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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURN 4L ES, L1V. III.

« les offrandes en monnaie, tient le premier rang.« Les ornements sont les boucliers, les couronnes,« et les autres offrandes de ce genre ; or ces offran« des ne sont pas consacrées en même temps que« le temple , tandis que la table et les petits autels■> sont consacrés ordinairement le même jour que« le temple. La table consacrée de la sorte sert„ d’autel, et reçoit les mêmes honneurs religieux„ que le temple lui-même. » C'est donc réguliè-rement que les Troyens font des libations chezÉvandre, puisqu’elles se font dans un bois sacré,dans lequel on mangeait sur une table quiavait été consacrée avec I ’ara maxima, et certai-nement avec toutes les cérémonies religieuses.Quant au repas de Bidon, comme c’était un re-pas royal et non religieux, fait sur une tableprofane, dans une salle, et non dans un temple;que cette libation n’était point proprement reli-gieuse , mais seulement imitée de la religion,Virgile ne la fait faire que par la reine, en la per-sonne de laquelle il n’était tenu il aucune observa-tion, et dont le rang, au contraire, l’autorisait àuser de beaucoup de latitude; tandis que, dans lerepas d’Évamlre, ce sont « tous lesTroyens joyeux'< qui font sur la table des libations de vin et» invoquent les dieux, » parce que, dans ce cas, i I avoulu remémorer un acte que le poète savaitpouvoir être fait licitement par tous ceux quimangent ensemble dans un temple et sont assisà une table sacrée.

Quant au vers

« Offre à Cerès des rayons de miel détrempés« dans du lait et dans du vin doux, » je justifieraiVirgile en peu de mots, parce que c’est à tort quetu l’accuses ; car ce poète, également amoureux et

« sacrilicia contiriimtur. Quaniin rerum principcm locmn« otilinel mensa , in qun cpiilæ, libationesque, cl slipes« leponmitur. Ornamonta vero smit, olypei, coronan cl« lmjusoeiiindi domina. Neque cnim domina dédie,antiir« eo lempore, ipio dclnhia sacranlur. Atvoro mensa »in-« tapie eodem die, <pio nedes ipsæ, dedicari soient. Unde« mensa lier, rilu dedienta iirlcmplo, aræ nsuni, et rcli-« gionom olitinet pulvinaris. » JSrgo npud .Evandrum qui-dem lit jusla liliatin : quippe apud cam mensam, qnæcmn ara maxima, more utiquercligionis , fuerat dedicala,et in luco sacrato, et inter ipsa sacra, in qnibus epulaban-tnr. In convivio vero Didonis, qnnd tantum regirnn ron-slal non etiani sacrum fuisse, apud Immanam mensam ,in triclinio, non in templo, quia non crat religiosa, sedusurpala libatio, solanr fecil libasse reginam, in cujuspersoiia milia observationis nécessitas, et limita ad usur-pandum in poteslate permissio. At vero hic

-Omnes

In mensam lœti titrant, Divosque precantur.quia quod rente fieri noverat, al) omnibus sinml in temploepulantibus, et uni saeratæ assidentibus menant, factum/sse memoravit. I)e illo autem verso,

Oui tu lacté favos et miti dilue Uncclio,paucis, quod male accusalur, absolvam. l’oela enim æque

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de l’élégance dans les expressions et de la sciencedans le fond des choses, sachant d’ailleurs qu’onfaisait des libations à Gérés avec du vin miellé,a dit : « Délayez des rayons de miel dans du vin•i doux ; ii voulant faire entendre par là que le vinn’est véritablement du mulsnm que lorsqu’il eatmiellé. C’est dans ce même sens qu’il avait ditailleurs : « Ce miel corrigera l’âpreté du vin. » Oron sait, tu en conviendras, que, le 12 des calendesde janvier, on offre à Hercule et à Cérès unetruie pleine, des pains, et du vin miellé.

CHAPITRE XII.

Pourquoi Virgile a attribué des Saliens à Hercule, et pour-quoi il leur a donné des couronnes laites de brandies depeuplier.

(Évangelus) : En vérité, Prætextatus, c’est bienà propos que tu viens de mentionner Hercule;car précisément votre poète a commis deux er-reurs au sujet de son culte. En effet, dans ce pas-sage :

« Alors les Saliens, la tête couronnée de bran-« ches de peuplier, viennent chanter autour des« autels où brûle l’encens. »

Virgile a attribué des Saliens à Hercule, tan-dis que l’antiquité les a consacrés exclusive-ment à Mars. H parle aussi de couronnes depeuplier, tandis qu’on n’en portait jamais d’au-tres autour de l'ara maxima que celles faitesavec des feuilles de laurier. Nous voyons d’ail-leurs que le préteur urbain porte une couronnede laurier lorsqu’il sacrifie à Hercule. TérentiusVarron, dans sa satire intitulée De la foudre,

iu rebus doclrinæ, et in verbis sectator eleganti.'e, sciensCercri nmlso liliari, niljcc.it , miti Jiuccho favos dilue :sr.ilicct mitrsoere viimm dicens, cuni mulsuni cmperilfieri. Nam ila hic mite vinmn dixit, ut alibi ait domi-lu ni :

Et durum Bncchl domilura snporem.notnm autem esse non diltitebere, quod ad dieni duode-einmm Kalendas Januarias llerculi et Ccreri faciunt sueprægnate, panibns , mulso.

CAPUT XII.

llerculi cur Salies assignant Vergilius; eurque hos populeisrainis coronalos induxerit.

Opportune meliercule, Prætextate, fecisli llerculis men-tionein, in cujus sacra lue vesler gemino errore comnii-sit :

Tum Snlii ad cantus incensa aliéna circuinPopuleis nssuntevincti tempora ramis.

Nam et Salios llerculi dédit, quos tantum Marti dicavit anli-quitas; et populeas coronas nominat, cmn ad aram mnxi-mam sola lauro capita, et alia fronde non vincianl. Videmoset in capite prætoris urbani lauream coronani cum rem ilivi-