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est censée pleurer la mort temporaire et la priva-tion du soleil, enlevé et retenu par Proserpine,que nous regardons comme la divinité de l’hé-misphère inférieur, appelé par nous antipodes.On veut qu’Adonis soit rendu à Vénus, lorsquele soleil, ayant accompli la traversée annuelledes six signes inférieurs, commence à parcourirle circuit de ceux de notre hémisphère, avecaccroissement de lumière et prolongement dujour. On dit qu’Adonis fut tué par un sanglier :c’est qu’on veut figurer l’hiver par cet animalau poil rude et hérissé, qui se plaît dans les lieuxhumides, fangeux, couverts de gelée, et qui senourrit de gland, fruit particulier à l’hiver. Orl’hiver est comme une blessure pour le soleil,dont il diminue pour nous la lumière et la cha-leur ; ce qui est aussi l’effet que produit la mortsur les êtres animés. Vénus est représentée sur lemont Liban, la tête voilée, l’attitude affligée,soutenant son visage dans les plis de sa robe,avec la main droite, et paraissant verser deslarmes. Cette image, outre qu’elle représente ladéesse pleurant pour le motif que nous avonsdit plus haut, figure aussi la terre pendant l’hi-ver, époque à laquelle, voilée par les nuages etprivée du soleil, elle est dans l’engourdissement.Les fontaines, qui sont comme les yeux de laterre, coulent abondamment, et les champs dé-pouillés de leurs ornements n’offrent qu’un tristeaspect. Mais lorsque le soleil s’élève au-dessusdes régions inférieures de la terre, lorsqu’il fran-chit l’équinoxe du printemps et prolonge la duréedu jour, alors Vénus est dans la joie. Les champss’embellissent de leurs moissons, les prés de leursherbes, les arbres de leur feuillage. C’est pour-quoi nos ancêtres consacrèrent le mois d’avril àVénus.
snmque Adonin redditnm Veneri crcdi volimt, cum solevictis sex signis annuis inferioris ordinis incipit noslricirculi lustrare hemispliærium cum increniento luminis etdierum. Ab apro autcm tradunt interemlum Adonin, hie-mis imaginem in hoc animali fingentes ; quod aper liispi-dns et asper gaudet locis humidis et lutosis, prninaquecontectis, propricque hiemali fructu pascilnr, glande.Ergo liiems vcluti vulnus est solis, qnæ et lucem ejusnobis minuit et calorcm ; quod ulrumque animantibusaccidit morte. Simulacnim liujus Dcæ in monte Libano(ingitur capite obnupto, specic tristi, faciem manu lævaintra amictum sustinens, lacrimæ visionc conspicienliummanare creduntur. Qnæ imago, prætcrquam quod lugen-tis est, ut diximus, Deæ, terrai quoquc liiemaiis est ; quolempore obnupta nubibus, sole viduata stupet, fontesqueveluti terrtc oculi uberius manant, agrique intérim suocultu vidui moestam faciem sui inonstrant. Sed cum solemersit ab inferioribus partibus terri», vernalisque snqui-noctii transgreditur fines, augendo diem : tune est et Ve-nus læta, et pulchra virent arva segetibus, prata lierbis,arbores foliis. Ideo majores nostri Aprilem mensem Veneridicaverunt. Similiter Phryges fabnlis et sacrorum admi-
Les traditions et les diverses cérémonies reli-gieuses qui existèrent jadis chez les Phrygiens,bien que différentes de celles qui précèdent,donnent les mêmes choses à entendre A l’égardde la mère des dieux et d’Attis. Qui doute eneffet que cette mère des dieux ne soit la terre?La déesse est portée par des lions, animauxd’une force ardente et impétueuse, ce qui estaussi la nature du ciel, dans le contour duquelest contenu l’air qui porte la terre. On donnepour attribut au soleil, sous le nom d’Attis, uneverge et une flûte. La flûte comporte une série desouffles inégaux; ce qui désigne l’inégalité desvents, dont la substance émane de celle du soleil.La verge témoigne la puissance du soleil, quirégit toutes choses. Parmi toutes les cérémoniesdes Phrygiens, la principale circonstance dont onpeut conclure qu’elles se rapportent au soleil,c’est que, d’après les rites de ce peuple, la findu déclin de l’astre étant arrivée, et avec ellela simulation du deuil ayant cessé, on célèbre larenaissance de la joie le 8 des calendes d’avril,jour qu’ils appellent des Hilaries, et qui est lepremier que le soleil fait plus long que In nuit.
La cérémonie qui a lieu chez les Égyptienslorsqu’ils pleurent Osiris, est lamêmechose sousd’autres noms; '•aron n’ignore pasqu’Osiris n’estautre que le soleil, et Isis, comme nous l’avonsdit, la terre, ou la nature. Pour les mêmesmotifs que ceux qui concernent Adonis et Attis, lareligion de l’Égypte prend aussi alternativement,suivant les phases de l’année, les marques de lajoie, ou du deuil. De plus les Égyptiens 1 , toutesles fois qu’ils veulent exprimer dans leur écriturehiéroglyphique qu’Osiris est le soleil, graventun sceptre, sur lequel est sculptée la figure d’unœil. Cet emblème représente Osiris, et signifie
nislrationibus immutatis, circa matrem Deum, et Atlinomeadem intelligi præstant. Quis enim ambigat, malrcinDeum terrain haberi? Ilæc Dea leonibns vehitur, validigImpctu atque fervore animalibus; qnæ nalura coeli est,cujus ambitu aer contincliir, qui veliit terrain. Solcm verosiih noinine Attinis ornant fistula et virga. Fistule ordineinspiritus inæqualis ostendit; quia veuti, in quibus miliajequalitas est, propriani sumiint de sole siibstantiam.Virga potestatem soldassent, qui ciincta inoderalnr. Præ-cipuam antcm Solis in bis cæriinoniis verti rationem,bine etiam potest colligi, quod riln eortim eatabasi Imita,simnlationeqiie luctiis pcracta, celcbratur lætitiæ exor-dium a. d. octaviim Kalendas Aprilis : quem diem llilariuappellant, quo priinum tempore sol diem longiorem noeleprotendit. Idem sub diversis nominibus religionis effectuaest apud Ægyptios, cum Isis Osirin luget. Nec in occultoest, neque aliud esse Osirin, quant solcm, nec isin aliudesse, quam terram, ut diximus, naturamvererum : eadem-que ratio, qnæ circa Adonin et Attineinvcrtitur, in Ægyptiaquoque religion» luctuin et lœtiliam vicibus anniiæ adini-nistrationis alternat. Ilinc Osirin Ægyptii, ut solcm esseasserant, quoties bieroglypliicis lilcris suis exprimere vo-