LES SATURNALES.
30 »
des sphères célestes, a qui la nature u donné lesoleil pour modérateur. Il est encore évident quec’est le soleil qu’on honore sous le nom de Mer-cure, d’après le caducée que les Égyptiens ontconsacré à ce dieu, sous la figure de deux serpents,mille et femel le, entrelacés. Ces serpents se tiennentensemble par le milieu du corps, au moyen d’unnœud dit nœud d’Hercule. Leurs extrémitéssupérieures se replient en rond, et, se baisant mu-tuellement, forment un cercle; tandis que leursqueues, après avoir formé le nœud, viennentaboutir au manche du caducée, et sont garniesd’ailes qui partent de ce môme point. Les Égyp-tiens appliquent la fiction du caducée à la géné-ration des hommes, appelée (en grec) y&vTjoic.Ils disent qu’il y a quatre dieux qui présidentà la naissance de l’homme : Saigtov ( le génie indi-viduel), tu^t) (la fortune), Épio; (l’amour), àvayxy)(la nécessité). Par les deux premiers, ils enten-dent le soleil et la lune. Le soleil, étant le principede la chaleur et de la lumière, est l’auteur et leconservateur de la vie humaine : c’est pourquoiil est regardé comme le démon, c’est-à-dire ledieu du nouveau-née. La lune est appelée xfyr] (lafortune), parce qu’elle est la divinité des corps,lesquels sont sujets aux chances fortuites desévénements. L’amour est figuré par le baisementdes serpents; la nécessité, par le nœud qu’ilsforment. Nous avons expliqué plus haut pour-quoi on leur donne des ailes. Ën suivant cetteinterprétation, le motif qui avait fait choisir pourallégorie des serpents au corps onduleux doitêtre le cours sinueux des deux astres.
est. Quatuor latcra eadem ratione lingunlur, qua et tetra-cliordum Mcrcurio crcditur allribulum. Quippc signifientliie. numéros veltotidcm plaças inundi, vel quatuor viceslemponmi, quibus anuus iucluditur; vel quod duolmsæquinoctiis duohusque solstitiis Zodiac! ratio distinclaest : ut lyra Apollinis chordarmn septem Iota cœlestiumspha-rarom motus pra-stat intclligi, quibus solem mode-ratorem natura constitua. In Mcrcurio solem coli etiamex caduceo elaret, quod Ægyptii in specie drnconmn mariset ioniinæ conjunctorum figuraveront Mcrcurio consecran-dinn. Ilidraconcs parte media voluminis sui invieem nodo,quem vocant Herculis, obligantur : primæquo partes co-rum rellcxæ incirculum, pressisoseulis ambitum circulijungunt : et post nndum caudæ revocantur ad capulumeadueei, ornunturque alis ex eadem eapuli parte nascen-tibus. Argumenlum eadueei ad geniturnm qnoque lioini-num, qua; genesis appellatur, Ægyptii protendunl, Deospncstiles homini naseenli quatuor adesse memorantes,Sotigova, xû)(r|v, Ipaixa, àvâyxrjv : et duo priores Solem acLuuain inlelligi volunt, quod Sol anctor spiritus caloris,ac lominis Immaiia! vite- genitor et cuslos est ; et idco na-scculis dæmon, id est, Deuscrcditur : Lima tuxï), quiacorporum præsul est, qua- fortuitoi uni varictate jactan-tur. Amor osculo slgnillcatur : nécessitas nodo. Cur pinnœadjiciantur, jam superius absolutnm est. Ad Imjusmodiargumenta draconum præripuo vuluincn eleclum est,prnpter iter ntriusque silerisllexuosum.
CHAPITRE XX.
Qu’Esoulape, Hercule, Salus, ainsi qu’Isis et Sérapis,sont la même divinité que le soleil.
C’est parce qu’EsculapeetSalus sont les mêmesdivinités que le soleil et la lune, qu’on donne unserpent pour attribut à leurs statues. Esculapeest cette force salutaire, émanant de la substancodu soleil, qui soutient les esprits et les corpsdes mortels. Salus est cet effet propre à la lune,qui maintient les corps animés dans un état desanté. On joint à leurs statues des figures de ser-pents, parce que ce sont ces divinités qui fontquele corps humain, dépouillant, pour ainsi parler,la peau de la maladie, recouvre sa primitive ver-deur; de même que les serpents rajeunissentchaque année, en se dépouillant de leur peau.C’est aussi par la même raison que le serpentreprésente le soleil, parce que cetastre est tou-jours ramené du point de sa plus grande décli-naison, qui est en quelque sorte sa vieillesse, àcelui de sa plus grande hauteur, où il semblerecouvrer 1a force de la jeunesse. On prouve aussique le serpent ( draco ) est un des principauxemblèmesdu soleil, par son nom formé de îipxetv,qui signifie voir. Son œil perçant et vigilant par-ticipe, dit-on, de la nature du soleil. Aussi dési-gne-t-on.le dragon comme gardien des temples, desoracles, des édifices publics et des trésors. Quantà Esculape, ce qui prouve qu’il est le même qu’A-pollon, c’est non-seulement qu’il est regardécomme son fils, mais encore qu’il partage avec luila prérogative de la divination. Car Apollodore,dans l’ouvrage intitulé Des Dieux, dit qu’Es-
CAPUT XX.
Quin Æsculapium quoque, et Salutem, fl Herculem, fl cum
laide ipsum etiam Serapin, alios quam Solem Deos non esse.
Mine est, quod simulacris Æsculapii et Salulis dracosubjungitur, quod hi ad Solis naturam Luua'que referun-tur. Et est Æsculapius vis salubris de suhstantia solis,subveniens auiiniscorporibusque mortaliuin : Salus aiileinuaturæ luuaris effectus est, quo corpora aiiimantium ju-vautur salutifero lirmata teniperamento. Idco ergo simu-lacris connu jiinguntur liguræ draconum, quia præslant,ut buinana corpora, velut inlirmilnlis pelle deposila, adpristimnn revirescant virorem, ut virescunt draconcs peraunos singulos, pelle senectutis exula. Proplerea et ad ip-sum solem species draconis refertur, quia sol semper,velut a qtiadam imœ depressionis senecta, in altiludinemsuam, ut in robur revertilur juventutis. Esse autem dra-conem inter prancipua solis argumenta, eliam nominis li-ctione monstratur, quod sit nuncupatus àrcè xoù Sépxetv,id est, videre. Nam feront, linne serpentem acie aculis-sima et pervigili naturam sideris luijns imitari ; atque idcoædiurn, adytorum, oraculorum, tbesaurorum custodiaindraeonibus assignari. Æsculapium vero eundem esseatqusApollinem, non solum bine probatur, quod ex illo natus c.re-dilur; sed quod ei et jus divinationis adjungitur. Nam Apol-lodorus in libris, quibus titulus est icepl Oeüv, scribit, quodÆsrulapius divinalionibus et auguriispræsit. Nec mirum -