MACROBE.
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lesquelles Virgilesol licite les sentiments de lapitié.S’agit-il au contraire de peindre la colère (exem-ple) : «Tel qu’un loup qui rôdeen frémissant autour<■ de la bergerie. » Et: « Tels sont les gémissements« du taureau, lorsqu’il s’échappe du pied de l’au-« teloùilaété frappé. » Et plusieurs autres exem-ples semblables, que celui qui les recherche trou-vera facilement.
L’image est la troisième espèce d’ornement àsimili. Elle est aussi très-propre à remuer les pas-sions. Elle consiste, ou à décrire les formes d’unobjet absent, ou à créer la forme d'un objet quin’existe point. Virgile s’est servi de l’une et del’autre avec une égale élégance. Il emploie iapremière à l'égard d’Ascagne : « O chère et« unique image de mon Astyanax. Ce sont scs«yeux, ses mains, son visage. » Il emploie laseconde dans la fiction suivante : « Il dépei-« gnit ensuite la Renommée éclatante, dont la« ceinture est formée de monstres aboyant. » Lapremière de ces deux images convient mieux pourexciter la pitié. Aussi les Grecs l’appellent oïxtoç(pitié); et l’autre convient mieux pour provo-quer l’horreur, et ils l’appellent SeRtout; (force).Voici des exemples decettedernière :« La Discorde« y accourt avec joie, traînant sa robe déchirée,« etBellone la suit, armée d’un fouet sanglant».On pourrait citer tous les passages où Virgile dé-crit la forme des personnes; mais nul n'est plusbeau que le suivant : « La Fureur impie frémira« au-dedans du temple, la bouche sanglante,« assise sur des armes cruelles, et les mains liées« derrière le dos par cent nœuds d’airain. »
Thyas.
Qualem virginco drmossum pollice florem.etaliæ plnrimæ pathelicai parabolæ, in qnihusmiserai,usest. Quiil de ira?
Ai velnli plenn lupus insidiatus ovili
Dum frémit ad caillas,et :
Mugitus velnli fugit cum saueius aram
Taurus.
et alia plura similia, qui qunerit, inveniet. Et imago,qua; est a simili pars tertia, idonea est movendis alfecti-Inis. Ea fit, cum aut forma corporis absentis descriliitur,automnino, quæ milia est, fingilur. Utrumque Vergiliusdéganter fecit. llliul prius circa Ascanium :
O mihi sola mei super Astyanactis imago.
Sic oculos, sic ille manus, sic ora ferehat.
(ingitvero, coin dicit:
Quam fama secuta est,
Candida succinctam latranlilius inguina monstris.sed pi'ior forma oïxtov præstat, liæc Seivaxriv, id est, priormisericordiain commovet, liorrorem seconda. Sicut alibi :
Et scissa gaudens vadit Discordiapalla,
Quam cum sanguineo sequitur Bellona (lagello.etomnia ilia, quæ de forma dixit. Sed et illud nimiiimpatlietice :
Furor impius intus
Sæva sedens super arma, et cenlum vinctus aenis
Post tergum nodis (remit horridus ore cruento.
CHAPITRE VJ. ’
Du pathétique a majore, et a minore.
Nous venons de parler du pathétique a simili,parlons du pathétique tiré par le poëtede l’argu ■ment a minore, .le cite une grande infortune; sije fais voir ensuite qu’elle est encore au-dessousde celle que je veux peindre, il en résultera cer-tainement un effet très-pathétique. Exemple:« Heureuse entre toutes, la fille de Priant, con-« damnée à périr devant les murs fameux de« Troie etsurletombeaud’un ennemi! «[Androma-que appelle Polyxène heureuse en se comparant,à elle, malgré le mode rigoureux de sa mort( jussamori ), malgré le lieu où elle la reçut, surle tombeau d’un ennemi : comme si elle disait :Quoiqu’on ait fait parler un oracle pour pro-noncer son arrêt, quoiqu’elle ait reçu la mortsur le tombeau d’un ennemi, elle est cependantplus heureuse que moi, puisqu’elle n’eut point« à supporter de devenir le prix du sort. »C'est dans une disposition semblable qu’Enées’écrie : « O trois et quatre fois heureux 1 » C’estainsi encore que Virgile dit de Pasiphaé : « Les« filles de Prétus ont bien rempli les campagnes«de leurs faux mugissements; » puis il ajoute,pourfaire sentir que cette monstruosité est au-des-sous de celle de Pasiphaé : « Mais on ne les vit« point rechercher les amours in fûmes des tnu-« reaux. »
Voici encore un exemple bien marqué dupathétique a minore : « Ni le devin Hélénus .
CAPUT VI.
Pathos a majori et ininori.
Diximus a simili : mine dicamus a minore pathos apoeta position. Nenipe cum aliquid prnponilur, qimd pui-se magnum sil, deinde minus esse ostenditur, quam illud,qtiod volumus augeri, sine dubio infinita miseralio mo-votur. Ut est illud :
O Telix una ante alias Priameia virgo,
Hoslilern ad tumulmn Trojæsub mœnlbus al IlsJtissa mori.
primum qnod ait felix, comparationem soi fecit : deindeposait aloco, flos/ilem ad lumulum. Eta modo, quodnon minusaeerhum est, Jussa mori. Sic ergo luee arai-piendasuntiquamvishostilem ad tiimulum ,quamvisjussumori, felicior tamen, quam ego, quia sorlitus non per tu-Multos. Simileestet illud :
O terque quaterque lieatl.et quod de Pasiphaé dicit :
Prœlides implerunt falsis mugitibus agros.deinde, ut minus hoc esse monstraret :
Al non tam lurpi’s pecudum tamen alla seeula estConcubitus.
Quid illud? nonne vehementer palheticum ost a minore?Ncc vales Helenus, cum mulla horrenda moneret,
Hos mllii prædixil luclus, non dira Celæno.quid liic intelligimus, nisi omnia, quæ passas crat, mi-