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sor vers les bois, et que cette troupe de femmes,jusqu’alors pudiques, devienne un chœur deBacchantes qui célèbre de folles orgies? qu’im-porte, dis-je, tout cela? J’avoue que j’eussemieux aimé que, dans cet endroit comme end’autres, Virgile eût trouvé quelque chose àimiter dans son modèle ordinaire, ou dans quel-que autre des écrivains grecs.
Ce n’est pas sans motif que je dis dansquelque autre des écrivains grecs; car Virgile ne s’est pas borné è moissonner dans un seulchamp; mais partout où il a trouvé quelquechose de bon à imiter, il se l’est approprié. Ain -i,c’est avec le quatrième livre de l ’Argonauliqmdont Apollonius est l’auteur, qu’il a composépresque entièrement le quatrième livre de l’E-néide, en transportant entre Énée et O don leschastes amours de Médée et de Jason. Mais il atellement effacé son original, que la fable desamours de Didon , dont tout le monde connaîtla fausseté, a pris depuis tant de siècles lescouleurs de la vérité, et est tellement répanduedans tous tes esprits, que les peintres, lessculpteurs, et ceux qui exécutent des sujetsde tapisserie, puisent principalement dans cetépisode, comme dans un type unique dedécoration, tous les sujets de leurs travaux,tandis que, de leur côté, les comédiens le repro-duisent continuellement dans leurs pantomimeset dans leurs chants. Le charme de la poésie atellement prévalu, que, encore que l’on con-naisse fort bien la chasteté de Didon , et qu’onsache qu’elle se donna la mort de ses propresmains, pour mettre sa pudeur à l’abri de touteatteinte, on cède cependant à la fiction ; et,
dam pudiens, et orgia insnna celebrantur. Qiiiil pinra?ilfaliiissem Maronein et in bac parte apud auctorein Simm,vel apud qiiemlibcl Gra'corum alium.qood sequeretur,habiiisse. Alium non frustra dixi, quia non de unius r a-f.emis vindemiam sibi fecit, sed bene in rem suam verlit,piidqr.id ubicumque invenit imifandum : adeo, ut deArgonauticorum quarto, quorum scriptor est Apollonius ,lilirum Æneidos sune quartum totum pæne forniaveiit, adDidonrm vel Ænean amatoriam continenliam Medeæcirca Jasonem trausferendo. Quod ita eleganiius auetoredigessit, ut fabula lascivientis Didonis, quam (alsam no-vit universitas, per tôt tamen secula speciem veritatisoblincat, et itapro vcro pérora omnium volitet, ut pieto-res fietoresque, et qui figmentis liciorum contexlas imi-tanlur effigies , bac maleria vel maxime in efficiendis si-mulacris tauquam unico argumento decoris ulantur : necminus bislrionum perpetuis et gestibus et cantihus cele-bretur. Tantum valuit pulclnitudo narrandi, ut omnesPlitraissae castitatis conscii, nec ignari manum sibi inje-cîsse reginani, ne pateretur damnuin pudoris, coimiveanttamen fabulæ.et inti-a conscientiam veri lidem prcmènles,inalint pro vero célébrait, quod pectoribus lmmanis dul-cedo fingentis înfudit. Videaums, utrum attigerit et Pin-darum, quem Flacons-imitation! inacessum fat dur. Etminbta quidem atque rorantia, qtiæ Inde subtraxit, rc-
étouffant en soi la conscience du vrai, on seplaît à voir célébrer comme véritables les fablesque les séductions du poète ont glissées dans lesesprits.
Voyons maintenant si Virgile aura pu attein-dre Pindare, qu’Horace avoue inaccessible à l’i-mitation. J’omets d’abord quelques légers lar-cins, pour examiner avec vous un passage queVirgilea tenlé de traduire presque intégralement,et qui mérite d’étre discuté avec attention. C’estavec les vers de Pindare sur la descriptiondes éruptions de l’Etna, qu'il veut lutter; et,pour cela, il essaye de s’approprier ses pensées etmôme ses expressions, a un tel point qu’il estplus abondant et plus enflé que l'indnre lui-même , à qui l’on a reproché cette redondanceet cette enflure. Pour vous mettre à portée dejuger par vous-mêmes de ce que j’avance, jevais placer sous vos yeux ceux des vers du lyri-que grec, sur l'Etna, que ma mémoire mesuggère :
«(L’Etna) dont l’abîme vomit les sources« sacrées d’un feu inaccessible. Ces fleuves brù-« lants ne semblent, dons l eclat du jour, que dos« torrents de fumée rougis par la flamme; dans« l’obscurité de la nuit, c’est la flamme elle-« même, roulant des rochers quelle fait tomber« avec fracas sur la profonde étendue des mers.« Typhée , ce reptile énorme, vomit ces sources« embrasées; prodige affreux dont l’aspect im-« prime l’épouvante, et dont on ne peut sans« frayeur se rappeler le souvenir. »
Écoutez maintenant les vers de Virgile , quiparaissent une ébauche plutôt, qu’un tableau :
« Le port où nous abordâmes est vaste, et
liiiquo : unum vero locum, quem tenlavit ex iufegropæne transcribere, volo cmnimuiicarc vobiscum, quiadignus est, ut, eum velimus allius intueri. Cum Piudaricaimen, quoi! de iialura atque llagrautia moutis Ætirecompositum est, æmulari vellet, ejusmodi sentenlias elveiba niuliliix esf,ul Pindaro queqoe ipso, qui nimisopima.et piugui faeundia cxistimalus esl, insolenlior liocquidem in loeo tumidiorqiic sit. Atque uli vosmelipsosojus, quod dico, arbitras i'aciam, carnien l’indari, quodest super monte Ætna, quanUilum milii esl mémorisé,dicam :
T aï? ÈpeûyovTai jj.lv àjt), oc-tou îrupè? âyvÔT«Tai’Ëx (j.uj(üv naval' 7toTap.olA' àpipatat pclv 7 tpoxÉovxt éôov xairvoüAlOw'/ • à/,).’ dv ôpçvaccrt 7t£tpa?qiotvciTcra xuXivSop-lva £? (taOec-av çÉpei xôvtou 7t).âxa aùv TtaTocycp.
Keïvo 6’ ’AcpacciTOio xpouvoù;, IpnexovAecvoiàTOU? àva7tÉ|i-7cei‘ TÉpa; pcèv Oaupaaiov rcpoacSE-aOae OaOpa 81 xai mxjiov-Ttüv àxciüaai.
Audite mme Vergilii versus, ul inclinasse eum ven’us,quam perfecisse, dicalis :