToXoïyè, ptaipovs, TSiXE<n7i),r)Ta-secundus Vcncri dicaretur, quæ viril ejus quasi beneficaleniret. Nam et in duodecim zodiaci signis, quorum ccrtacertorum numinum domicilia creduntur, cum primum si-gnum Aries Marti assignatus sit, sequens mox Venerem ,id est, Taurus, accepit. El rursus e regione Scorpius itadivisus est, ut deo esset utrique communis , nec aestima-tur ratione cœlesti casti carere ipsa divisio. Si(|uidem acu-ieo, velutpotentissimo teio, pars armala pnsterinr dnmi-
portion antérieure, que les Grecs appellent Çuyiç,et nous libra (flèche de la balance). D’autre part,Cincius, dans son Traité des Fastes, dit quemal à propos aucuns pensent que les anciens ontdénommé le mois d’avril du nom de Vénus, puis-qu’ils n’ont établi, durant ce mois, aucun jour defête, ni aucun sacrifice solennel en l’honneur decette déesse; et que, même dans les chants desSaliens, Vénus n’est point célébrée comme le sonttous les autres dieux. Varron est d’accord sur cepoint avec Cincius. Il affirme que le nom de Vé-nus n’a été connu des Romains, au temps des rois,ni en grec ni en latin; et qu’ainsi le mois d’avriln’a pas pu en tirer sa dénomination. Mais, pour-suit-il, comme jusqu’à l’équinoxe du printempsle ciel est triste et voilé de nuages, la mer ferméeaux navigateurs, la terre elle-même couverte parles eaux, les glaces ou les neiges, tandis que leprintemps, survenant dans le mois d’avril, ouvretoutes les voies, et que les arbres commencentalors à se développer, ainsi que tous les germesque la terre renferme; on peut croire que c’estde toutes ces circonstances que ce mois a prisson nom d’avril, comme qui dirait aperilis. C'estainsi que, chez les Athéniens, le même mois estappelé anthestérion , parce qu’à cette même épo-que toutes les plantes fleurissent. Toutefois Ver-rius Flaccus convient qu’il fut établi, plus tard,que les dames romaines célébreraient, le jour descalendes de ce mois, une fête en l’honneur deVénus ; institution dont je me dispenserai de rap-porter la cause, comme étant étrangère à monsujet.
Romulus plaça au troisième rang le mois demai, dont le nom a donné lieu à une grande di-versité d’opinions chez les auteurs. Fui vins No-bilior, dans les Fastes qu’il inscrivit dans le tem-
cilium Martis est. l'riorem vem parlein, cui tuyo? apmlGræcos notnen est, nos libram vocaimis, Venus acccpit;quæ velut jugo concnrdi jungit matrinionia amieitiasquocomponit. Sed Cincius in eo libro, quem de Pastis leliquil,ait, imperite quosdam npinari, Aprilem incnsem antiquesa Vencrc dixisse; cum uullus (lies festus nullumque sa-ciiticium insigne Vcncri per hune mensem a inajorilmsinstitutuin sit : sed ne incarminibus quidem Saliorum Ve-neris ulla, ut ceterorum cirleslium, laus cclchrctur. Cincioetiam Varro consentit, aflirmans, noincn Veneris ne sut)regibus quidem apud Itomanos vel latinum vel gra cumbasse; et ideo non potuisse mensem a Vencrc rmminari :sed , cum fere ante æquinoctium vernum triste sit cmlmnet nubibus obductum, sed et mare navigantibusclausum,terrai etiam ipsæ autaqua, mit pruina, aut nivibus conte-gantur, caque omnia verno, id est, lice monse, aporian-lur, arbores quoque, nec ininus cetera, ipia: cnntincl ter-ra, aperire se in germen incipianl : ab lus omnibus nienseuAprilem dici meritocredendum, quasi aperilem, sicutapmJAtbenienses àvOsovripîtov idem mensis vocalur, ab eo,ipiod boc tempore cunclallorescant. Non lamen negat Ver-rius Flaccus, boc die poslea constitution, ut matronæ