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LES SATURNALES, LIV. V.
« 1-es campagnes sont couvertes «1e troupes :« tes jeunes descendants des Argieils, les batnil-« Ions des Arnnees, les Rulules, les vieux Siea-■> niens, et auprès d’eux le corps des Guuranes,« et les Labiens qui portent des boucliers peints;« les peuples qui habitent les bords du Tibre , et« ceux qui cultivent la rive sucrée du Numi-« eus, qui labourent les collines Rotules et ia» montagne de Ciroé, champs que protège Jupiter« Anxur etc. »
CHAPITRE XVI.
Des ressemblances qui se rencontrent dans les dénombre-ments Me troupes) de Virgile et dans ceux d’Homère ;des maximes fréquentes qui se trouvent dans leurs ou-vrages; des passages dans lesquels Virgile , soit par liasard, soit il dessein, s’éloigne d’Homère ; et de ceux danslesquels il dissimule sus imitations.
Nos deux poètes ont soin, dans leurs dénom-brements de troupes, après des détails arides etdes catalogues de noms propres, de placer unrécit d’une poésie agréable, pour délasser l’espritdu lecteur: Homère sait amener, parmi les énu-mérations des noms de pays et de villes, des ré-cits qui rompent la monotonie.
« Ceux qui habitaient Pylos et la riante Aré-« née, et Thryon où est un gué de l’Alphée, et« Apysquiest bien bAtie; Cyparlsse, Amphigé-« née, Plétée, Élos , Dprion, où les Muses pri-« vèrent le Thrace Thamyrisdc l’art du chant :« ce Thiimyris, fils d’Eurytus, natif d’OEchalie,■ assurait orgueilleusement qu’il triompherait,* au chant, des Museselles-mômes, filles de .Tupi-
Agmliia densonlur cainpii, Argivaque pubes,Auruncaïque manus, llululi, velcresque Sicani,
Slanl (.nuraii»' noies, et picti scuta Lahici :
Qui sallus, Tilierine, tuos, aaerumque Numictl.ilus arant, Kutulosquc exercent vomere colles,Circiruinquc Juguin • qeis Juniiitcr Anxurls arvisPrœstdel, etc.
CAPÜÏ XVI.
Quæ utriusque calalogls stinilitudo, quam crebrai apudutruinquesententiæ. Tum in quiliussivc casu.sive sponte,al) llomero Vergilius desclscat, et In quibus lmitationeinipsain dissiinulct.
Uterqne in catalogo suo post difflcilimn rermn vel nomi.num narrationem inl'ert fabulai» cnm versibns amieniori-hns , ut 1er,loris animas recrcehir. Humérus inter emmic-Tanda regionmn et urbhini nomina facit locum falmlis, quælorrorein satietatis excludaut :
O'i 8è llûXov t’ êvép/wo, xal ’Aprjvqv êpaveiv^v,
Kal Opvov ’AXçeioïo Tuôpov, xal déxmov Alnu,
Kai Ku7tapi<rof|Evva, xal ’ApupiyévEiav ïvaiov,
Kal IIteXeov, xal "EXo?, xal Acipiov ivOà te Moüaat’Avropxvai, Wapupiv t8v Wpqlxa Tcaîioav àotSifo,Or/aXinOev lôvra, 7tap’ KOpuTou OtyaXiijoî -
«ter; mais celles-ci irritées l'aveuglèrent, lui« enlevèrent l’art divin du chant, et lui firenta perdre le souvenir de l’art de jouer de la ci-n tlmre. »
Et ailleurs ;
« Le chef do ees peuples ôtait Tlépolème, que sa« lance avait rendu célèbre. Hercule l’eut d’As-« ryochèe, qu’il amena d’Éphyre, ville située sur« les bords du fleuve Sellente, après avoir dévasté« plusieurs villes habitées par les enfants de Ju-« piter. Tlépolème, après avoir été nourri dans« l’abondance, tua bientôt l’oncle chéri de son« père, le vieux Licymnius, fils de Mars. »
Voyez aussi ce qui suit et les ornements, dontHomère l’embellit. Virgile , fidèle à suivre sonmodèle, intercale dans son premier dénombre-ment l’épisode d’Aventin et celui d’Hippolyte, etdans le second l’épisode de Cygnus. Ce sont cesornements mélés à la narration qui en détruisentla monotonie. Virgile observe la même chose,avec beaucoup d’élégance, dans tous ses livresdes Géot’giques. Ainsi, après les préceptes, aridesde leur nature, pour soulager l'esprit et l’oreilledu lecteur, il termine chacun de ses livres parun épisode qui en est déduit. Dans le premier li-vre, ce sont les signes précurseurs des orages;dans le deuxième, l’éloge de la vie champêtre;dans le troisième, la description de l’épidémiedes trou peau x ; le quatrième enfin est terminépar l’épisode, bien amené, d’Orphée et d’Aristée.C’est ainsi que, dans tous les ouvrages de Vir-gile, reluit l’imitation d’Homère .
ïteùto yàp eOxôgevo; viXKiaE'gev, ebtep àv auraiMoüaai àEÎSoiEv, xoùpai Aw; aiyiôx 010 '
Al 8è /_o),waâ|Uvai wjpèv Oéaav aùràp àotSilv0Ean£alriv àpeXovro, xal ÈxXÉXaOov xiOapiaTVV.
et alibi :
Twv piv TXiiTtiXtgot BoupixXvnèî X,ytp.6vEusv,
"Ov zév.vi ’AoruôxEia [tir] ’lIpaxXuElij,
T^v àyEr’ ’Epupy; norapoO àxà SEXXqevroç,
TUpaa; âarea TroXXà BiorpEçétiiv al^rfüv.
TXr]7üôXe|jLo; 8’, èml o5v tpàç’ ivl p.Eyÿptp EünqxtM,Aùrixa itarpo; éoîo <piXov gArpipa xaréxTa'HSr) yripàaxovra AixOp-viov, 6Çov ’Apr,o«.et i cliqua, quibus protraxil jucundilalem. Vergilius in liocsecutus auctorein, in priore catalogo modo de Aventino,modo de Hippolylo iabulalur : in secundo Cygnns ei fa-bula est. Et sic amouiilas intertexta fastidio narratiomimmedetur. lu omnibus ver» Georgicorum libris lioe idemsomma cuni clegantia feeit. Nam post præeepla, quæ na-tora res dura est, ut legcnlis animum vel auditum nova-ret, singulos libros accili cxtrinsecus argumenti inlerpo-siliuno couelusil, primum de signi6 tempestatum, delaudalione lustirævilæ scc.undum; et lertius desinit inpestileutiam per.ormn. Quarti Unis est d Orplieo et Aris-| leo non otiosa uarralio. lia lu onmi opéré Maronis, Home-I riea lueet imitai io. Hoiiktus omnem puesim suai» ita seu-il.