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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

l’excite tantôt à la colère, tantôt au courage,tantôt aux excès passagers de la fureur, sentimentsd’où naissent les combats. C’est pour exprimercette force qu’Homère, en la comparant au feu,a dit :

« La fureur (d’Hector) était semblable à celle«éde Mars lorsqu’il fait vibrer sa lance, ou bien« à celle du feu destructeur. »

De tout cela on peut conclure qu’on appelleMars cet effet du soleil qui produit l’ardeurdes esprits et excite la chaleur du sang.

Des autorités d’un grand poids prouvent aussique Mercure est le môme que le soleil. En effet,on peut croire qu’Apollon est le même que Mer-cure, soit parce que, chez plusieurs nations,l’astre de Mercure porte le nom d’Apollon, soitparce qu’Apollon préside le chœur des Muses,et que Mercure est le dieu de la parole, qui estl’attribut des Muses. Il est en outre plusieursmotifs de croire que Mercure est pris pour le soleil.D’abord les statues de Mercure ont des ailes,ce qui fait allusion à la vélocité du soleil. En effet,nous regardons Mercure comme le dieu de l’in-telligence , et nous pensons que son nom vientde lpp.T)VEÔeiv (interpréter). D’un autre côté, lesoleil est l’intelligence du monde et la vélocitéde l’intelligence est extrême. Elle est, ainsi quele dit Homère,

« Rapide comme l’oiseau. »

Voilà pourquoi on donne des ailes à Mercure,commepour indiquer la nature du soleil. Les Égyp-tiens rendent cette preuve plus évidente, en repré-sentant le soleil sous la forme d’une statue ailée.Ces simulacres n’ont pas tous la même couleur. Lesuns sontbleus, les autres d’une couleur claire. DesÉgyptiens appellent ceux de couleur claire, supé-rieurs; et eeüx de couleur bleue, inférieurs. Orle soleil est qualifié inférieur, lorsqu’il parcourt

In summa pronuntiancluni est, effeclum solis, de quofervor animorum, de quo calor sanguinis cxcitatur, Mar-ient vocari. Ut vero Mercurius sol probelur, superius edo-cta suffragio sont. Eundem enim esse Apollinent atqueMercnrium, vel bine apparct, quod apud multas gentesStella Mercurii ad Apollinis nomen refertur; et quodApolloMusis præsidet; Mcrcurius sermoncm, quod estMusarum muniis, imper lit. Præter hoc quoque Mercnriumpro sole censeri, multa documenta sunt. Prirnum, quodsimutacra Mercurii pinnatis alis adornantur, quse resmonstrat solis velocilalem. Nam quia mentis potentemMercurium credinius, appellatumque ita intelligimus ornéxoû tf>p.r]veOeiv, et sol mundi mens est, summa autein estvelocitas mentis, ut ait Homcrus :

'Ciaû itrepôv l'z vôr-ii'x-

ideo pinnis Mercurius quasi ipsa natura solis ornalur. Hocargumentent Ægyptii lucidius absolvant, ipsius solis si-mulacra pinnata fingentes, qiiiluis color apud illos nonunus est. Alterum enim cærulea specie, allerum clarafingunt. Ex bis clarum superuin, et cmnileum inferumvocant. Inferi autem nomen soli datur, cuin in inferiorebeinispbærio, id est, hienialihiis siguiscursum suum per-

l’hémisphère inférieur, c’est-à-dire les signes del’hiver; et il est qualifié supérieur, lorsqu'il par-court dans le zodiaque les signes de l’été. Lamêmefiction, sous une autre forme, existe à l’égardde Mercure, considéré comme ministre et messa-ger entre les dieux du ciel et ceux des enfers. Deplus,il est surnommé Argiphontès, non pouravoirtué Argus, qui, dit-on, ayant la tête pourvued’yeux dans tout son contour, gardait, par ordrede Junon, Io, fille d’rnachus, sa rivale, métamor-phosée en vache ; mais parce que, dans cette fic-tion, Argus figure le ciel qui est parsemé d’étoiles,lesquelles paraissent en quelque sorte être sesyeux. Le ciel a été appelé Argus, des mots grecsXeuxô? et va/yi, qui signifient éclat et vélocité. Parsa position supérieure, il semble considérer laterre, que les Égyptiens désignent, dans leurscaractères hiéroglyphiques, sous la figure d’unevache. Argus tué par Mercure signifie la voûte duciel ornée d’étoiles, que le soleil tue, pour ainsiparler, en les obscurcissant, et en les dérobant parl’éclat de sa lumière aux yeux des mortels. Onreprésente aussi Mercure sous la forme d’un bloccarré, n’ayant de modelé que la tête, et le membreviril en érection. Cette figure signifie que le soleilest la tète du monde et le procréateur des choses,et que toute sa force réside dans l’intelligence,dont la tête est le siège, et non dans les fonctionsréparties entre les divers membres. On donne àcette figure quatre côtés, par la même raisonpour laquelle ori place le tétraehorde au nombredes attributs de Mercure. Le nombre quatre faitallusion, ou au nombre pareil des parties dumonde, ou bien aux quatre saisons qui embras-sent la durée de l’année, ou enfin à la division duzodiaque en deux équinoxes et en deux solstices.C’est ainsi que la lyre à sept cordes d’Apollonest considérée comme l’emblème du mouvement

agit: superi, cum partent Zoiliacl amhit æstivam. Ivoirincirca Mercnrium sub alia fabula lictio est, «mu inter supe-ros et inlerus Deos aibninisler ac nmilius existimatur.Argiphontes præterea cognotninaliir, non quod Argmn pu-rement, quem fernnt per ambition capitis mnlloruinoculoruinluminibusoniatuin, cuslodisse Junonis imperiaInaclii filiani Io, cjus Deæ pellicem, conversant in bovisformain : sed sub luijusccinodi fabula Argus est cudumstellarum luce distinction, quibus inesse quædam speciescudestium videtur oculorum. Cœlum autem Argmn voci-tari placuit a candore et velocitate, 7iapà to ÀE'jxov xalta/V- Et videtur terrain desuper observant : quant Ægy-ptii bieroglypbicis literis cum signare volunt, poninit bo-vis figurant. Is ergo ambilus cœli, stellarum lutninibusornatus, lune cxislimatur enectus a Mereurio, cum soldiurno tempore obseurando sidéra velut eneevt, vi lumi-nis sui conspectum coruin auferendo morlalibus. l’iernqueetiam siimilucraMercurii quadrato statu tiguranlur, solocapile insignita, et virilibus crcclis. Quæ figura signiticat,soient mundi esse capul, et rermn saturent, oiiiitemquovint ejus non in qiimlam divisorum ministerio niembro-runt, sed in sola mente consistera, cujus sedes in capile