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MACKOIÎH.
Voilà donc, selon Virgile, Opis compagne etsuivante de Diane. Apprenez maintenant d’oùil a tiré ce nom, lequel, comme je vous le disais,est un surnom qu’il avait vu attribué à la déesseelle-même, et qu’il transporte à sa compagne.Alexandre Étolien, poëte distingué, dans sonouvrage intitulé Les Muses, rapporte avec quelzèle le peuple d’Éphèse, après avoir consacréun temple à Diane,, invita, en leur proposantdes récompenses, les poètes les plus célèbres del’époque, à composer différents ouvrages envers,en l’honneur de la déesse. Dans ce passage,le nom d’Opis est donné, non pas à la com-pagne de Diane, mais à la déesse elle-même.Le poëte, comme je l’ai dit, parle des Éphésiens.
« Ce peuple, sachant que Timothée fils de« Thersandre, habile dans la musique et dans«la poésie, excitait universellement l’admira-« tion des Grecs, l’honora d’un don sacré de« mille sicles d’or, afin qu’il célébrât Opis, qui« lance des flèches rapides, et qui a un temple« célèbre à Cenchrée. »
Et peu après :
« ... Afin qu’il ne laissât pas sans gloire les« actions de la fille de Latone. «
Il est prouvé, si je ne me trompe, qu’Opis estun surnom de Diane, et que c’est l’érudition deVirgile qui lui a suggéré de transporter ce nomà la compagne de la déesse.
« Tous les Dieux quittèrent leurs autels et« abandonnèrent leurs sanctuaires. »
Personne ne recherche où Virgile a pris cetteidée. Il est constant toutefois que c’est dansEuripide, qui, dans sa Troade, fait dire à
At Triviæcustos jamdudum in inontibus Opis.
Opin inquit comitem et sociam Dianæ. Sed audile, undeVergilius hoc nomen acceperit; qui, ut divi, quod cpi-theton ipsinsce legerat, sociæ ejus imposnit. AlexanderÆtolus, porta egregius, in libro , qui inscribitur Musai,refert, quanto studio populus Epliesius dedicato temploDianæ curaverit præmiis proposais, ut, qui tune, crantpoetæ iugeniosissimi, in Ueam carinina diversa compo-nerent. In liis versibusOpis non cornes Diana;, sed Dianaipsa vocata est. Loquitur autem, uti dixi, de populo Eplie-sio :
’AXX* oyE jtEoOépsvoî 7ràyx?l rpouxoïat pEXéoOatTip.60eov xrtapri; ï8p.ova xai pcXéniv,
Tièv 0ep(jàv5poio xèv âveoev àvspa aîyXoïvXpuaeiiov Upt)v Sri xoxeT p.vîjiîai toxéwv ’Utt.v pXqTEipav èïaxwv.
"H S’ ini Keyypuùv xipiov oïxov Ib/ei.el mox :
Mq8è ÔEjjç npoXinï) Ar)xu>t6o; àxXEa Ëpya.
Apparuit, ni fallor, Opin Dianam dictam, et Vergiiium denimia doctrina lioc nomen in ejus comitem transtulisse.
Excesscre omnes adylis arisquc reiictis
Dii.
Hoc unde Vergilius dixerit, nullus inquirit ; sed conslat,ilium de Euripide traxisse, nui in fabula Troadibus indu-
Apollou , quand Troie va être prise, les parolessuivantes :
« Vaincu par Juuon et par Minerve, qui« renversent de coucert les murs phrygiens,« j’abandonne l’illustre Ilion, et les temples« qu’on m’y a élevés ; car lorsque la triste so-litude s’est emparée d’une ville, le culte des«dieux y est négligé, et ils n’y sont plus ho-« norés. »
Ce passage nous apprend d’où Virgile a tiréque les dieux abandonnent une ville au momentqu’elle va être prise. Ce n’est pas non plus sansquelque autorité de la vieille Grèce qu’il a dit :
« (Junon) elle-même du haut du ciel lança« la foudre rapide de Jupiter. »
Car Euripide met en scène Minerve, sollici-tant de Neptune des vents contraires à la flottedes Grecs, et lui disant qu’il doit faire le mêmeusage de la foudre contre les Grecs, qu’en au-rait fait Jupiter de qui il la tient.
Dans Virgile, Pan séduit la Lune par le char-me d’une toison blanche comme la neige :
« Il l’entraîne dans les forêts profondes... (s’il« faut croire ce qu’on en dit) par le charme d’une« toison plus blanche que la neige. >>
Valérius Probus-, homme très-savant, remar-que, sur ce passage, qu’il igpore d’où le poëte atiré cette fable ou cette histoire. Cette ignorancem’étonne de la part d’un tel homme. C’est lepoëte Nicandre qui est l’auteur de cette histoire.Didyme,le plus savant des grammairiens quiont existé jusqu’ici, donne a ce fait l'épithète defabuleux. C’est parce que Virgile n’ignorait pascette circonstance qu'il a ajouté :
cil Apollinem, cum Trojacapicnda essct, isla dicentem:
'Eyù Sè (vixâ>p.ai -yàp ’Apysiaç OeoüI lia;, ’AOâvaq 0’, aï ouveÉeïXov ‘l'pâya;)àëi'too xà xXstvèv ’IXiov, [ïfijpaju; -t’ é(j ioûç-’Eprijna yàp itôXiv 8xav Xâëyi xax^,
Noaeï xà xiSv 0 e wv, oùSè xt(iàff0ai OÉXsi.
Qui versnsdocent, imdeVergilius usurpaveril, « discessisse« Deos a civitale jam capta ». Pyjp hoc sine aucloritateGræcæ vetustatis est, quod ait ;
lpsa lovis rapidum jaculata e oubliais ignem.
Euripides enim inducit Minervam venlos contra nos Græ-corum classi a Neptuno petentem, diccntemque, dehereilium faccre, quod Jupiter fecerit, a quo in Græcos ful-men acceperit. Apud Vergiiium Pan niveo lanæ munere >Lunam illexisse perhibetnr,
In nemora alla vocans,
Muneresic niveo lanæ, si credere dignum est.
et reliqua. In hoc loco Valérius Probus vir perl’ectissimusnotât, uescire se, liane liistmiam sive fabulam quo réfé-rât auctore. Quod tantum virum fugisse miror. Nam Ni-cander liujus est auctor hisloriæ, porta, qiiem Didymns,grammalicorurn omnium, qnique suit, quiquo luerint,inslnirtissiinus, fabulosum vocal. Quod sciens Vergiliusadjecit,