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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LIV. III.

l’ara inaxima était bAlie avant la venue d’Enéeeu Italie, qui y trouva établi l’usage dévoilerla tôle du dieu.

CHAPITRE VIL

(One bien îles choses que le commun des lecteurs ne remar-que pas dans Virgile oui une grande profondeur de sens ;et pourquoi il était permis de tuer les hommes sacrés.

Une foule de choses que le commun des lec-teurs ne remarque pas dans Virgile ont une grandeprofondeur. Ainsi, lorsqu’il parle du fils de Pollion,comme en cet endroit il fait allusion à son prince,il ajoute :

» Le bélier dont la toison est déjà d’un pourpre« suave, pendant qu’il pait dans la prairie, la« changera en un jaune doré. »

Or, on trouve danslelivre (Sibyllin) des Etrusquesque si la laine du bélier est d’une couleur insolite,cela présage au chef de l’Etat un gouvernementheureux en tout. Il existe là-dessus un ouvrage deTarquitius, extrait de l’Ostentaire toscan, où l’ontrouve ce passage : « Si un bélier ou une brebis« est tachée de couleur pourpre ou or, cela pro-« met au prince un très-grand bonheur, parl’aug-« mentntion de sa puissance et par une nombreuse« postérité; cela promet à sa race une longue suc-« cession comblée de gloire et de félicité. » C’estdonc une pareille destinée que le poète en passantprophétise à l’empereur.

Ou peut remarquer aussi, dans le passage sui-vant, comment, par le moyen d’une seule expres-sion prise du rit sacré, Virgile exprime des con-séquences extrêmement éloignées :

« Les l’arques mirent la main sur Hnlésus, et« le dévouèrent (sacrarunt) aux traits d’Évandre. »

inaxima aille adrcntimi .Encæ in Italia constituât est,qui Inmc l iluni vclamli capitis invenit.

CAI’UT VII.

lia ctiam, quiu négligente!' in ViTgiliu [ransmilhiiilur a Ic-gi'iilium vulgo, non carerc sonsuum pmfumlitalc. lit bo-ulines sacras eut' oceldcre licucrll.

Ka qtioqne, qiiæino.iiriose transinittunliir a legcnliiiinplein;, non carenl pmfiindilnle. Nam cm» loquci'elur <lelilin l’ollionis, iilque ad principe!» Simm spcctarct, ndjo-cit :

Tpse sed in pratis aries Juin suave rubrnllMiiricé, Juin crocco inutabil velleru luto.

Trndilnr aiilein in liliro Ktiuscoruin, si hoc animal inso-lilo colore fueiit indiilmn, porlondi imperalori omniumivni») felicitalem. Est super hoc liber Tarqmtii transcri-plus ex osteulario Tlmsco ; ihi repentur : « l’urpurr.o au-« l'cnvo colore ovis ariesvc si asporgutiir ; principi ordinisa ci generis summa cum ielicilale laigitateinauget, gcniis« progeniemqiie propagat in claritalc, liclioremquo, elli-» cil. « llujiismodi igitur statu») imperalori iu transit» va-Itcinatiir.

Verhis ctiam singulis de sacro rit», quam ex alto pe-lila siguiiicet, vel bine licehit advertere :

Tout ce qui est destiné aux dieux est qualifiésacré; or l’Ame ne peut parvenir à eux, si elle n’aété délivrée du poids du corps, ce qui ne peutarriver que par la mort: c’est donc avec justesseque Virgile donne à Halésus la qualité de sacré,puisqu’il était sur le point de mourir. Au reste, ilsatisfait également dans ce passage aux loisdivines et aux lois humaines : aux premières, parlaconsécrationd’lïalésus; aux secondes, par l’im-position des mains des Parques; ce qui est unesorte de mancipation.

C’est ici le lieu de parler de la condition de ceshommes que les lois consacrent à certains dieux,pareeque je sais qu’on trouve étonnant que, tandisqu’il serait sacrilège de voler une chose sacrée,le meurtre d’un homme sacré soit légalementautorisé : en voici le motif. Les anciens ne souf-fraient pas qu’un animal sacré vint paître surleurs terres, mais ils le repoussaient sur les terresdu dieu auquel il était consacré. Ils pensaientaussi que les Ames des hommes sacrés, que lesGrecs appellent Çwwvaç, étaient dues aux dieux.De même donc qu’ils n’hésitaient pas à chasser dechez eux les animaux consacrés aux dieux,quand môme ils n’auraient pas pu les conduiredans leur temple, de même aussi ils pensaientqu’ils pouvaient envoyer dans lescieux les Amesdes hommes sacrés, qu’ils croyaient devoir y alleraussitôt après leur séparation d’avec leur corps.Trehatius, livre IX des (Observances) religieu-ses, discute cet usage; je ne cite point le passage,pour éviter la prolixité; il suffira, pour ceux quiaiment à lire, que je leur aie indiqué l’auteur etl’endroit de l’ouvrage.

Injeccre manum Parcæ, lelisque sacrarunt

Evamlri.

nam <|iiiili|iii<l destinalnm est Diis, sacrani vocaltir. IVr-vcnii'c aulem ail liras lion polest anima, nisi libéra ahonore coijioris fuerit : ijiiod nisi morte ficri non potest.lia ergo opportune saoraliini llairsiiin facil, quia cral op-pelitums. Et hic proprielalom et hmnaiii, et ilivini jurissenilus est. Nam ex nianus injectinne pænc nianejpiiimdesignavil, et saeralionis vocahnlo observantiam ilivinijuris implevit. Itoc loeo non aliennni Yideliir, de condi-tione coriini homiimm referre, quos leges sacros essecc.iiis Diis jiihcnl : quia non ignora, quibiisdam mirumvideri, quod, cmn cetera sacra violari nefas sit, homi-nem sacrum jus fuerit oe.cidi. Cujiis ici causa hæc est.Veteres milium animal sacrum in linibus suis esse pâlie-liantur, sed abigehant ad fines fieoriim, quibiis sacrumesset : animas vero sacratornm hnininuni, quos GræciÇam'ivaç voeant, Diis débitas existimabant. Quemadmodiimigilur, quod sacrum ad Dens ipsosmitli non polerat, a selame» dimitlorc non dubilalwnt; sic animas, quas sacrasin cu'liim milti posse arbitrati sunt, viduatas corporequam pi'inium illo ire volucnmt. Disputai do hoc moreeliam Trebalius Rcligionmn liliro nono. Cujus cxcmplum,ne sim prolixus, omisi. Cui cordi est legere, satis liabcat,et anctorcm, et voluniinis ordinera esse monstration.