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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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les saturnales, liv. v.

« effroyable, tandis que Neptune ébranla les« fondements immenses de la terre et les som-« mets élevés des montagnes. Les racines et« les sommets de l’Ida, qu’arrosent de nombreu-« ses sources, furent ébranlés, ensemble avec la« ville des Troyens et les vaisseaux des Grecs.« Pluton lui-même fut effrayé au fond de son« royaume infernal ; il se leva de son trône et« s’écria d’épouvante, redoutant que Neptune,« en ébranlant la terre, ne la fît entr’ouvrir au-« dessus de lui, et que ces demeures hideuses« et terribles, qui font frémir les dieux eux-mê-« mes, ne fussent ouvertes aux regards des« mortels et des immortels. »

Virgile a profité de cette conception; mais pourla faire paraître neuve, au lieu de la mettre enrécit, il en fait une comparaison :

« Telle à peu près la terre, si, profondément« déchirée, elle découvrait 1 les demeures infer-« nales et les royaumes sombres, détestés des« dieux ; si on apercevait d’en haut l’abîme sans« mesure, et les mânes tremblants, à l’immis-« sion de la lumière. »

Voici un autre exemple de ces larcins dis-simulés. Homère avait dit que le travail netrouble point la vie des immortels : « Les dieux« vivent paisiblement. » Virgile répète la mêmechose d’une façon détournée :

« Les dieux, dans le palais de Jupiter, dé-« plorent les malheurs inutiles des deux peu-« pies, et la condition des mortels, condamnés« à tant de travaux, »

Dont, par conséquent, ils sont eux-mêmesexempts.

Tatav àiceiperrh)v, ôpe'iov t’ atxeivà xipïjva.

1 lavreç 8’ êaaeioveo xôBeç noXumSàxou ”18 ï]5 ,

Ka! xopuçai, Tpwcov te xoXic, xal vîjst '\'/ 7 .'.üry.

ESSeutev 8 UTOvepOev àvaÇ èvÉptov ’AïStoveuç*

AEttra; 8’ £x Opôvov SXto , xal ïa^E, pnrç ol uncpOeTaiav ava^eie lIoaEiSâwv IwaiyOwv,

Oixla 8è Ovvivûïfft xal àOavctTOiai çavelv]ïp.Ep8aX£’, EÙpwEvra, t<xtê axijYÉoutji Osol xep.

Hoc Maro non narrationis , sed parabolæ loco posuit, utaJiuil esse videretur :

Non secus ac si qua penilus vl terra dehiscensInternas reserct sudes, et régna recludatPallida, Dits invisa, superque immane baralhrumCernatur, trepidenlque Immisso luinine Mânes.

Hoc quoque dissimulando surripuit. Nam cum ille dixis-set, Ueos sinclaborevivere, Geoî $Eïa tüxme?; bocidemdixit occultissime :

Di Jovis in tectis casum misernntur inanemAmborum, et tantos mortalibus esse labores.

quibus ipsi scilicet carent.

CHAPITRE XVII.

Que Virgile n’a pas suffisamment motivé l’origine de laguerre qui s’élève entre les Troyeus et tes Latins. De*morceaux qu’il a traduits d’Apollonius et de Pindare;et qu’il s’est plu non-seulemeut à employer des nomsgrecs, mais encore des désinences helléniques.

Ce qui fait ressortir évidemment le secoursqu’Homère a prêté à Virgile, ce sont lesmoyens que celui-ci a imaginés lorsque la né-cessité l’a contraint à inventer des motifs deguerre, dont Homère n’avait pas eu besoin,puisque la colère d’Achille, qui donne sujet àson poème, n’eut lieu que la dixième année dela guerre de Troie. C’est d’un cerf, blessé parhasard, que Virgile fait un motif de guerre;mais sentant que ce moyen est faible et mêmepuéril, il le renforce de la douleur que cetévénement occasionne aux habitants de la campa-gne , dont les agressions suffisent pour amenerles hostilités. Mais il ne fallait pas que les ser-viteurs de Latinus, et surtout ceux qui étaientattachés au service des écuries royales, et qui,par conséquent, n’ignoraient pas l’alliance quele roi avait contractée avec les Troyens, lesdons qu’il leur avait faits de plusieurs chevauxet d’un char attelé, vinssent attaquer le filsd’une déesse (Énée). Qu’importe, après cela,que la plus grande de toutes descende du ciel,et que la plus horrible des Furies soit évoquée duTartare; que des serpents viennent, comme authéâtre, répandre l’horreur sur la scène ; quela reine, non contente de sortir de la retraiteque la bienséance impose aux femmes, et deparcourir les rues de la ville, associant à sesfureurs d’autres mères de famille, prenne l’es-

CAPUT XVII.

Non satin apte Vargilium fecisse inilium belli Inter Trojanoset Latinos. Inde, quæ ex Apollonio et Pindaro traduxerit :quamque Græoorum cum vocabulis, tum lnflexione etiam,sit delectatus.

Quid Vergilio contulerit Homerus, bine maxime liqnet,quod ubi reriim nécessitas exegit a Marone dispositionemineboandi belli, quam non hahuit Homerus, (quippe quiAcbillis iram exnrdium sibi feccrit, quæ decimo demumbelli anno contigit ) lahoravit ad rei novæ partum ; cervumforluito saucium fecit causam tumultus. Sed ubi vidit hoclevé, nimisque puerile, dolorem auxit agrestium, ut im-petus eorum sufficeret ad bellum. Sed nec servos Latini,et maxime slabulo regio curantes, atque ideo, quid fœ-deris cum Trojanis Latinus icerit, ex muneribus equorumet currus jugalis non ignorantes, bellum generi Deûmoportebat inferre. Quid igitur? Deorum maxima dedu-citure coelo, et maxima Furiarum de lartaris adsciscitur:sparguntur angues velutin scena parturientes lurorem :regina non solnm de penetralibus reverentiæ matronaliseducitur, sed et per urbem mediam cogitur facere dis-cursus : nec hoc contenta, silvas petit, accilis reliquismatribus in societatem furoris. Bacchatur chorus quou-