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LES SATURNALES, L1V. IV.
rnntion) : « O race odieuse! » suivent aussitôt, debrèves interrogations : « Quoi! iis n’ont pas péri« dans les champs de Sigée ? ils n’ont pas été pris<■ et retenus captifs? Troie embrasée n’a donc pu« brûler ses habitants ! »
Vient ensuite la ligure appelée hyperbole :
« Ils ont su se frayer un chemin à travers les« bataillons, et même à travers les flammes. ><Puis l’ironie :
« Je crois (|ue ma puissance divine est tombée« de fatigue, ou que, je me suis reposée rassasiée« de ma haine. »
Junon se plaint ensuite de l’inutilité de ses ef-forts :
« J ’ai osé les poursuivre sur les ondes, et m’op-■i poser à leur fuite sur toutes les mers. »
Ici succède une (seconde) hyperbole :
« Les forces du ciel et de la mer ont été épui-« sées contre lesTroyens. »
Maintenant les plaintes de Junon recommen-cent :
« A quoi m’ont servi les écueils des Sirtes et« de Seylla? à quoi m’a servi le vaste gouffre de<i Charybde? »
Ici, pour accroître le pathétique, intervientl'argument a minore :
« Mars a bien pu exterminer la terrible nation« des Lupithes. »
Mars , c’est-à dire une personne inférieure àJunon . Aussi ajoute-t-elle aussitôt :
« Tandis que moi, l’épouse du grand Jupiter. »Après avoir récapitule les causes qui devaient lafaire réussir, avec quel accent, la déesse s’écrie :« Infortunée, j’ai tout tourné contre moi-même. »
H tu stirpum invisam.
milium ub ecphoncsi. Deinde seqiiuntur brèves (juocsliim-culæ :
INmn SigiulsocciiinlHTe cnmpis,
Num cnpli polucre. capi? iium incunsa cmnnvitTroju \iro.s?
deinde sequiLnr hyperbole :
Médius neicH, mediosque per ignésInvenere viam.deinde ironia :
Al credo men mimhm tandeml'Vssa jaccnl, odils mit exsaUiratn quievi.
deinde misas sans inefficaces querilur :
Per undas
A.u.sa si'ijai, et profagis loto me oppouerc ponto.secuuda post hier- hyperbole :
Absunibc ia Teucros vires «clique marisque.iudo dispersa', «pierelso :
Qaid Syrie» eut Seylla mild, quid vasla CharybdisPrafiiil ?
jaagitar deinde argameatain a minore, al pallios augea-lar :
Mars perdure genlemIinainiieai l.aplUiiiiii vnlail.
Miaor scilicet persona. Ideo illud seqaitur :
MAClIOIlls.
Remarquez qu’elle ne dit point, « Je ne puis pér-il dre Un ce », mais, «Je suis vaincue par Énée ».Elle se confirme ensuite dans le dessein de luinuire, et, par un sentiment naturel à la colère,quoiqu’elle désespère de réussir complètement, elleest satisfaite de pouvoir au moins l’entraver :
« Si je ne puis fléchir les divinités du ciel, je« pourrai émouvoir celles de l’Aehéron. Je veux« qu’il ne me soit pas possible d’empêcher la nais-,ii sance de l'empire des Latins; mais on peut« traîner en longueur et retarder cet événement;« on peut faire s’entre-déchirer les peuples des« deux rois. »
Enfin elle profère des malédictions. Elles s’é-chappent volontiers d’un cœur irrité :
« Le sang du Troyen et du Rutule servira de« îlot à Lavinie . »
Et aussitôt elle fait valoir un argument a si-mili, tiré des événements antécédents.
« La fille de Cyssée (Hécube ) ne sera pas la« seule qui aura porté dans son sein un flambeau<• ardent. »
Vous voyez comment Virgile coupe fréquem-ment, ses phrases, et les varie par de nombreusesfigures; c’est qu’en effet la colère, qui n’estqu’une courte folie, ne saurait continuer long-temps ses discours dans le même sens.
On trouve aussi dans Virgile un grand nom-bre de discours ayant pour but d’exciter lacompassion. Exemple, celui de Turnus à Ju-turne :
« Viens-tu pour être témoin de la mort« cruelle d’un frère infortuné? »
Astego magna Jovis conjux.
deinde, cinn causas quoque conlulisset, quanlo impctiiDca dixit?
rnfclix quai rneinet in omnia verti.
N«c dixit, Non possum perdere Æneam, sed, Kntcor ahÆnea. Deinde confirmai sc ad nooendum; et, quod prit-priinn est irascentis, etsi desperat pcrfici posse, lamcninipcdire. contenta est :
Flcelere si neqiieosuperos, Acheronla movcbo.
Non dnbitur regins, esto, prohiber)! I.atinis,
At trahere atque moras taillis ticet addere rebus.
Al, liccl uAiborum populos exscindere regum.
Post Itæc in novissiino, quod irali libcnler faciunt male-dicil :
Sanguine Trojano cl Rululo dotabcrc virgo.et protinus argitmenlmn a simili convenions ex præceden-tibus :
Nec face ta ni uni
Cyssæis pru-gnas ignés cnixa jugales.
Vides, quam saqie nralioncm mu.laverit, ac frequeotibinlignris variaverit; quia ira, qu* brevis furur est, nonpotesl unutn continuare sensmn in loquemlo. Nec, désuniapud eundein orationes misericordiani commoventeaï’urnits ad Julurnam :
An rniseri Iralris letum ut crudele vidercs?
IB