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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, L1V, IL

personnages du caractère le plus grave; car jevais vous parler d’un repas que donna un pontifedans les siècles reculés, et qui est décrit en cestermes dans l’Index de Mélellus, le souverainpontife :

<i Le neuvième jour avant les calendes de sep-t tembre, qui fut celui auquel Lentulus fut inau-« guré (lamine de Mars, sa maison fut décorée« de la manière suivante : dans la salle du festin« furent dressés des lits d’ivoire, sur deux des-i quels étaient couchés les pontifes Q. Catulus ,« M. ÆmiliusLépiduSj D.Silanus, C. César roi des« sacrifices, P. Scévola Sexlus, Q. Cornélius,P..< Volumnius, P. Albinovanus, et L. Julius Cé-« sur, augure, qui fit la cérémonie de l’iuaugura-« tion de Lentulus; le troisième lit était occupé« parPopilia,Perpennia,LiciniaetArruntia, vier-« ges vestales, par la (lamine Publicia, femme de« Lentulus, et par sa belle-mère Scmpronia. Voici« en quoi consista le festin : avant-repas, hérissons« de mer, huîtres crues, tant qu’on en voulut,« palourdes, spondyles, grives, asperges, poule« grasse sur un pâté d’huîtres et de pelourdes,« glands de mer noirs et blancs, encore desspon-«dyles, glycomnrides, orties de mer, beeîigues,

« rognons de chevreuil et de sanglier, volailles« grasses enfarinées, beeîigues, murex et pour-« prqs. Repas; tétines de truie, hures de san-ie glier, pâtés de poisson, pâtés de tétines de« truies, canards, cercelles bouillies, lièvres, vo-« laillcs rôties, farines, pains du Picénum. »

A qui désormais pouvait-on reprocher le luxe ,lorsque le repas des pontifes était composé detant de mets? Il est certaines espèces de platsdont on rougit de parler. Cincius, en proposant laloi Panifia, reprocha à son siècle qu’on servait

« (las Septembris, quo die Lentulus flmncn Mailialisinau-n gurnliis est, domus ornata luit. Triclinia lectis eburneis« strata l'iicrunl. Dunbiis tricliniis ponlilices culnicrnnt,a Q. Catulus , IM. ÆmiliiisLepidus, I). Silauus, C. Cicsar« rex sacrorum, l>. Se.œvola Sexlus, Q. Cornélius, 1>.

« Volumnius, l>. Albinovanus, et L. Julius Cœsar autour,

« qui euin inauguravil. tu tertio trielinio Popilia, Pcrpen-« nia, Licinia, Arrunlia, virgines Vestales et ipsius uxorn Publicia llaminica, et Scmpronia sucras cjus. Cerna hæcn fuit. Ante cmnani ccbinos, ostreas c,rodas, quantum„ " , spbondylos, turdum, asparagus;

n subtus cailinam altilem, patinnm ostrearum, peluridmn,

.. 'lia Innés nlgros, bnlanos albos : iterum spbondylos,

« glycomnriilas, urlicas, liccdulas, lumbos, capragincs,

« apruguos, allilia ex farina involuta, liccdulas, muriees« et pur[iuras. In cu-na somma, sinciput npiugiiuin, ira-it linam pisclum, palinaui suminis, anales, querqiicdulas.. elixas, leporcs, allilia assu, amyluin, panes Picentes. »llbi jam luxuria tune aceusarelur, quando toi rebus farlaluit canin ponlilictimi' lpsa veru edulinm généra, quantdiclu turpia? Pinin Cincius in suasiunc legis Pannia! objecitscculo suo, cpiod porciim trojaïuini uiensis inférant.Qucm illi ideo sic vocnbanl, tpiasi aliis inclusis animait-lais graviduin; ut ille trojamis equus gravidus armatis

sur les tables le porc Iroyeii. On l’appelait ainsi,parce qu’on le remplissaitd’autres animaux, com-me le cheval de Troie eut les flancs remplis degens armés. Cette intempérance de la bouche,voulait aussi qu’on engraissât les lièvres commele témoigne Varron , qui, dans le troisième livrede son traité De l’agriculture, dit, en parlantdes lièvres : « L’usage s’est établi depuis peu de« les engraisser ; on les tire de la garenne pour les« renfermer dans des caves fermées, où ils devien-« lient gras. » Si quelqu’un s’étonne de ce quedit Varron , de cette manière d’engraisser les liè-vres, qu’il apprenne quelque chose de pluséton-nunt encore : le même Varron , dans le même li-vre, parle des limaçons engraissés. Celui qui vou-dra lire le passage pourra recourir là où je viensd’indiquer. Au reste, je n’ai prétendu ni nous pré-férer ni môme nous comparer à l’antiquité; maisj’ai voulu seulement insister sur l’assertion d’Ho-rus, qui reprochait à l’antiquité, comme cela estvrai, d’avoir apporté plus de recherche dans lesplaisirs, que notre siècle.

CHAPITRE X.

Que les anciens Romains ont considéré l’Iiahileté dans lechant et dans la danse , non pas seulement comme untalent d’bisti ion, mais mémo qu’ils l’ont classée parmiles exercices désnonorants.

Eurius Albin, non moins versé que Cécina, dansla connaissance de l’antiquité, reprit : — Jem’étonne que tu n’aies point fait mention de lagrande quantité de provisions que les anciensétaient dans l’usage de se faire apporter de lamer, quantité qui, comparée avec les habitudes de

luit, lixigebat boc qnoqoo ilia gulæ intemperanlia, nt clleporcs saginarentur, teste Varronc, qui de Agncnllnralibre tertio, cnm de leporibns loqneretur, sic ait : « Hoc« quoque imper insliliifum, nt saginarentur, cnm exre-« plosc leporario coudant in cavcis, et lo.co rlanso facianl« (lingues. » Si o.ni boc niirnm videlur, quod'it Varro,leporcs ætate ilia solitos saginari; accipiat illnd , qiimlmajore adniiralionosil digimm, coclileassaginatas, qnodidem Varro in eodem libro rclert. Verba ipsa qui voletlegere, ubi quærere debeat, indicavi. Neqne ego mineanliquilali nos præferemlos, vel comparamlos dico; sedrespondi objurganli tloro, asserens, uti res liabet, nia-jorem illis seculis deliciarum curam fuisse, quam nostro.

CA PUT X.

Sallamll cantandique studium, alque adeo ne ldslrionicamquidein, apud vetustiores Romanos Inter turpia nominaluin fuisse.

Subjccit Furiiis Albinos,antiquitatis non minus, quamCæcina perilus : Miror, le, inquit, non retulisse, quantaillisalTlucntia marinamm procurari solila liicrit copiai uni ;cujus relalii maximaniconvivioriim noslrorum sobrielalem