Buch 
Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
Entstehung
Seite
211
JPEG-Download
 

LES SATURNALES.

«Ionien, rend un culte qu'on peut dire extraordi-naire à Sérapis et à Isis, mais elle témoigne que,sous ces noms, tout ce culte se rapporte, au soleil;soit lorsqu’elle place sur la tète de la statue uncalathus, soit lorsqu’elle place auprèsde ce simu-lacre l image d’un animal à trois têtes : celle dumilieu, qui est aussi la plus élevée, appartient àun lion; celle de droite est d’un chien, à l’air douxet caressant) et celle de gauche est d’un louprapace. Un serpent entoure de ses noeuds le corpsde ces animaux, et sa tète vient s'abaisser sous lamain droite du dieu. Or, la tète du lion figure letemps présent, qui, placé entre le passé et l’ave-nir, jouit d’une force énergique par le faitdesonaction actuelle. Le temps passé est figuré par latête du loup, parce que le souvenir des chosespassées est enlevé et dévoré. La tête caressante duchien désigne lesévénements futurs à l’égard des-quels l’espéranee nous flatte, bien qu’incertaine :à qui cependant le temps obéirait-il, si ce n’estàcelui qui en est l’auteur? Le calathusqui surmontela tête de la statue figure la hauteur du soleil etla puissance de sa capacité, qui est telle que tousles éléments terrestres reviennent en lui, enlevéspar la force de la chaleur qui émane de son sein.Voici maintenant ce qu’un oracle a prononcé tou-chant le soleil, ou Sérapis. Sérapis, que les Egyp-tiens proclamèrent le plus grand des dieux, con-sulté par Nieocréonte, roi de Chypre, pour savoirquelle divinité il était, satisfit par ies vers sui-vants à la religieuse curiosité de ce roi :

« La nature de ma divinité est celle que je vais« te faire connaître. Ma tête est l'ornement du ciel,• mon ventre est la mer, mes pieds sont la terre,

capiti ej,| S hifigunt, Tel dum simulacre signuin IricipitisanimanUs adjungunt, quod exprimit medio eodemqttemaximo capite lconis efligiem. Dextera parte caput canisexoritur, mansuela specie blandientis. Pars vero lævacervicis, rapacis lupi capite (initur ; easque formas anima-limn draco connecta volumine slio, capite redeunte adI)ei dexterain, qua compescitur monstrum. Ergo lconiscapite monstralur præsens lempus : quia conditio ej'us in-ter pnrtcrltum fuiurnmqiie aciu præsenli valida fervens-que est. Sed et prarteritum lempus lupi capite signalur,quod memoria rerum Iransactarum rapilur et aufertur.Item canis blandientis effigies futur! lemporis désignâteventum; de quo nobis spes, lient incerta, blanditur.Tcmpora autem cui, nisi proprio famularentur auctori?cujus vertex inslgnilus calatho, et altitudinem siderismonstrat, et potentiam capacilalis ostentat : quia in eumoninia terrcim redeunt, dum iminisso ealore rapiuntur.Aeelpe nnne , quod de Soie vel Serapi pronuntictur ora-culo. Nam Sérapis, quem Ægyptii Dciun maximum pro-diderunt, oratusa Nicocreonte Cypriorum rege, qnis Dco-rum haberetur, Ids versibus sollicitant religioueni regisinstruxit :

Eipi 0si; toïo; Si paOsïv, oiov xàyù tinta.

Oùpâwo; xôap. 0 ; xeç»Xt?i, yatrrflp 8è OaXacraa,

Taïa BÉ pot trofie; etai, và 5’ ouav’ Èv atûépi xeîvat.

’Optpd te TtiXauyè;, Xap-pov tfioç TjsXtoio.

« mes oreilles sontfair, et mon œil resplendissant« au loin est la lumière brillante du soleil. »D’après cela il est clair que Sérapis et le soleilsont une seule et même divinité. On joint à sonculte celui d’Isis, qui est, ou la terre, ou lanature des choses qui sont sous le soleil. De làvieut que tout le corps de la déesse est couvertde mamelles, serrées l’une sur l’autre, parce quela nature ou la terre nourrit toutes choses.

CHAPITRE XXL

Qu’Adonis, Altis, Osiris, et Horus, ne sont autresque le soleil ; et que les douze signes du zodiaque serapportent à la nature du soleil.

On ne doutera pas non plus qu’AdoniS ne soitle soleil, si l’on considère la religion des Assy-riens, chez lesquels florissait autrefois le cultede Vénus Architis et d’Adonis, lequel est passémaintenant chez les Phéniciens. Or les physi-ciens ont attribué le nom de Vénus a la partiesupérieure, que nous habitons, de l'hémisphèreterrestre; et ils ont appelé Proserpine la partieinférieure de cet hémisphère. Voilà pourquoiVénus, chez les Assyriens et chez les Phéniciens,est en pleurs lorsque le soleil, parcourant danssa course annuelle les douze signes do zodiaque,entre dans la partie Inférieure de l’hémisphère;car, des douze signes du zodiaque, six sont ré-putés inférieurs, et six supérieurs. Lorsque lesoleil est dans les signes inférieurs, et que, parconséquent, les jours sont plus courts, la déesse

Ex bis apparet, Sérapis et solis unain et individuam essenaturam. Isis junctareligione celebratur, quæ est vel terra,velnatura rerum subjacens soli. HinC est, quod conlinua-tis uberibus corpus Deæ omne densetur, quia terras velrenini naturæ al tu outritur universités.

CAPUT XXI.

Adonln, Attlnem, Osirin, et Horum, aliud non esse quamSoient. Præterea et duodecim signa Zodiad ad naturamSolis referri.

Adonin quoque Solem esse non dubitabitur, inspectareligionc Assyriorum, apud quos Veneris Architidis etAdonis ntaxima olim veneratio viguit, quam nttnc Pltoe-nices tenent. Nam plivsici terrae supérius bemisphærium,cujus partent incolimus, Veneris appellatione cnluertint;inferius vero heimsphærium terne Proserpinam vocaverunt.Ergo apud Assyrlos, sive Plioenicas, lugens indticitur Dca.quod Sol anmio gresstt per duodecim signorttm ordinempergens, partent quoque liemispltarii inférions ingreditur;quia de duodecim signis Zodiaci sex sttperiora, sex Infe-riora censentur : et eum est in inferioribus, et ideo dfesbreviores facit, lugere crcditur Dea, tanqtiain Soleraptumorlis lemporalis amisso, et a Proserpina retento; quamniimcn terræ inferioris circuli et antipodinn diximus. Rttr-

14 -

»