LES SATURNALES.
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portante ne repose pas sur une assertion isolée,consultons, touchant chacun des noms du soleil,l’autorité des anciens.
Différentes manières d’interpréter le nom d’A-pollon le font rapporter au soleil. Je vais lesdévoiler successivement. Platon dit que le soleilest surnommé Apollon, d’àel nâXXeiv toc? àxxîvai;,lancer continuellement des rayons. Chrysippedit qu’Apollonest ainsi nommé, parce que le feudu soleil n’est pas de la substance commune desautres feux. En effet, la première lettre de cenom (a) ayant en grec une signification privative(a-îxoXXot), indique qu’il s’agit d’une qualité uni-que , et que d’autres ne partagent point avec lesoleil. Ainsi il a été appelé, en latin, sol (seul),à cause du grand éclat qui lui est exclusivementpropre. Speusippe dit que le nom d’Apollonsignifie^que c’est par la diversité et la quantitéde ses* feux qu’est produite sa force. Cléanthedit que ce nom signifie que le point du lever dusoleil est variable. Cornificius pense que le nomd’Apollon vient d’avanoieiv-, c’est-à-dire que lesoleil, lancé par son mouvement naturel dans leslimites du cercle du monde, que les Grecs appel-lent pôles, est toujours ramené au point d’oùil est parti. D’autres croient que le nom d’A-pollon vient d’àTroWvôvTa, faisant périr les êtresvivants. Il fait périr en effet les êtres animés,lorsque, par nue chaleur excessive, il produit lapeste. C’est pourquoi Euripide dit, dans Phaë-thon :
« Soleil aux rayons dorés, puisque tu m’as« donné la mort, tu mérites bien le nom d’Apoi-« Ion que te décernent les mortels. »
Archiloque dit de même :
« O puissant Apollon, punis les coupables et« fais-les périr, comme tu en as le pouvoir ».
Enfin on désigne ceux que la maladie con-sume, par les mots d’à^oXXiovoêXiito't (frappés
£>; oü/i xm noXXûv xai çaüXtov obaiüv tou rrjfôî orra :(prima enim nominis lilera retinet significationem negandi,J] ôn (lôvo; t<rri, xai ov/\ 7toXXoi. Nam et latinitas eum,quia tantam claritatem solus obtinuit, solem vocavit)Speusippus, quod ex multis ignihus constet vis ejus, o>;àrrô xoXXüv oboiiôv 7ivpô; aùroù auvearüroî : Cleanllies, w;àxx’ 4XXwv xai âXXwv xi; àvxToXàç noioup.Évou, quod abaliis atque aliis locorum declinalionibus faciat ortus. Cor-nificius arbitratur, Apollinem nominatum ànô toü àvarro-Xeïv, id est, quia intra circuitum mundi, quem GræciiréXov appellant, impetu latus ad ortus refertur. Alii cogno-minatum Apollinem putant, wç àTroXXûrra rà Çüx. Exa-nimat enim et perimit animantes, cum pestem intempériecaloris immitlit, ut Euripides in Phaëthonte :
’Q jy;uao?Effh flXi’, û; (*■’ àmolEaa ;,
"OSev a’ ’ArcoXXwv èpçavü; xXriffei (S?otô;-item Arc’nilocbus :
’A'.x; 'ATroXXtov, xai a*J, vob; pèv aixioo;
nr,[iaive, xai açâ; 6XX u* wairep ôXXueiç.
Oenique inustos morbo ’AitoXXuvoSXrjTOVî xai 'HXioSX^tou;
par Apollon) et d’-^XtoêLiiiTol (frappés par lesoleil). Et comme les effets bienfaisants ou nui-sibles, du soleil et ceux de la lune sont semblablesentre eux, les fëmmes affectées de leurs maladiespériodiques sont dites frappées par Sélène , etfrappées par Arthemis (la Lune). Les simulacresd’Apollon sont ornés d’un arc et de flèches,lesquelles figurent la force des rayons que lancele soleil. Ce qui a fait dire à Homère :
« Mais ensuite Apollon les frappe (les Grecs),« en leur lançant un trait mortel ».
Le soleil est aussi l’auteur de la santé publi-que , que l’on considère comme produite par l’ef-fet de sa température sur les êtres animés. Etattendu que le soleil n’est pestilentiel qu’acci-dentellement et rarement, et qu’au contraireil est le principe de la salubrité habituelle, lesstatues d’Apollon portent les Grâces dans la maindroite, et tiennent de la gauche l’arc et lesflèches ; ce qui indique que le soleil est lent ànuire, et qu’il prodigue la santé d'une main plusprompte. On attribue à Apollon le pouvoir deguérir, parce que la chaleur modérée du soleilfait fuir toutes les maladies. Aussi en est-il quicroient que son nom vient d’àiuEXauvovTa tàçvôaouç (détournait les maladies), dont on auraitfait aTrôXXiova pour à-irÉXXwva. Cette interprétation,qui concorde avec la signification latine de cemot, nous a dispensés de traduire du grec lenom du dieu; en sorte que, quand nous disonsApollon, il faut entendre aspellens mala (re-poussant les maux), dans le même sens que lesAthéniens appellent ce dieu Alexikakos (Sauveurdu mal). Les Indiens honorent Apollon Loimios,surnom qu’ils lui donnèrent après la cessationd’une peste.
Nos rites sacrés favorisent aussi l’opinion quiconsidère Apollon comme le dieu de la salubritéet de la médecine ; car les vierges vestales l’in-
appellant. Et quia similes sunt solis effectua lunæ îd ju-vando nocendoque, ideo feminas certis afflictas morbisSeXtjvoSX^tou; xai ’ApTegxSoêXiÔTou; vocant. Hinc est, quodareu et sagittis Apollinis simulacra decorantur : ut persagittas intelligatur vis emissa radiorum. Unde Homerus :
Abràp Exeit’ abroîai fiéXo; lyznanài éçieiç,
BâXX’.
Idem auctor est et publicæ sospitalis, quam creditur solanimantibus præstare temperie. Sed quia perpetuam prae-slat saiubritatem, et pestilens ab ipso casus rarior est;ideo Apollinis simulacra manu dextra Gratias gestant,arcum cum sagittis sinistra : quod ad noxam sit pigrior,et salutem dextra manus promtior largiatur. Hinc est, quodeidem attribuitur medendi potestas ; quia tempeiatus soliscalor morborum omnium fuga est. Nam <bç â7reXaûvovraxi; vôaou;, ’AirôXXwva, taDquam 'AitéXXtdva cognomina-tum putant. Quæ sententia latinæ quoque nominis enun-tiationi congruens fecit, ne hnjus Dei nomen verteremus :ut Apollinem aspellentem mala intelligas, quem Athénien-ses ’AXeÇixaxov appellant. Et Lindii colunt Apollinem Aoî-