LES SATURNALES, LIV.
nomme-t-il précisément le lleuve Achéloüs ?, L’estce dont personne ne s’informe, car ou ne soup-çonne même pas qu’un sens érudit soit cachésous ce passage. Pour nous, après l’avoir pro-fondément médite, nous avons reconnu que ledocte poète s’est conformé, en cet endroit, auxidées des plus anciens auteurs grecs, chez les-quels , comme nous en donnerons la preuve, lenom d’Achéloüs était employé spécialement pourdésigner l’eau. Et ce n’était point sans raison ; carle motif de cet usage nous a été soigneusementtransmis : mais, avant de l’exposer, je veuxprouver, par l’exemple d’un ancien poète, quec'était une locutidn usuelle, de désigner l’eau engénéral sous le nom d’Achéloüs . L’ancien co-mique Aristophane , dans la comédie intituléeCocalus, s’exprime ainsi :
« Je me sentais pesant. » « C’était du vin, bu« sans être mêlé avec de l’eau (à^eXioto). » C’est-à-dire du vin pur, en latin merum. Mainte-nant, voici dans quels termes Éphore, historientrès-connu, nous apprend , dans le livre secondde son Histoire, les causes de cette locution :
« Les lleuves sont adorés seulement par les« peuples qui habitent sur leurs bords ; mais le« fleuve Achéloüs , lui seul, est adoré par tous» les hommes. Il ne partage pas la dénomination« commune des fleuves; mais c’est de lui qu’elle« leur a été transportée dans le langage commun.« Ainsi, au lieu d’appeler l’eau de son nom spé-« cial, nous lui donnons le surnom d’Achéloüs,«emprunté à ce fleuve; tandis que souvent,« dans d’autres circonstances, nous employons« le nom commun, au lieu du nom spécial. Par«exemple, on appelle les Athéniens Hellènes,«et les Lacédémoniens, Péloponnésiéns. Je ne
sa»
« saurais assigner d’autre cause à l’exception« dont il s’agit, que les paroles de l’oracle de« Dodone , lequel donnait presque toujours pour« réponse : Sacrifiez à Achéloüs . De sorte que« plusieurs personnes, pensant que l’oracle n’en-« tendait pas désigner exclusivement par le nom« d’Achéloüs le fleuve qui coule chez les Acar-« naniens, mais toute espèce d’eau en général,« attribuèrent ce surnom à l’eau des fleuves de« leur pays, et leur donnèrent par suite le« nom du dieu, qui est passé après, dans le lan-« gage ordinaire, surtout quand il s’agit de l’eau« qu’on offre à l’occasion des sacrifices, des« prières, des serments, et de tout ce qui concerne« les dieux. »
Il n’est pas possible de démontrer plus claire-ment que, dans les temps les plus reculés de laGrèce, le nom d’Achéloüs était employé pour dé-signer l’eau en général. Y irgile s’est donc expriméd’une manière savante, lorsqu’il a dit que Libermêla le vin avec Achéloüs . Il ne serait pas besoind’autres témoignages en faveur de cette assertion,après ceux du poète comique Aristophane et del’historien Éphore. Cependant ne nous en con-tentons point. Didyme, incontestablement leplus savant des grammairiens, après avoir don-né la raison rapportée ci-dessus par Éphore, enajoute encore une autre, qu'il déduit en ces ter-mes :
« Peut-être serait-il mieux de dire que c’est« parce qu’Achéloüs est le plus ancien des fleuves,« que les hommes lui font l’honneur de donner« son nom à toutes les eaux en général. Car Agé-« silas, dans le premier livre de son Histoire,« nous instruit du droit d’aînesse du fleuve Aché-« lotis. L’Océan, dit-il, ayant épousé Téthys, sa
batur Achclous. Neque id frustra : nam causa quoquc ejusrei cum cura relata est. Sed priusquam causam propo-nam, illud antiquo poêla teste nionslrabo, liunc mureinloquendi pervagatum fuisse, ut Acbeloum pro quavis aquadicerent. Aristopliaues vêtus comicus in comœdia Co-calu sic ait :
'Hpouv âypcov pâpo;.
