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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES.

mée étant convoquée, un drapeau de couleurrousse est placé au Capitole. Durant tous les joursprœliales, il est également permis et de répétersa chose en justice, et d’attaquer l’ennemi. Maislorsque leLatiar, c’est-à-dire la solennité des fê-tes latines, est promulgué, ainsi que durant lesjours des Saturnales, et lorsque le mundus estouvert, il n’est pas permis d’engager le combat :pendant les fêtes latines, parce qu’il n’eût pasété convenable de commencer la guerre à l’épo-que où fut jadis publiquement sanctionnée latrêve entre le peuple romain et les Latins; pen-dant les fêtes de Saturne, parce qu’on croit queson règne ne fut jamais troublé par le tumulte delu guerre ; enfin pendant que le mundus consacréà Dispater et à Proserpine est ouvert, parce qu’ona pensé qu’il valait mieux, pour aller au combat,prendre le temps où la gueule de Pluton est fer-mée. C'est ce qui a fait dire à Varron : « Lorsquen le mundus est ouvert, la porte des divinités du« malheur et de l’enfer peut être aussi considérée« comme ouverte ; c’est pourquoi il est irréligieux,«en ces jours-là, non-seulement d’engager un« combat, mais aussi de faire des levées de sol-« dats, ou de les faire partir pour l’armée, ou de« lever l’ancre, ou d’épouser une femme Iégi-« time dans la vue d’en avoir des enfants. » Lesanciens évitaient, pour appeler des citoyens àl’armée, les jours signalés par des malheurs : ilsévitaient même les fériés, comme l’a dit Varrondans son traité desAugures, où il s’exprime en cestermes : « Il ne faut point appeler les citoyens à« l’armée pendant les fériés. Si on l’a fait, il y a« lieu à expiation. » Remarquons cependant queles Romains devaient choisir le jour du combat,lorsqu’ils étaient assaillants; mais lorsqu’ilsétaient attaqués, aucun jour ne les empêchait de

qiiihus fus est i es répétera, vel liostem lacessere. Nam cumLatiar, hoc est, Latinarum solemne concipitur, item (lie-bus Saturnalinrum, sert et cum mundus palet, nefas estprœlium suniere : quia nec I.alinaium lempore, quo pu-* blicc quomlam induciai inter populum romanum Lalinos-que lirmalæ sunt, ineboari bellum decebat; nec Saturaifesto, qui sine ullo tumullu bellico créditai- imperasse;nec patente niundo, quod sacrum Diti palri et Pioserpinædicatum est : meliusque occlnsa Plulonis faucc eundum adpru'lium putaverunt. Unde clVarro ita scribit : « Mundus« cum palet, Deorum tristium atque in fer dm quasi janua« palet. Propterca non modo prmlium commitli, verum« etiam delectum rei militari» causa liabcre, ac iniiitem« proficisci, navim solvere, uxorem liberftm quærendo-« rum causa ducere, rcligiosum est. » Vitabant velcres adviros vocandos etiam (lies, qui essent notali rebus adver-sis. Vitabant etiam feriis; sient Varro in Augurant iibrisscribit in hrec vorba î « Viros \oçaic férus non oporlet :« si vocavit piaculum esto. >> Sciendum est tamen, cli-gendi nd pugnandum diem Romanis tune fuisse licentiam,si ipsi inferrent bellum : at cum excijicrcnt, niillum ob-stitisse diem, quo minus vel salutem suam, vel publicamdefenderent dignitatem. Quis enini ubseïvationi lucus,MAcituue

défendre, ou leur propre sûreté, ou la dignité pu-blique. Quel moyen en effet d’étre fidèle à au-cune observation, lorsqu’on n’a pas la faculté dechoisir?

Nos ancêtres ont en toutes choses considéréles lendemains (des fériés) comme impropices-aussi les ont-ils marqués de la qualification fu-neste à'atri. Quelques-uns cependant, commepar mitigation, les appelèrent jours communs.Voici la raison qu’en rapporte Aulu-Gelle, dansle quinzième livre de ses Annales, et CassiusHemiua, dans le second livre de ses Histoires:L’an trois cent soixante-trois de la fondation deRome, les tribuns militaires Virginius, Manlius,Æmilius, Pôstumius et leurs collègues, discu-tant dans le sénat quelle était la cause pour la-quelle la république venait d’être affligée de sigrands malheurs dans l’espace d’un petit nombred’années, l’aruspiee Aquinius ayant été mandépar ordre des pères conscrits, pour consulterla religion sur ce point, il dit que Q. Sulpi-cius, tribun militaire, prêt à combattre les Gau-lois sur l’Allia, avait offert un sacrifice, àcette intention, le lendemain des ides Quintiles;que de même, auprès de Créméra et dans plu-sieurs autres lieux et circonstances, le combatavait eu une issue malheureuse après un sacri-fice offert un lendemain (de férié). Alors les pèresconscrits décidèrent qu’il serait référé au collègedes pontifes,touchantcetteobservationreligieuse;et les pontifes prononcèrent que tous les lende-mains des calendes, des noues et des ides de-vaient être regardés comme jours funestes (alri),et n’étaient ni prœliales, ni puri, ni comitiales.Le pontife Fabius Maximus Servilianusprétend,au livre douzième, qu’on ne doit point offrir dessacrifices funéraires pour scs parents, en un jour

cum eligendi facilitas non super.sit ? (lies atilein postridia-nos ad omnia majores nostri cavendos potarunt; quosetiam atros, velut infausta appellatione, damnai uni.Eosdem tamen nonmilli commîmes, velut ad cinenda-tiom-m nominis, vocitaveriint. Iloruin causant CollinsAnnalium libro quintodecimo, et Cassius Homina liisloria-iinn libro secundo référant. Anno ali urhe eondita trecen-tesimo sexagesimo tertio, a tribunis militum VirginioManlio, Æmilio, Postumio, collegisque corum , in senau!tractation, quid esset, propter quod loties intra paucosannos male esset afilict.i respublica ; et ex præceplo l’a-trnm L. A(|uiniunt lianispicem in senatum venire jus-suin, religionum requireiidariim gratia, dixisse, O- Sul-piciuin trilmmim militum, ad Alliam adversum Gallospugnaturiiin, rein divinam dimieiindi gratia fecisse post-ridie Idus Quintiles ; item apud Cremeram, multisquealiis temporibus et tocis, post sacrificiiim die postera ce-Inbralimi male cessisse contlictinn. Tune Patres jnssisse,ut ad eollegium ponliiieum de liis religinnibus referrelur :ponlilieesque statuisse, postridic oinnes Klllendas, No-nas, Idus, atros dics babendos; ut hj dies nequeprœiia-les, neque puri, neque comitiales essent. Sed et PabiusMaximus Servilianus pontifex in libro XII negat oportere

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