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MACROBE.
« lissent de sa bouche, et ses veux brillent de« feux ardents. »
Comme dans l’ensemble de la description delà•peste, qu’on trouve dans Thucydide, Virgile dé-peint aussi l’état extérieur de langueur.
« Le cheval victorieux tombe, infortuné! ou-« bliant ses exercices et ses pâturages. »
Et : « Ses oreilles sont abattues, une sueur in-«termittente couvre son corps; elle se refroidit« aux approches de la mort. »
Au sentiment du pathétique se mêle celui dela honte, lorsqu’il peint : « Déiphobe tremblant,..« et cherchant à dissimuler son atroce supplice. »Le désespoir est peint par l’attitude extérieure,lorsque la mère d’Euryale apprend la mort deson fils.
« Ses fuseaux échappent de ses mains. Elle« rejette son ouvrage ; elle vole, la malheureuse ! »
Si Latinus est dans l’étonnement : » Sa bouche« est immobile. » Quand Vénus s’apprête à inter-céder (Jupiter) : «Son visage est triste, et ses yeux« ne brillent qu’à travers les larmes qui les offus-« quant. » Quand le délire s’empare de la Sibylle :« Aussitôt son visage change de traits et de cou-« leur, et ses cheveux se dressent sur sa tête. »
HAPITRE II.
Comment le pathétique s’exprime par la teneur du dis-cours.
Considérons maintenant le pathétique produitpar la teneur du discours; et d’abord consultons
Labitur infelix studlorum atque immemor herbæVictor equus.et :
Demissæ mires, incertus ibidemSudor, et illc quidem morituris frigidus.
Est inter pallie et pudnr, ut circa
Deiphobum pavitantem et dira tegentemSupplicia.*
et Iuctus habita proditur; ut in Euryali matre :
Expulsi manibus radii, reVolulaque pensa;
Evolat infelix.et Latinus, quia miralur,
Deiixa obiutu tenct ora.et Venus, quia rogatura erat,
Trislior, et lacrimis oculos suffusa nitentes.et Sihylla, quia insanit ;
Subito non vultus, non color unus,
Non comtæ mansere cornue.
CAl'UT IL
Pathos tenore ipso orationis quomodo exprimalur.
Nunc videamus pathos, quod tenore orationis exprimi-tur. Ac primum quæramus, quid de tali orationis rhetoricaarte præcipiatur. Oportet enim, nt oratio pathelica aut
sur cette matière les préceptes de l’art des rhé-teurs. Nous y apprendrons que tout discours pa-thétique doit avoir pourvut de provoquer ou l'in-dignation ou la compassion; ce que les Grecsexpriment par les mots terreur et pitié. L’unde ces sentiments est nécessaire au discours del’accusé,l’autre à celui de l'accusateur. Ce der-nier doit entrer brusquement, en matière, carcelui que l’indignation agite ne saurait procéderavec lenteur. Aussi, dans Virgile, Junon com-mence-t-elle ainsi :
« Pourquoi me forces-tu à rompre un silence« profond?»
Et dans un autre endroit :
« Faut-il donc que, vaincue, j’abandonne mon« entreprise? »
Et ailleurs :
« O race odieuse, 6 destins des Phrygiens con-« traires aux nôtres I »
Didon s’écrie :
« Mourrons-nous donc sans vengeance? N’im-« porte, mourons, dit-elle. »
« O Jupiter, il partira donc s’écrie-t-elle. »Priam s’écrie ailleurs (en s’adressant à Pyr-rhus) : « Que les dieux (récompensent) digne-« ment ton crime et tes excès I »
Le pathétique ne doit point s’arrêter au début ;il doit, s’il est possible, animer le discours entier.Les phrases doivent être courtes, et les figuresdu style changer fréquemment, en sorte que ce -lui-ci paraisse agité par les Ilots de la colère.Qu’un même discours deVirgilenousserve encored’exemple. Il débute par une eephonèse (excla-
a<l indignationem, aut ad miscricordiam dirigalur : qune aGræcis oixto; xal Ssîvuxnç appellanlur. Ilorum altcrnni ac-cusalori necessarimn est, alterum reo. Et neccsse est iui-tium abrupluin liabeat, quoniam satis indignanti Irnilcrincipere non convenit. Ideo apud Vergilium sic incipilJ u no ;
Quid me alla silentia cogisRumpere?et alibi :
Mcneincepto desislere victam?
et alibi:
Heu stirpem invisam, et fatis contraria noslrisEnta Phrygum.et Dido :
Moricmur inultæ?
Sed inoriamur, ait.
et eadem :
I'ro Juppiter ibitHic ait.et Pi iamus :
Attibi pro scelere exclamai, pro lalilius ausis.
Nec initium solum taie esse débet, sed omnis, si fieri po-test, oratio videri pallietica; et brevibus sententiis, sedcreliris figurarum mntationibus, debet, vclut inter æslusiracundiæ, lluctnare. Unaergo nobis Vergiliana oratio proexemple sit :