'HrâpEV fàp toi p.’ olvo; où payse; rapa
’A'/Xào>(|>.
gravabar, inquil, vino, cui aqua non fuisset admixla, idest mero. Çur auteni sic loqui soliti sint, Epborus notis-siinu-s scriplor liisloriai um libro secundo ostendit bis ver-bis :
Toi; plv oùv cxXXoi; rcoTcepoî; ol iAï)ui6xu>poi pôvov Oùovaiv■cùv St’Axetûov pôvov ’ t “ VTa î «vOpûnou; oupSÉSrjxev Tipôiv,où toi; xoevoï; ovopaoiv, àvrî twv IScwv , toù ’ AxfXûoù Tr,vt5iav tetovuptav tel tô xoevôv peraçépovra;. Tô pèv yàp ùSwpoXoj; , tesp écrriv xoivèv Ôvopa, àno Tij; ÎSia; éxsévou jrpooï)-•Yopîotç ’Ax^“ 0V xaXoüjiev, twv 8s déXXwv ovopâTcov tà xoevànoXXàxc; àvvl tûv tSéwv èvop.ât;op.EV, toù; ptv ’A0ï]vacov;,"EXXïiva;, toù; oè AaxsSacpoviou;, rieXoTrovvqcHou; àicoxa-Xoùvts;. Toùtov 5è toù à7topiip.aTo; oùôèv Ëxopev ccItccotixtov
Et7csiv, fi toù; âx AeoSûvy]; ypriapoO;. oyeSov yàp if’ oiira-glv aÙTOÏ; Tcporrccyecv 6 Osô; slwOsv, ’A/eXtoto Oùsiv. cotteT ioXXoi vopLitovTE;, où tov iroTapôv tôv ôcà Tÿ; ’Axapvavia;(téovTa, àXXà to oùvoXov Ù3wp ’A/eXcitov ùjrè toù xp‘;T(j.oüxaXEiccOat, tôcoüvTai Ta; toù 0£oÙ7TpoaY]yopta;. ZTjgsiov os,otc jtpo; TÔ Oeïov àvacpÉpovTE;, où-reo XéyEcv e!u>Gap.sv. MâXierrayàpTÔ ùScop’A xeXwov 7rpocxaYopeùop.sv èv toï; ôpxoc;, xai èvTai;eùxaï;, xaiév Taî; Gwriat;, ômsp mxvva icEpi toù; Oeoù;.
Potestnc lucidius ostendi, Acbeloum Græcis vetustissimispro quacumque aqua dici solitum? Unde doctissime Vergi-lius ait, vinum Acbeloo Liberum patrem miscuisse. Adquam rem etsi salis testium est, cum Aristopbanis comiciet Epliori liistorici verba prodiderimus, tamen ultra pro-grediemur. Didvmus euim.grammaticorum facile erudilissi-mas, posita causa, qntn superius Epliorus ilixit, altcramcpioque adjecit liis verbis :
'Apsivov Sè èxstvo Xe'yscv, otc Sià tô 7câvTcov twv 7COTap.ûvTtpeaëÙTaTov slvai A^eXoSov , xip/pv àjxovs|iovTa; aÙTcf toù;àvOpwirov;, navra ôuXco; xà vàp.axa r& èxsivou ôvouaTi itpo-oayopEÙEiv. 'Oyoùv’AyqcjiXao; ôià tî); irpwTV); tuTopta; 8e6âi-Xo)x ev, otc A/eXiôo; nâv tcov tûv irOTap.ûv irpEoëÙTaTo;.’Ef ï) Y«P, ’tlxeavô; St Yapèc XriOùv, ÉavToù àSeX^rjv twv St