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U veut faire sentir ce qui lui rend plus sensi-ble la perte de ses amis tués en combattant poursa cause:
« J’ai vu de mes propres yeux tomber Mur -» rhanus, dont la voix m’invoquait. »
Pour être épargné du vainqueur, le mêmeTurnus dépeint son misérable sort : « Tu es« vainqueur, et les Ausoniens m’ont vu, vaincu,
« te tendre les mains. » C’est-à-dire, faire ce queje voudrais (e moins faire.
Voici un autre exemple, eptre plusieurs sem-’blables, des prières de ceux qqi intercèdent pourleur vie : « Je t’en conjure par toi-même, pe|' les« parents qui donnèrent le jour à un (héros) tel« que toi. »
CHAPITRE 111.
Du pathétique tiré de l’âge, de la fortune, de la faiblesse,du lieu, du temps.
Parlons maintenant du pathétiquetiré de l’âge,de la faiblesse, etc. Nous trouverons dans Vir-gile des exemples ingénieux du parti qu’il a sutirer de tous les âges de la vie de l’homme, pourémouvoir la compassion. De l’enfance :
« Les âmes des enfants pleurant sur le seuil« (des enfers). «De l’adolescence : « Ce malheu-« reux adolescent (Troïle) incapable de lutter« contre Achille.^' Ou (Creuse ) : « Présente le« jeune Iule à son père. « En sorte que la pitiéest émue par le péril non-seulement du fils,mais encore de l’enfant.
et idem cum auget invidiam occisorum pro seamicorum :
Vitü oculos ante ipse mcos me voce vocantein
Murranum.
Ktklem, cum miscrabilem fortunam suam faceret, ut victosibi parceretur :
Vicisti, etvictum leridere palrnas
Ausonii videre.
kl est, quos minime vellem. lit alioruin preces qranliumvitam :
Per te, per qui te talem genuere parentes,et similia.
CAPOT III.
Pathos ab ætale, a fortuna, debililale, loco, tempore.
Nuncdicamus de habitu pathus,quod est vel in ætate,vel in debilitate, et coferis, quæ sequunlur. Elegantcrboc seivavit, ut ex omni opta te pathos mjsericordiie mo-verelur. Ab infantia :
Infantumifue anima: flentes in limine primo,a pueritia :
Intelix puer atque impar congressus Achilli.et :
Parvumque palri tendebat Iulurn.
Ut non minus miserabile sit periculum in parvo, quantin lilio; et :
Superest conjuxne Creusa?
« Creuse , ton épouse, vit-elle encore? et le« jeune Ascagne ? »
Ailleurs ( Énée se représente) « les dangers que« court le jeune Iule. »
Virgile parle-t-il de la jeunesse? Orphée n-perçoit) :« Les cadavres des jeunes gens, portés« sur le bûcher sous les yeux de leurs parents. »Ailleurs : « Les joues (de Turnus ) s’altèrent, et« la pâleur envahit la jeunesse de son corps. »Parle-t-il de la vieillesse? « Ayez pitié (dit« Turnus ) de la vieillesse de Daunus. »
Ailleurs c’est « l’infortuné Alétès accablé par« l’âge, qui est conduit (à la pompe funèbre). "Ou bien c’est (Mézence) « Qui souille de pous-« sière ses cheveux blancs. «
Virgile se sert de la fortune (de ses person-nages pour exciter, tantôt l’indignation, tantôtla pitié. C’est la pitié (alors qu’il dit de Priam ) :« Jadis monarque superbe de tant de contrées« et de peuples de l’Asie . » Lorsque Sinon s’é-crie : « Je ne fus point alors sans quelque« honneur et sans quelque noin. » Et (lorsque lepoète parle de Galésus) : « Le plus riche culti-« vateur qui fut jadis dans l’Ausonie. »
C’est l’indignation que Virgile provoque parces paroles de Didon : « Quoi I eet étranger sera« vpnu m’insulter dans mes États I » Elle aggraveson injure en ravalant Énée . Lorsqu’Ainates’écrie : « Lavinie sera-t-elle donnée pour épouse« à quelque Troyeu exilé?- » Lorsque Numa-nus s’écrie : « Ces Phrygiens deux fois prison-« niers. »
Ascaniusque puer ?et alibi :
Kl purvi cases Illli.
a juvr-iila vero :
Impositique rogis juvenes ante ora parenlum.et :
Pubentesque genæ et juvenili in corporepallor.a senecta :
Dauni miserere seneclœ.et :
Ducitur infelix œvo confeclus Aletes.et:
Canitiem multo déformât pulvcre-Movit et a fortuna modo misericordiam, modo indigua-tionern. Misericordiam :
Tôt quondam populis terrisqqe superbumRegnalorcm Asiæ.et Sinon :
Kt nos nliquod nomenqüc decusqueGessimus.et :
àusoniis(|ue olim ditissimus arvis.indignationem vero ex verbis Didonis :
Et nostris illusrrit advenu régala?eleganter cnim ex coniemlu Æneæ auget injuriam suam.Kt Amata :