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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACRO BE.

Quatre taureaux choisis, et d’une grande es-« pècc. «

JI dit choisis (eximios ), parce qu’ils sont séparésdu troupeau ( exmimtur ); prœslunti. corpore,d’une grande espèce, pour indiquer la qualité quia déterminé le choix. La victime ambarvalc est,comme le dit Pompéius Festus, celle que promè-nent autour des champs ceux qui sacrilient pourles fruits de la terre. Virgile fait mention de cetteespèce de sacrifice dans les Bucoliques-, en par-lant de l’apothéose deDaphnis :

« Tels sont les honneurs qui te seront toujours« rendus, soit lorsque nous solenniserons la fête« des nymphes, soit lorsque nous ferdns le tour« ( luslrabimus ) des champs. »

Dans ce passage, le verbe lustrareest synonymede circumire (aller autour), et c’est de là qu’estvenu le nom d’ambarvales, ab ambiendis agris,aller alentour des champs; et en effet on trouvedans le I er livre des Géorgiques le passage suivant :

« Que l’heureuse victime fasse trois fois le« tour des champs nouvellement ensemencés. »Ceux qui offraient des sacrifices avaient le soind’observer que si la victime que l’on conduisaitaux autels résistait avec violence, et témoignaitparla qu’on l’y traînait contre son gré, elle de-vait en être écartée, parce qu’ils pensaientqu’alors le dieu ne l’agréait pas : que si, au con-traire, elle se laissait offrir paisiblement, ilspensaient que le dieu l’avait pour agréable; delà notre poète a dit :

« Le bouc sacré, conduit par la corne, restera« ( stabü ) au pied des autels. »

Et ailleurs :

« Je placerai ( staluam ) devant vos autels un« taureau dont la corne sera dorée. »

Qunluor eximios præstanti corpore tauros.ubi quodeximuntur eximios, qiiod eliguntur præstanticorpore dicendo monslravit. Ambarvalis liostia est, utait Pompéius Festus, quæ rci divinæ causa cireur» arvaducitur ab liis, qui pro frugibus l'aciimt. Hujus sacrificiimenliouem in Bucolicis habet, ubi de apotlieosi Daplini-dis loquitnr :

Hæc tibi semper crunt, et cum soiemnia votaReddemus nympbis, et cum lustrabimus agros.ubi lustrare signifient circumire [fine enim videlicet etnomen hostiæ acquisitum est ab ambiendis arvis. Sed et inGeorgicorum libro primo :

Terque novas circum felix eat liostia fruges.Obscrvatum est a sacrilicantibus, ut, si liostia, quæ adaras dnccrctur, fuisset velieinenliiis reluctata, ostendis-sctque, se invitai» altaribus admoveri, amoverelur : quiainvilo Deo oiferri eam pulabant. Quæautem stetissel ob-lata, liane volenli nuniini dariexislimabant. Hinc noslcr :

Et (luctus, cornu slabit sacer Ilircus ad aras,et alibi :

El staluam ante aras aurata fronte juvencum.

Adeo auteni omnem pieialem in sacrificiis quæ Tliis exlii-bendasuut, posuit, m propter contrariai!! causam Mo-

ll fait tellement consister toute la piété dansles sacrifices qu’on doit offrir aux dieux, qu’ilqualifie Mézence de contempteur des dieux, pourune cause diamétralement opposée, lin effet, cen’est point, comme le pense Asper, pour avoir étésans pitié envers les hommes et sans aucun rap-port aux dieux, que Virgile a donné ce surnomà Mézence; car alors il l’aurait plutôt donné àBusiris, qu’il s’est contenté déqualifier, quoiqu’ilfût bien plus cruel, à’iUaudalum, indigne delouange. Mais le lecteur attentif trouvera le motifvéritable d’une épithète qui caractérise l’orgueil-leuse impiété de Mézence dans le I er livre desOrigines de Caton. Cet auteur raconte en effetque Mézence ayant ordonné aux Rutules de luioffrir les prémices qu’ils offraient aux dieux, tousles peuples latins, craignant un pareil ordre de sapart, avaient fait le vœu suivant : « Jupiter, situ as à cœur que nous t’offrions ces prémicesplutôt qu’à Mézence, fais-nous vainqueurs delui. » C’est donc pour s’être arrogé les honneursdivins, que Mézence a été justement qualifié parVirgile de contempteur des dieux. De là cettepieuse et pontificale imprécation :

« Voilà les dépouilles et les prémices d’un roi« superbe. »

Par cette dernière expression il fait rejaillir, surles dépouilles enlevées à Mézence, la dénomi-nation du fait pour lequel il subit sa peine.

CHAPITRE VL

Science admirable de Virgile dans la doctrine sacrée finitdes Romains que des peuples étrangers ; ce qui est dé-montré par les rites sacrés d’Apollon Délie» et d’Iler-cille vainqueur.

La science de Virgile touchant les doctrines

zentiuni vocaverit contemlorcm Deorum. Neqnecnim, utAspro videlur, ideo contcmlor Divum dictus est, quodsine respeetu Deorum in hommes impius l'uerit. Alioquinmulto magis hoc de Busiride dixisset; quoni longe cru-deliorcm, Hlmidalum vocasse contentas est. Sed veramhujus contumacissimi nominis causam in primo libro Ori-ginum Catonis diligens Icclor inveniet. Ait enim, Mezen-tium Rululis imperasse, ut sibi oli'errent, quas liiis primi-tias offerebant; et Latinos omues similis imperii metu itnvovisse : jupimteii. si. tibi. magis. cobiu. est. nos. ea.

TIBI. DAKE. l'OTlUS. QUAM. MEZF.NTIO. 1JTEI. NOS. VICTO-

res. facias. Ergo, quod divinos honores sibi exegerat,merito dictus est a Vergilio conleuilor Deorum. lime piailia insullalio sacerdolis :

Hæc sunt spolia et de rege superboPrimitiæ.

ut nomine conlumaciæ, cujus pœnas luit, raplas de conotaret exuvias.

CAPUT VI.

Mirandam fuisse Vergilii cum- circa Roman», tum circa ex-terna etiam sacra doclrinam : quod ex Apollinis Délit etHerculis victorissncris ostendiiur.

Miranduin est hujus poelæ et circa nostra, et circa