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MACROBE.
des orateurs, maintenant, l’homme qui étudiel’art oratoire, lequel devra-t-il préférer, deVirgile ou de Cicéron? — Je vois, dit Iiusèbe,ton intention,où tu prétends venir et m’amener :c’est à établir, entre les deux écrivains, un pa-rallèle que je veux éviter. Tu me demandes sim-plement lequel est supérieur à l’autre, afin que,de ma réponse à cette question, il en résulte, né-cessairement que l’un doive être plus étudié quel’autre. Mais je veux que tu me dispenses d’unedécision si difficile et si grave. Il ne m’appartientpas de prononcer sur de si grandes questions; etquelle que dût être mon opinion, j’en appréhen-derais également la responsabilité, .l’oserai direseulement, en considérant la fécondité si variéedu poète de Mantoue, qu’il embrasse tous lesgenres d’éloquence, tandis que Cicéron n’aqu’une manière : son éloquence est un torrentabondant et inépuisable. Cependant, il estplusieurs manières d’être orateur. L’un coule etsurabonde; l’autre, au contraire, affecte d’êtrebref et concis; l’un aime en quelque sorte lafrugalité dans son style; il est simple, et d’unesobriété d’ornements qui va jusqu’à la sécheresse;l’autre se complaît dans un discours brillant,riche et fleuri. Toutes ces qualités si opposées,Virgile les réunit; son éloquence embrasse tousles genres. — Je voudrais, dit Aviénus, quetu me fisses sentir plus clairement ces diversités,en menommantdes modèles. Ëusèbe répondit : Ilestquatregenres d’éloquence, le genre abondant :dans lequel Cicéron n’a point d’égal ; le genreconcis, dans lequel Salluste est au-dessus detous; le genre sec, dont Fronton est désigné
ricac artis ostenderotur. Ht Avionus : Diras milii, inqnil,volo, doctoral»! optimn, si conccdiimis, sicuti necesse est,oratorem fuisse Vergilimn , si quis nnne velil ornndi ar-tem consequi, utnim réagis ex Vergilio, an ex Ciceroneproliciat?'Video, qaid agas, inquit Eusebius, quid in-tendas, qno me traherc coneris : coscilicet, quo minimevolo, ad eomparationem Marnnis et Tullii. Verecnndeenirn interrognsli, nter connu præslanfior, quandoqnidemnccessario is plurinnim collatnms ait, qui ipse plnrinnnnpræstat; sed istâm milii neeessilatem altam et profundamremittas volo : (|uia non uostrum inter illos tantas com-ponere lites. Ne»; ausim in utramvis partem talis sententiæauctor videri. Hoc solmn andebo dixisse, quia faeinidiaMantnani multiplex et mnltiformis est, et dicendi gémisomne complectitnr. Ecrc enim in Cieerone vestro iniuscloquentia; ténor est, ille abundans, et torrens, et c.opio-sns. Oratornm autem non simplex, nec nna nafuraest:sed bir, (luit, etralundat; contra ille breviter et circnin-Cise dicere afl'ectat : tennis quidam, et siceus, et sobrinsamat quandam dicendi frugalitatem; alius pingui, et Iucii-lenta, et floridanralionelascivit, laqua tailla omnium dis-similitudine unus oinnino Vergiiius invenilur, qui clo-quentiam exomni généré conflaverit. Respondit Aviemis :Apertius vellem, me lias diversitales sub personarninexemplis doceres. Quatuor sont, inquit Eusebius, gêneradicendi : copiosum, in quo Ciccro dominatur : breve, in
comme le modèle; enfin le genre rieho et fleuri,qui abonde dans les écrits de. Pline le, jeune ,et de nos jours, dons ceux de notre ami Sym-maque, qui ne le cède, sous ce rapport, à aucundes anciens : or ces quatre genres, on les re-trouve dans Virgile.Voulez-vous l’entendre s’ex-primer avec une concision qu'il est impossiblede surpasser ; « Les champs ou fut Troie. »Voilà comment, en peu de paroles, il détruit, ilefface une grande cité, il n’en laisse pas seu-lement un débris. Voulez-vous l’entendre ex-primer la même idée avec de longs développe-ments :
« Le dernier jour est arrivé, que l’inévitable« destin assigna à la race de Dardanus! Il n’est« plus deTroyens; Ilion, qui fut leur gloire, a« passé. Le cruel Jupiter a tout livré à Argos;« les Grecs sont maîtres de la ville, que la flamme«consume.... O patrie! ê Ilion, demeure des« dieux! 6 remparts célèbres partant d’assauts« que leur livrèrent les fils de Danaüsl... Qui« pourrait raconter le deuil et. les désastres de« cette nuit? Quelles larmes pourront égaler de« telles douleurs? Elle croule cette cité antique,« qui fut reine pendant tant d’années! »
Quelle source, quel fleuve, quelle, mer répandirentjamais plus de flots, que Virgile en cet endroitrépand d’expressions? Je passe maintenant àun modèle de simplicité dans l’élocution :
« Tu mus, qui volait, pour ainsi dire, au-de-« vaut de son armée, à son gré trop tardive, ar-« rive à l’improviste devant la ville, suivi de« vingt, cavaliers d’élite : il monte un cheval« thrace, tacheté de blanc; il porte un casque
qiioSalhistiiis régnât : siecnm,qiioil Frniiloni adsmbilur :pingue etfloridum, in qno Plinius Seeimdus qiminlani,et mine millo vetenmi ininor noslcrSymmaolms luxiiria-tur. Sedapud unum Maronem liæe qualimr généra repe-ries. Vis audiic ilium tanta brevitatc direntem, ut arc-tari inagiset eonlrahi hrevilns ipsa non posait?
Et campos., ubi Troja fuit.
eccc paucissimis verbis maximum civitatem liausitet ali-sorpsit : non reliqnit illi ncc ruinnin. Vis hoc ipsum copio-sissime dicat?
Venit summadies, et inoluctabile fatumDardanidæ : fuiimis Troes, fuit Ilium, et lngcnsGloria Teucrorum. Férusomnia Jiipplter ArgosTranstu lit. liicensa Damii domlnanlur in urbe.
O patria! o Divûm domus Ilium , et inelila belloMœnia Dardanidum !
Quis cladein illius noctls, quis funern fandolixplicet? ont possit lacrimis icq mire dolorem ?
Urbs anliqua ruit multos dominata per annos,
Quis fons, quis torrens, qnod mare tôt fiiiclilms, qiiothic verbis inundavil? Ccdo nunc siccumillud genns eloeu-tionis :
Turnus, ut antevolans tardum præ.cesscrat agmen,Viginti lectis equitum comilatus,et urbiImprovisus adest •. maculis quem Thracius atbisPortât equus, crisiaque legit gulca aurea rubra.