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LES SATURNALES, L1V. IiJ.
sacrées tant de notre nation que des peuplesétrangers est digne d’admiration. Ainsi ce n’estpas sans motif qu’Enéc, à son arrivée à Délos,n’immole aucune victime, et qu’à son départ ilsacrifie à Apollon et à Neptune; car il esta Délosun autel, comme nous l’apprend Cloatius Yérusnu second livre des Origines (grecques), sur le-quel on n’immole point de victime, mais où l’onhonore le dieu seulement par des prières solen-nelles. Voici les expressions de Cloatius : « Il est« à Délos un autel consacré à Apollon Géniteur,« sur lequel on u’immoleaucun animal, et sur le-« quel on dit encore que Pythagore voulut adorer« le dieu, parce que l’autel n’avait jamaisétésouillé« du sang d’aucun être vivant. » C’est sur cetautel que le poète a voulu faire entendre qu’Enéesacrifia à Apollon Géniteur; car, aussitôt entrédans le temple, Enée commence sa prière, sansavoirfait auparavant aucun sacrifice. Pour dési-gner plus clairement la qualité d’Apollon con-sidéré comme procréateur, cette prière contientces mots : '
« O notre père , accorde-uous un présage I »
En sorte que, lorsque dans la suite Énée immoleun taureau à Apollon et à Neptune, nous ne de-vons pas douter que ce ne soit sur un autre autel.En effet, Virgile se sert alors du nom ordinaired’Apollon , tandis que plus haut il l’a appelé Père,ce qui était cette fois le terme propre. Caton, Del’éducation des enfants, parle de cet autel ences termes : « Ta nourrice offrait ce sacrifice sans« immolerdc victime, înaissculementen offrant de« la verveine, et au son des trompettes, comme« on le pratique à Délos, à l’autel d’Apollon Géni-« teur. » .1 e ne crois pas non plus devoiromettrederemarquer pourquoi dans le mûmepassage Virgilea dit que le temple était bâti (saxo vetuslo) de
externa sacra, dndrinam. Neqae cnim de niliilo est, quod,cuin Delon venitÆiieas, milia ab coalisa est Imstia; cumprodclsccretur, Apolliiii et Ncpluno res facta divina est.Constat enim, aient Cloatius Verns Onlinalornm li-bre secundo doc,et, esse Deli nram, apuil qnam liostianon cæditnr, acd tantum solemni Denin preee veneranlur.Yerba Cloatii hivosnnl : Deli ara est Apollinis l’evrjTopoi;,in qua milium animal sacrificatur ; qnam l'ijthago-ram, relui inviolatam, adoravlsse produnt. liane ergoesse, quai adoralur ab Ænca, rEvrjtopoç aram, poëta do-inonslrat. Siquidcm tcinplmn ingressus pontifex, iiulloacte sacrilieio, sialim inclinât preceni; et,-ut TEvirropaexpressius iinniiinirrl,
I)n, I’aler, aogurinin.
al vero c.uin tauruni inox ininiolat Apollini clNeptinio,apud aliam iitique aram factum intelligiiinis. lit bene su-pra [antiniinioilo Palrem, quod il** proprium est, cl, in-lia, quod coinnnine est, Apollincm noininat. Meminit lin-jus niai et Cato, de liberis ediicandis, in hæc verba : « Nu-« Irix hier, omnia faciebat in verbenis ai: lubis , sine bos-« lia, lit Deli ad Apollinis (ienitivi aram. » liodein versanon oinilleiidiini piilo, rur ,w.ro Witatodixeritexstructumteniplum. Yclius Lougus, Immutatlo est, inuiiil. epi-
pierre antique. Vélius Lougus dit : « que c’est une« transposition d’épithète, et qu’il veut exprimer« par là l’antiquité du temple. «Plusieurs commen-tateurs, après lui, ont embrassé cette opinion; ce-pendant il n’y a pas intérêt à exprimer ainsi l’Aged’un édifice. Epaphus, homme d’une grande éru-dition, nous apprend, livre XVII, qu’à une cer-taine époque le temple de Delphes, qui jusqu’a-lors était resté inviolable et sacré, fut pillé etincendié; il ajoute que plusieurs villes et îlesvoisines de Corinthe furent englouties par untremblement de terre; tandis que Délos n’a riensouffert, ni avant ni depuis ces événements; etpar conséquent son temple est resté toujoursconstruit des mêmes pierres. Thucydide, dans lelivre III de son Histoire, nous apprend la mêmechose. Il n’est donc pas étonnant que Virgile vou-lant offrir à la vénération publique cette île,conservée par la protection duciel, il signale l’an-tique solidité de ses constructions; ce qui impli-que simultanément la stabilité de l’ile elle-même.
De même que le poète conserve à Apollonl’épithète de père pour marquer ses attributions,c’est dans une intention analogue qu’il donne àHercule celle de victorieux.
« Voici, dit Evandre, la maison où est entré« Alcide victorieux. »
Varron, au livre IV Des choses divines, pensequ’IIercule a été surnommé victorieux, parcequ’il a vaincu toutes espèces d’animaux. Et eneffet, il y a à Rome deux temples consacrés à Her-cule vainqueur, l’un près de la porte Trigemina,et l’autre au marché des bœufs. Mais MasuriusSabinus, au livre 11 de ses Mémorables, assigneune autre origine à ce surnom. « Marcus Octavius«■ Herennius, dit-il, après avoir été dans sa pre-« mière adolescence joueur de llûte, se dégoûta
the.ti. Vult cnim dicere vetustalem templi. Hune iniillialii commentnlores scculi sont. Soit frigidum est, ædifi-cii ælalem notarc. lïpapliusautein, vir pltiriinæ leclionis,libre septimodecimo ait, Del|ibis quoilain tempore eve-nissc, lit tcnqiliim religiosiiiii antea et i ni ad uni, spolia-liini incensuinque sit : et adjicit, militas ci rca Corinthumurbes insulasqne proximas lerræ molli haustas ; Delon ne-qne antea, neque postea hoc ineomnioilo vexatam, sedseniper eodem manere saxo. Thucydides etiam liistoria-runi libre tertio idein docet. Non miruiii ergo, si praisidioreligionis lutam insiilam semper ostenden.s, ad reveren-tiam sibi locoruin accessisse dirit conliniiani saxiejnsdemid est, insulte lirmitalem. Ut servavit Apollinis genitonsproprielalem , vocando Patrem : idem curavil Ilerculemvocando viclorem.
Hæc, inqiiit, Itinina VictorAleides subtil.
Varro, Divinarum libro quarto, viclorem Ifereulem putaldictuin, quod oinnegenns animalium vicerit. Itomæ au-tein Victoris llerculis aides duæ sunt : una ad porlam Iri-geminain , altéra in loro boario. Hujus commenti causantMasurius Sabinus Memorialium libro secundo aliter exponit. « Marcus,» iuquit, » Octavius Herennius, prima