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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACROBE.

CHAPITRE VIII.

Passages de Virgile qu’on a altérés par des fausses leçons :que beaucoup de choses qui paraissent jetées au hasarddans ce poète sont très-bien motivées; et de quelquesautres sujets.

On a défiguré certains passages de Virgile, enaltérant des expressions qu’il avait employéesavec une profonde science. Ainsi certaines per-sonnes lisent :

« Je me retire, et sous la conduite de la déesse(u ilucente dea) je traverse la flamme et les cn-« nemis, »

tandis que le savant poète a dit : ducente deo( sous la conduite du dieu), et non dea (de ladéesse). Actérianus affirme qu’on doit aussii liredans Calvus, Vénus dieu puissant, etnondée.vse.En effet, dans l’île de Chypre l’effigie de Vénusest représentée ayant du poil, avec la stature d’unhomme habillé en femme, et tenant un sceptre àla main. Aristophane rappelle Aphroditon (auneutre). Lévinus s’exprime de la manière sui-vante : « Ainsi donc, adorant le bienfaisant ( al-« mum) Vénus, qui est mâle ou femelle, comme« est aussi la bienfaisante noctiluca » (la lune).Philoehore, dans son Athis, assure que Vénusest la môme que la Lune, et que les hommes luisacrifiaient avec des habits de femme, et les fem-mes avec des habits d’homme, parce qu’elle estréputée mâle et femelle.

Le passage suivant montre encore l’exactitudede Virgile en matière de religion :

« ('La colombe) tombe inanimée ( exanimis),

« et laisse la vie parmi les astres aériens. » ■

Or Higin , dans son traité Des dieux, parlantdésastres et des étoiles, dit qu’on doit leur im-

CAI’UT VIII.

Quæ male enunliando apuil Vergilium roriump'anUir. Etquod ea nec ralione nputl hune poetain carrant, quæ for-tuite esse videntur : cum aliis quibusdam.

Nonmillornm, quæ scicntissime prolata simt, maleemintiando corrumpimns dignitatem. Ul. quidam legunt :Discedo, ac ducente Dca Hammam inter et hostesExpedior :

cmn ille doctissimc diserit : ducente Deo , non Dca; nainet apud Calvum Actérianus aflirmat legendum :

Pollentemque Deum Vcncrcm,non Dean,. Signum ctiam ejus est Cypri harbatuin cor-pore, sed veste muliebri, cum sceptro ac statura virili.Et putanl, candein marem ac feminam esse. Arislophancseam ’AippôSvrov appellat. Lævinus ctiam sic ait : « Venc-« rem igitur almum adorans, sive femina, sive mas est,« ita uti aima noctiluca est. « l’bilochorus quoque in Al-lliiile eandem affirmât esse lunam; nam et ei saeritioiumfacerc viros cum veste muliebri, muliercs cuin virili :quod cadem et mas existimatur et feinina.

Hoc quoque de prudentia rcligionis a Vergilio dicturnest :

Decidit exanimis, vitamque rellquit in astrisAeriis.

Higiniis enim de proprietatibus Deorum, cum de astris

moler des oiseaux. C’est donc avec une profondescience que Virgile fait rester l’Ame de l’oiseauchez les dieux, qu’elle est destinée à apaiser. Lamoindre expression, qu’on pourrait croire placéefortuitement, a chez lui son intention particu-lière. Exemple :

«Et du nom de Camille sa mère il l’appela,

« par un léger changement, Camille. »

Or, Statius Tullianus, livre I er de son Vocabu-laire, nous apprend que l’on trouve, dans Calli-maque, que les Toscans surnommaient MercureCamillus, c’est-à-dirc premier ministre des dieux;de même Virgile fait donner par Métabus à safille le nom de Camilla, c’est-à-dire prêtresse deDiane. C’est ainsi quePacuvius, faisant parlerMcdée,dit : « Vous m’attendez : me voici, moi« la servante ( Camilla ) des habitants descieux!«. — Salut! soyez la bienvenue. » C’est ainsi en-core que les Romains appellent Camitli et Ca-millœ, les jeunes gens nobles de l’un et de l’autresexe, qui n’ayant point vêtu la robe de puberté,servaient auprès des prêtres et des prôtresses fla-mines.

Il est à proposdene pas négliger non plus uneautre remarque : on trouve dans Virgile le passagosuivant :

« Il existait dans l’Hespérie, d’abord habitée« par les Latins, une coutume ( mos ) que les Al-« bains continuèrent d’observer comme sacrée, et« que Rome, la maîtresse du monde, observe« encore aujourd’hui. »

Varron, traité des Coutumes, dit que l’expres-sion mos (coutume) exprime, à son avis, ce quiprécède consueludo ( l’usage). Julius Festus,liv. XIII De la signification des mots, dit : « Par

ac slcllis loqueretur, ait, oportero bis volucrcs immolariDocte ergo Vergilius dixit, apud ca nuniina animam vo-lucris remausisse, quibusad iitandmn data est. Necnoineuapud se, quod fortuitum esse poterat, vacarc permitlit :

Malrisque vocavit

Nomme Casmillæ mututa parle Camlllam.

Nam Statius Tullianus de Vocabulis reruin iibro primoail, dixisse Callimaebmn, Tuscos Camillum appellareMercuiiiim; quo vocabulo siguilicant prœniiiiislrmn Deo-rum. Uude Vergilius ait, Metabum Camillam appellasseliliam, Diana; scilicct pmninistiam. fiam et l'acuvins,cum de Medea loquerctur : « Cœlitum Camilla exspeclula« adveni. Salve hospita. » Itomani quoque pueros et pmq.las nobiles et investes Camillos, et Cumillas appellant,Haminicarum et llaniinum præministros. liane quoqueobservationem ejus non convenil prælerirc.

Mos erat, inqail, Hesperio in Latlo, quem protinusurbes

Albanie coluere sacrum , nunc maxima rerum

Ronia colit.

Varro de moribus, rnorem esse dicit in judieio amml,quem sequi debeat eonsuetudo. Julius Festus de verlio-rum signiliealiombus Iibro terliodecimo, » Mos est,»inquit, « institutuni patrium, pertinens ad religiones cie-» rimoniasqiie majoium. « Ergo Vergilius utrumque au-