LES SATURNALES, L1V V.
« tout à fait à l’abri des vents ; mais on entend« tonner auprès les horribles éruptions de l’Etna .
« Tantôt il vomit dans les airs une sombre«nuée, où brille l’étincelle, où fument des« tourbillons de poix, d'où parfent des globes«de feu qui s’élèvent jusqu’aux astres; tantôt« il décharge et lance dans les airs des rochers« arrachés des entrailles de la montagne, où ses« profonds bouillonnements font rejaillir avec« fracas les pierres liquéfiées, et agglomérées« en une seule masse. »
Fidèle à la vérité, Pindare commence à pein-dre l’Etna tel qu’il se montre réellement, exha-lant la Aimée pendant le jour, et laissant échap-per des fiammes durant la nuit. Virgile , toutoccupé h faire du fracas, en rassemblant desexpressions retentissantes, n’a fait aucune distinc-tion entre ces deux moments. La poète grec peintmagnifiquement l’éruption des sources embrasées,les torrents de fumée, et ces colonnes tortueusesde flamme qui, semblables à des serpents defeu, sont portées jusqu’à la mer. Mais lorsque,pour rendre fooy xcucvoîi aïûtova (un torrent defumée rougie par la flamme), le poète latjp em-ploie les mots airain mbem, turbine piceo , fu-villa fumante, il tombe dans de grossières re-dondances; ylobos Jlammarum rend bien malxpouvoùç (sources de flammes) : mais ce qui u’apas de qualification, c’est de dire que la nuéesombre et fumeuse lance de noirs tourbillons etdes étincelles; car les matières incandescentesne produisent ni noirceur ni fumée. Peut-êtreVirgile a-t-il employé le mot candente pour
Porlus «), accessu ventoruin inqnolus, et ingenstpse : sed liorriflds juxta tonal Ælna rninis,
Intcnluinquo atram prorumpit ad ælliera nubem,
Turbine fumantem piceo, et candente fa vil la;
Altollitquc glubos llainnianmi, et aidera lanibit.lulcrduin scopulos, avul.xaque viscera uioiiUspriait eruclans, liqucfnctaque saxu sut) aurasQui) gemitu glonierat, fundoque exaisluat (mo.
fn principio J’imiarus, veritati obsecutus, dixit, quoi) rescrat, quutlquc illic oculis depiclieuditur, inlerdin fuinarediluant, noctn llaminigare. Vcrgilius autem, dum in Stic-pitu 8omlii(|uc verlmrum coni|uircudo lalioravit, ulrum-qufi tempus milia discrelione facta confndit. Atque illcGræcns quidem fontes imitas iguis eruolare, et iinereaimies l'unii, et llammarum fulva et tortuosa volmnina inpiagas maris ferre, quasi qnosdam igneos alignes, lucu-leute dixil. At hic vesler, atram mbem turbine piceo et(avilit! fumante, foov xairvoù alOwva, inlerpretari vo-iens, crasse et iinmo<licc congessit; ÿ/obos quoque flam-marum, quoi! illc xpouvoùç dixerat, duriter posuit etixùpuç. lloevero vej inenarrabile est, qiiod mbem atramfamure dixil turbine piceo et favilla candente. Noneiiim fumure soient, neqiic atra esse, qqæ sunt candcn-tia; nisi (bile candente dixit pervutgatc et improprie profei vend, no» pro relucenli. Nam candens srilicet a can-dure dir.lnin, non a calorc. Quod autem scopulos cru-clari et erigi , eosdrmque ipsos stutim liquefie.ri et ge-
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brûlant et non pour brillant, ce qui est une ma-nière de parler grossière et impropre ; car candensdérive de candor, et non de calor. Quant à ceque Virgile ajoute, que le volcan soulevé et vo-mit les rochers, tandis qu’il dit aussitôt aprèsque, fondus eq une seule masse, ils sont lancésen l’air avec fracas, rien de semblable n’a étéécrit par Pindare , ni articulé par qui que ce soit ;et c’est la plus grande des monstrqosjtés.
Maintenant, jugez de l’affection fie Virgile pour la langue grecque, d’après les mots nom-breux qu’il lui a empruntés :
« Le cruel (dirus) Ulysse. «
« Antre (spe(m) des hôtes féroces- u« Dédale 4e loges (des abeilles], y« Les sommets du Rhodope. y« Les hautes montagnes de Vanchee. r« Les Gèles, l’Hèbre, {’Acliennp ürilbye. »« Telle qu’une bacchante ( Thyns ) que fait en-« trer en fureur le bruit des orgies triennales de« Bncehus, et dont les epis nocturnes invoquent« le Cythéron. »
.« Ne t’irrite point contre le visage de la Laco-« nienne ( Lacenæ ), fille de Tyndare. » (Hélène).
« Accourez ensemble, Faunes et jeunes Qrya-
« 4ps. »
a Les Orëudes forment des groupes çà et |à. y» Les uns forment des chœurs [cforeas] de« danse. i>
« Ses nymphes travaillaient les toisons de Mi-« let, teintes en couleur d’un vert transparent.« Dryme, Xanthe, Lygée, Phyllodoee, Nise,« Spio, Thalie, Cymodoce.... »
mere atque glomerari sub auras dixit, hoc nee s pin-daro scriplum, nec unqtiam fando audition, et omnium,quæ monstra dicunlur, moi|strosi$si|»qip est.
Poslremo Graiæ linguæ qiiam se librnlpr aiJdjwiL decrebris, quæ usurpât, vocabulis æstimute :
Dirus Ulysses.
Spelaja fernrum.
Ihudala lecla.
Hhodopeiæ nm»s.
Allaqut* Panchtua,
Atque Gelæ, atque Hebrus, et Actias OriUiyia.et :
Thyas, ubi audito stimulant trieterica BaochoOrgia, nocturnusque vocal clamore Cylhæron.et :
Non tibi Tyndaridis faciès invisa Lacœuie.et :
Ferle sitnul Faunique pedem, Dryadesque pu II iet :
Hinc atque hinc glomeranlur Oreades.et :
Pars pedibus plaudunt choreas.et:
Milesia vellera nymplucOarpebanl, liyaii sature fucata colore :
Drymoque, Xanthoque, I.ygea<|uc, Pbyiiodoeeipie,