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et chacun de ses apophthegmes est devenu pro-verbe, et a passé dans la bouche de tout le monde.
« Maiscomment les dieux protégeraient-ils tous« les hommes ensemble? »
« Il faut bien accueillir l’hôte qui se présente,• et le laisser partir quand il veut. »
« La modération est excellente en toutes cho-« ses. »
« La plupart des hommes sont méchants. »
« Ce sont les faibles qui exigent des faibles« des gages pour les engager. »
« Insensés ceux qui veulents’opposerù de plus« puissants qu’eux 1»
Voyez aussi plusieurs autres vers en forme demaximes. Il ne manque pas non plus de ceux-là dans Virgile.
« Nous né sommes pas tous capables de toutes« choses. »
« L’amour subjugue tout. »
« Le travail opiniâtre triomphe de tout. »
« Mourir est-il donc si malheureux? »
« Chacun a son jour, qui est fixé. «
« Qu’exiger de l’ennemi, le courage plutôt« que la ruse? »
« Les productions propres à chaque contrée, et« celles que chaque contrée refuse. »
« Faim sacrilège de l’or. »
On trouve dans Virgile mille autres maximespareilles, qu’il deviendrait fastidieux de rap-porter, puisqu’elles sont dans la bouche de toutle monde, et qu’elles se présentent d’elles-mêmesà l’esprit du lecteur. Quelquefois cependant, soitfortuitement, soit spontanément, Virgile s’é-carte des principes d’Homère. Ainsi, le poètegrec ne reconnaît point la Fortune; il attribue ladirection universelle de toutes choses à un seul
tentiis farsit, ut singula ejus àjroçOÉyp.aTa vice proverbio-rum in omnium ore funganlnr. Ut :
AXX’ oürao; Sp,a navra GeoI Sôaav àvpOdmonjt.
Xp^ $eïvov Tmpéovm ipiXeîv, èOéXovra êè nêpwtEiv.
Métpov S’ Itù rtâaiv ipicrtov.
Oi irXéovEç xaxtouç.
AeiXai toi ÔEtXhW ye xa! êyyûai êyyuâaaOai.
’Açpùv S’ 8 <tx’ eOeXoi npè; xpsîaaovaç àvTupepiilEiv.et alia plurima, quæ sententialiter proferuntur. Nec hæcapud Yergilium frustra desideraveris :
Non omnia possumus omncs.
Omnia vincit amor.
Labor omnia vincit Improbus.
Usque adcone mori miserum est?
Stat sua cuiquedies.
Dolus an virtus quis in hoste requirit?
Et quid quæquc ferat regio, et quid quatque recuset.
Auri sacra famés.
et, ne obtundam nota referendo, mille sententiarum la-lium autin ore sunt singulorum, aut obviæ inlent'oni le-gentis occurrunt. In nonnullis ab Ilomerica secta, baudscio casune an sponte, desciscit. Fortunam Homerus ne-scire maluit , et soli Deo, quem poïpav vocat, omnia re-genda committit; adeo ut hoc vocabulum -djyr, in nulla
dieu qu’il appelle Moira; et le mot™^ (le ha-sard) ne se trouve nulle part dans son poème.Virgile au contraire, non-seulement reconnaîtet mentionne le hasard, mais il lui attribueencore la toute-puissance ; tandis que les philo-sophes qui ont prononcé son nom reconnaissentqu’il n’a par lui-même aucune force, mais qu’ilest seulement le ministre du destin ou de la pro-vidence. Dans les fables, comme dans les nar-rations historiques, Virgile s’écarte aussi quel-quefois d’Homère. Ainsi, chez ce dernier, Égéoncombat pour Jupiter, tandis que, chez l’autre, ilcombat contre lui. Virgile nous représente Eumè-des, fils de Dolon, comme un guerrier courageuxqui a hérité de la bravoure et de la vigueur de sonpère, tandis qu’Homère fait de Dolon un lâche.Le poète grec ne fait pas la moindre mention dujugement de Pâris ; il ne fait point de Ganymèdele rival de Junon enlevé par Jupiter, mais l’é-chanson de Jupiter enlevé dans le ciel par lesdieux, pour les servir. Virgile attribue le res-sentiment de la déesse Junon à ce qu’elle n’ob-tint pas, au jugement de Pâris , le .prix de labeauté, motif qui serait honteux pour toutefemme honnête; et il prétend que c’est à causede cet adultère débauché qu’elle persécuta toutesa nation.
D’autres fois, c’est avec une sorte de dissi-mulation que Virgile imite son modèle. Il chan-gera la disposition d’un lieu qu’Homère auradécrit, pour empêcher qu’on ne le reconnaisse.Homère, par une grande idée, suppose que lebouleversement de la terre arrache des enfersPluton lui-même,poussant des cris d’épouvante.
k Le père des dieux et des hommes fit enten-« dre son tonnerre au haut du ciel, d’une manière
parte Homerici voluminis nominetur. Contra Vergilius nonxoliim novit etmeminit,sed omnipotentiam quoqtie cidemtribuit; qnam et philosophi, qui eam Dominant, niliil suavi possc, sed decreli sivc providentiæ ministram esse,volucrunt. Et in fabulisseuin historiisnonnunquam idemfacit. Ægæon apud Ilomerum auxilio est Jovi : hunecontra Jovem armant versus Maronis. Euincdes Dolon»proies, bello præclara, animo inanihusque parentem re-fert; cum apud Homerum Dolon imbellis sit. Nullarncommemorationem de judicio Paridis Homerus admittit.Idem vates Ganymedem, non ut Jnnonis pellicem a Joveraptum, sed Jovialium poculornm ministrtim, in coduma Diis ascitum refert, velut OsoTtpEmô;. Vergilius tanlamDeam, quod cuivis de honestis feminae déformé est, velutspccie victam Paridc judicante doluissc, et propter ca-tamiti pellicatum totam gentem ejus vexasse, commémo-rât. Interdum sic auclorem suum dissimulanler imitatur,utloci inde riescripti solam dispositioncm mutet, et fa-ciat velut aliud videri. Homerus ingenti spiritu ex per-turbatione terræ ipsum Ditem patrem territum prosilire,et exclamare quodatmnodo facit :
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