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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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LES SATURNALES, LTV. V.

CHAPITRE XXI.

Des diverses sortes de coupes.

Souvent Virgile donne aux coupes des nomsgrecs, comme carchesia, cymbia, cantha-ros, scyphos. Exemple de la première dénomi-nation :

« Prends ce carchésion, rempli de vin de« Méonie, et faisons, dit (Cyrène ), des libations« à l’Océan. »

Ailleurs :

« Ici, il répandit, suivant le rite religieux,« deux carchésions remplis de vin pur, dont il« lit des libations à Bacchus. «

Exemple de la seconde :

« N ous déposé mes sur le tombeau (de Polydore)■ des cymbia remplies de lait encore fumant. »Exemple de la troisième :

« Un lourd cantharus pendait à la ceinture« ( de Silène ) par son anse brisée, »

Exemple de la quatrième :

« Évandre prend dans sa main un scyphus* sacré. »

On se contente de savoir que ce sont là des dé-nominations de coupes; mais quelle fut leurforme, et quels auteurs en ont parlé? C'est ce quepersonne ne recherche. Cette négligence est to-lérable à l’égard des scyphes et des canthares,dont les noms sont vulgairement connus ; maisquant aux cymbes et aux carchésions, dont lesnoms ne se trouvent jamais, que je sache, dansles écrivains latins, et ne se voient que fort rare-ment dans les écrivains grecs, je ne comprendspas pourquoi on ne se détermine pas à faire desrecherches sur la signification de ces dénomina-tions nouvelles et étrangères.

CAP UT XXI.

De poculorum, generlbus.

Nomina poculorum Vcrgitius plerumque Græca ponit,ut carchesia, ut cymbia ut canlharas, ut scyphos. Decarcliesiis ita :

Cap* Mæonli carchesia Baochl :

Oceano libemus, ait :

et alibi :

Hic duo rite mero llbans carchesia Baocho.de cymbiis :

Inferimua tepldo spumantla oymbia lacté,de canlhai'o :

F.t gravis attrita pendebat cantharus nnsa.de scyphis :

Et aacer implcvtt dextram scyphus.

Ea antem cujus figuiæ sint, quisvo eorum fecerit men-lionem, nemo quærit, contcnti scire, cujuscemodi essepocula. Et scyphos quidcmcantharosque, consueta vulginomina, ferendum si transoant; sed de carcliesiis cymbiis-quc quæ apud Latinos haud scio an unquam repei ias,apud Græcos antem sunt rarissima, non video, cur noncoganlur inquirere, quid sibi nova et pcregriua nominaMAcnont:.

Le carchésion est une coupe qui ne fut connueque des Grecs. Phérécydes en fait mention dansson Histoire, où il dit que Jupiter acheta les fa-veurs d’Alcmène par le don d’un carchésiond’or. Plaute, dans sa comédie d 'Amphitryon,a répudié ce nom étranger, pour lui substituercelui de patère, qui, comme le mot l’indique,est une coupe plate et découverte ( planum acpatens)\ tandis que le carchésion est d’une formehaute, resserrée vers le milieu, avec des ansespeu saillantes, mais qui descendent depuis le hautjusqu’au pied de la coupe. Asclépiade, écrivaingrec des plus distingués par sa science et par sonexactitude, dit que le carchésion tire son nomd’un agrès de marine. En effet, dit-il, la partieinférieure de la voile s’appelle Tttepva, le milieurpâ^ïj^ov; et le haut, d’où partent les deux cê-tés de la voile, ce qu’on appelle les cornes , estnommé carchésion. Asclépiade n’est pas le seulqui ait parlé de ce genre de coupe. Nous pouvonsciter encore plusieurs autres poètes illustres quien ont fait mention, tels que Sapho, qui dit :

« Ils firent tous des libations avec des carché-a sions, et formèrent des vœux pour le bonheur« du genre humaip. »

Cratinus, dans Bacchus Alexandre :

« Il portait un vêtement tout d’une même cou« leur, un thyrse, une robe jaune, et un carché« sion peint de diverses couleurs. «

Sophocle, dans sa pièce intitulée Tyro :

« Il se place au milieu de la table, et parmi« les mets et les carchésions. »

Voilà pour ce qui concerne le carchésion in-connu aux Latins, et mentionné seulement parles écrivains grecs. On en peut dire autant ducymbion, sorte de coupe sur laquelle même

velint. Est aulem carchesium pociilum Græcis tantum-morlo notum. Meminit ejus Pherecydes in libris historia-rum, ailque Jovem Alcumenæ pretium concubitus carche-sium aureuin dono dedisse. Sed Plantas insuetum nomenreliquit, aitque in fabula Amphitryone paleram datam ;einn longeutriusque poculi figura diversa sit. Paiera enini,ut et ipsum nomen indicio est, planum ac païens est; car-chesium vero procerum, etcirca mediam parlem comptes-sum ansatum mediocriter, ansisa summoad infimnm per-tinentibiis. Asclepiades autem, vir inter Græcos apprimedoclus ac diligens, carchesia a navali re existimat dicta.Ait enim, navalis veli partem inferiorcm nnpvav vocari;at circa mediam ferme partem vpi^riXov dici ; summumvero partem carchesium nominari, et inde dilïundi inutrumque veli latus ea, quæ cormia vocantur. Nec solesAsclepiades meminit liujus poculi, sed et alii illustrespoetæ, ut Sappho, quæ ait :

Koivîj S' dp oc navrée xapxifai’ olyy ,, xai Ve.vfcy,’Apàoavto üà n&ynav iaOXà T(î) y oeuf, pop.

Cratinus, in AiovvoocXeUàvôpq) :

XtoX^v Zf vu,oc ûyy, xoü S’ ipôxpoov,

BOpuov, xpoxtüxov, 7[oiy.i'Àov y.apy_r,mov.

Suphocles in fabula, <piæ inscribitur Tyro :