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LES SATURNALES, LIV. IV.
pathétique. Le premier de tous est l’argumenta simili, et on en distingue trois espèces : l’exem-ple, la parabole, l’image;en grec, irapaSEtypa,wxpaSoM, eîxwv. Commençons par l’exemple, etprenons le dans Virgile :
« Orpliee, avec le secours de salyre thréleienne« (de Tlirace) et de l’harmonie de ses cordes, a« bien pu évoquer des enfers les mânes de son« épouse. " « Pollux a bien pu racheter son frère« de la mort, en l’alternant avec lui. » « Rappelle-« rai-je Thésée? rappellerai-je le grand Alcide? »r. Anténor a bien pu échapper du milieu des« Grecs. »
Toutes ces comparaisons ont pour but de pro-voquer la pitié : car il paraît cruel de refuser àcelui qui prie, ce qui fut accordé à d’autres.Voyez ensuite comment le poëte accroît ce senti-ment, parla différence descauses : pour Orphée ,il s’agit des mânes de son épouse; pour Énée , ils’agit de son père. Pour Orphée , de rappeler l’une;pour Énée , de voir simplement l’autre. L’épithètede thréiciennc, donnée à la lyre d’Orphée , estemployée par dérision. « Pollux a bien pu rache-« ter son frère de la mort, en l’alternant avec lui.« Il quitte et reprend autant de fois la vie. »Voilà un argument a modo : assez est beaucoupplus qu’une seule fois. « Rappellerai-je Thésée?« rappellerai-je le grand Alcide? » Ceux-ci sontdes héros trop illustres pour que le poète puisseles rabaisser, ou élever Énée au-dessus d’eux ;mais il ne manque pas de se glorifier de ce qu’ilpartage avec eux. « Et moi aussi, je suis de la« race du grand Jupiter. »
L’exemple qui suit est pareil, quoique affé-
loci, qui (licuntur circa rein, et movendis affectibus per-oppmtiini surit. Ex quibus primas est a simili. Ilujusspccics saut très, exempluin, parabole, imago, grimeitapoiSei'Yp.a, rcapaSoM), elxwv. Ab exemple, Vergilius :
SI poluil mimes arcessere conjugis Orphelin,
Threicln freins oilhnrn, fidihusqoe cnnoris :
Si frnlrem Pollux nllrrim morte redemi t.
Quiil TliesWi? magnumQu 1(1 memorem Alciden?
Àntenor potuit mediis «lapsus Achivis .
Ilirc enim otnnia inisericordiani movent, quoiiiam indi-gmmi viilelnr negari sibi, quod aliis imliilliiin sit. Ocinilevide, mule auget invidiam :
Si polult mânes arccssere conjugis Orpheus.
Iiabes cimsnm disparem : mânes illic conjugis, hic pn-Iris; illic arcessere, hic videre.
Throicla freins cltbara,liic niateriam ejus irrisit.
Si fralrem l’ollux alterna morte redemit,ttque mlllque vlam loties.'
hoc juin a modo. Plus est enim sæpe ire, qmim semel.
Quld Tliesea? magnumQutd memorem Alciden,?
lije propier cgreglas personas non babiiit, quod minueret,alqiie augeret; vernm quod in illis eluecbat, hoc sibi ja-elat cum lus esse commune :
rent à l’indignation : « Quoi ! dit Jnnon, Pallas» a pu brûlet la flotte des Grecs! » C’était uneflotte victorieuse, bien au-dessus de ces restesfugitifs que la déesse poursuit. Elle atténue en-suite la cause : « Pour la faute d'un seul, et« les fureurs d’Ajax, fils d’Oïlée. » Le poëte em-ploie l’expression noxam, qui signifie proprementune faute légère. C’était la fonte d’un seul ; ce quipeut se pardonner aisément; et encore le coupa-ble était dans un état de fureur : en sorte qu’iln’y avait pas môme foute.
Autre exemple : « Mars a bien pu exterminer« la monstrueuse nation des Lapithes ». Remarquezdes combinaisons analogues: c’est une nation, etelle est monstrueuse ( immanent ). Poursuivons :« Le père des dieux a livré aux fureurs de Diane« l’antique Calydonie. » Antique est là pouf re-hausser le prix de l’objet. Maintenant .lunon vaatténuer les causes ( du ressentiment des deux di-vinités ) : a Quel si grand crime avait donc eom-« mis le Lapitlie ou le malheureux Calydonien? »
La parabole est une figure qui appartient spé-cialement à la poésie. Aussi Virgile s’en sert fré-quemment pour exciter le pathétique, soit qu’ilveuille peindre l’infortune, soit qu’il veuille pein-dre la colère. S’agit-il de l’infortune : ( exemplestirés de Virgile .)
« Ainsi pleure Philomèle à l’ombre d’un peu-« plier. »
« Telle qu’une bacchante qui entre en fureur à« la vue des objets sacrés. »
« Semblable à la fleur que la main de la jeune« vierge a cueillie. »
Et plusieurs autres paraboles semblables, par
Et mi gémis nb Jove snmmo.
l simile est et illiid ali imlignalionc : Quiil enim? ait Juno,Pallasne exurere classera
Argivum?
jam hoc plus est, classem victricem, qiiam reliquias fu*gientimn. Deinde causant minuit :
Unies ol) noxam et furias AJacis Oilei.qunm minuit, ut noxam dieeret, quod Ievis eulpæ nonienest; et un'ms, quod facile possit ignosci; et furentis, utnec cnlpa sit. Et alibi :
Mars perdere gentem
Immanem Lapitbum valult.
vides easdem observationes, gentem et immanem.Deinde aliud excmplum :
— Concesstt in Iras
Ipse Deum nntiquam genltor Calydona Diana.Antiquam, ut plus honorisaccederet ex vetuslate. Deindein utroque «aiisain minuit :
Quod scelus aut Lapithls tantum, aul Calydone me-rente?
a parabola veio, quoniam magis hoc pocltc convenit, sæ-pissinie pathos movel ; cum aut miserabilem, aut iractin-dum vcllet indiicere. Miserabilem sic :
Qunlis populea meerens Pliilomcla sub ombra.
Qualis commotis excita sacris