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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES.

« mos, on entend une institution de nos ancêtres« relative aux cérémonies religieusesdenos pères.»Ainsi donc Virgile a rempli le sens des deux au-teurs, d’abord celui de Varron, qui dit que mosprécède et que consuctudo suit; puisqu'après avoirdit : « Il existait une coutume, » il ajoute aussitôt

.. que les Allmins continuèrent d’observer.

«que Rome, la maîtresse du monde, observe« encore aujourd'hui. » Par où il exprime la per-sévérance de l’usage. Virgile satisfait ensuite ausens de Festus, qui dit que mos est une expressionreligieuse, en ajoutant " sacrée : « que

« les Albains continuèrent d’observer comme sa-it crée. » On voit, dans sa phrase, que la coutumeprécède, et que la pratique de la coutume, qui estprécisément l’usage, vientcnsuite. 11 a donc remplila définition de Varron; et par l’épithète de. sacrée,il a montré que mos était une ex pression qui appar-tenait aux cérémonies religieuses; ce quisatisfait àl'assertion de Festus. Virgile s’y est encore con-formé dans le Xll” livre de son poème, lorsqu'ildit :

« Jcsuivrai la coutume et les rites sacrés ( mo-« rem ritusque sacrorum), »

En quoi il montre clairement que par coutumeil entend une cérémonie religieuse. De plus, ils’est conformé à l’histoire dans le passage dontnous parlons : « Il existait dans l’Jlespérie, d’a-« bord habitée par les Latins, une coutume, etc. »En cela il a suivi la succession des divers gou-vernements. En effet, ce furent d’abord les La-tins qui régnèrent, puis les Albains, et enfin lesRomains. C’est pourquoi il commence par dire :« Il existait dans l’ilespérie, d’abord habitée par

ctorem secutus, et primo quidcin Varronem, qiioiiiiitnillo dixcrat momn pnecederc, scqui consuetiidinem,postquam <lixit,.l/os craf; subjunxit :

Qiiem prolinua urbesAlbanie colucre >et,

Nunc maxinia rrrumHonni eolit :

qiind perseveranliain eonsueludinis monslrat. lit quonininKestus pertinere ad cærimonias ait; boc idem docuitMaro, adjiciendo sacrum :

Qucm prollnus urbesAlbanie colurre sacrum.

mos cp<o præeessit, et ciiltus moris seouhis est, quodest eonsuetiido. Kl Lie deiiiiiliomuii Vnn'onis implevit.Adjiciendo deinde sacrum, oslendit, morem cicrimoniisesse dicatum, quod Festus asseruil. Idem obsci vavit etin duodecimo liliro, cum ait :

Morem ritusque sacrorumAdjiciam.

in quo ostendit aperte, morem esse rilus sacrorum. Sedliistoriæ quoque lidem in bis versibus secutus est :

Mos crut llesperiu in I.atio,

et relique. Servavil.enim rogimiuin succcssionem. Qnippeprimi reguaverunt Lnlini, deinde Albani, et iode Itomani.Ideo Moserat, primum dixil; hcs/ifrio in iMlio : et postea,

2 or.

« les Latins, unccoutume ;» il ajoute ensuite :«Qtlfi« les Albains continuèrent d’observer, comme un« usngesacré. » Etendu : « Que Rome, la maîtresse« du monde, observe encore aujourd’hui. »

CHAPITRE IX.

De la formule par laquelle on était dans l’usage d’évoquerles dieux tutélaires, et de dévouer les villes, ou les ar-mées.

« lisse sont tous retirés de leurs sanctuaires;

« ils ont abandonné leurs autels, les dieux qui« jusqu’à ce jour avaient maintenu cet em-« pire. »

Ces expressions de Virgile sont tirées d’unecoutume très-ancienne des Romains, et de leursmystères sacrés les plus secrets. Eu effet, il estcertain que chaque ville a un dieu sous la tutelleduquel elle est placée, et qu’une coutume mysté-rieuse des Romains, longtemps ignorée de plu-sieurs, lorsqu’ils assiégeaient une ville ennemieet qu’ils pensaient être sur le point de la prendre,était d’en évoquer les dieux tutélaires au moyend’une certaine formule. Ils ne croyaient pas quesans cela la ville put être prise, ou du moins ilsauraient regardé comme un sacrilège de faireses dieux captifs. C’est pour cette raison que lesRomains ont tenu caché le nom du dieu protec-teur de Rome, et même le nom latin de leur ville.Cependant tel nom de ce dieu se trouve dansquelquesouvragesanciens, qui néanmoins nesontpas d’accord entre eux : les diverses opinions surce sujet sont connues des investigateurs de l’an-tiquité. Les uns ont cru que ce dieu était .1 upiter,

Qucm protinus urbesAlbanie coluerc sacrumdeinde subjccit :

Nunc maxinia rerumltoma colit.

CAPUT IX.

De carminé, quoevocarl solrbnnl Dii tulclares, et aut ur-bes, aut cxercitus devoveri.

Excesserc ornnes mlylis , arlsque relictisDil, qullius imperium boc sletcrat.

Et de vetustissimo ltomanonim more, cl de occultissi-mis sacris vox ista prolala est. Constat enim , ornnes ur-bes in alienjus Dei esscliitela; moremqne Romanoinmarcanum, et nniltis ignolimi fuisse, nt, cum obsiderenturhem liostium, camqiic jam capi posse conliderent,ccrto carminé cvocarent tulclares Deos : quod aut alitermbem capi posse non crcdcrcnt, mit si possel, nefasoxistimarent, Deos liabcre captivos. Nam propterea ipsiItomani et Deuin, in cujus lutela urbs ltoma est, et ip-sius urbis Latinuin nom™ ignolum esse voluerunt. SodDei quidetn noineii uomiullis imtiqvioi uni, licet iiitei' sedissidenlium, lilnis insitum : cl ideo vctusla persequenli-bus, quidipiid de boc putalur, innoluit. Alii enim JovemI rcdidenml, alii Lunam. Sont qui Angcronam, quae digito