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LES SATUHNALES, LIV. VI.
« S’il faut croire ce qu’on en dit ; » comme pourprévenir qu’il s’appuyait sur un auteur fabuleux.On parcourt le troisième livre (de l’Énéide) sanss'informer d’où est tiré ceci :
» Phébus l’apprit du dieu tout-puissant; à« son tour, Phébus Apollon me l’a révélé. »
A de tels passages les grammairiens, pour ex-cuser leur ignorance, attribuent ces fictions augénie de Virgile, plutôt qu’à son savoir; et ils nedisent pas même qu’il les a empruntées à d’autres,pour ne pas se trouvercontraintsà nommer les au-teurs. Mais j’atteste que dans ce passage, le sa-vant poète n’a fàit que suivre l’illustre tragiqueEschyle, qui, dans la pièce intitulée en latinSacerdoles {les Prêtres), dit ;
« Il faut partir le plus promptement possi-« ble, car voici les oracles que Jupiter dicte à« Loxias Apollon). »
Et ailleurs :
« Jupiter est le père prophétique de Loxias« (Apollon). »
N’est-il pas évident que c’est de là que Vir-gile a tiré qu’Apollon répète les oracles que luidicte Jupiter? Après cela, ne reste-t-il pasprouvé pour nous que, de même que Virgile nepeut pas être compris par celui qui n’entendpas la langue latine, il ne peut pas l’être nonplus par celui qui n’a pas approfondi jusqu’audernier degré de l’érudition grecque? Car sije ne craignais de devenir fatigant, je pour-rais remplir de gros volumes de ce que cepoète a puisé dans les parties les moins connuesde l’érudition des Grecs; mais ce que j’en airapporté suffit pour établir ma proposition.
Si crederedignum est.
adeo se fabuloao iisum fatelur auctore. In tertio libro cur-sim legitur, neque unde translation sit, quæritur :
Quæ Pliodm pater omnipotena, mllii l’Iiœbus ApoiloPrnxllxtt, elc.
In talilms locis granimatirj, excusantes iniperitiainsuam,inventiones lias ingenio mugis, quam doctrinæ Maronisassignant; nec dicunt,cuin ab aliis nuitualnin, ne nomi-nale cogantur auctores. Sed aflirmo, doctissiminn vutemetiam in hoc Æschylum cmincntissinniin tragoedianunscriptorem secnlnm, qui in fabula, quæ latina lingua Sa-cerdoles inscribilnr, sic ait :
2-rÉMstv ra^orra- -rama yàp itan)p
Zeiiç AoÇtqt Oea-nîirp.aTa.
et alibi :
Ilatpèc npotpfiTï]; dmi Ao&ac Aié;.licquid clarnm factum est, inde sumsisse Vcrgilium,ipiod Apoilo ea vaticinetnr, quæ sibi Jupiter futur? Pro-batumne vobis est, Vergilimn, ut ab eo inlelligi non po-test, qui soniun latinæ vocis ignorât, ita nec ab eo posse,qui græcam non liauserit extreina salielate doctrinam ?Nam ai lastidium facere non timerem, ingentia poleramvolumina de bis, quæ a penitissima Grascoruin doctrinatranslulisset, irnplerc. Sed ad lidem ici propositæ relatasuflicient.
LIVRE SIXIÈME.
CHAPITRE I.
Des vers que Virgile a pri6 à moitié, ou même en entier,dans d'anciens poètes latins.
Eusthate nous a tracé un admirable tableau,dit ici Prætextatus, des emprunts que Virgile afaits à l’antiquité grecque, pour les transporterdans ses poèmes ; mais nous n’avons pas oubliépour cela que des hommes que l’on compte parmiles plus savants de notre âge, Furius Albinus etCécina Albinus, nous ont promis de dévoiler lesemprunts que Virgile a faits en outre aux anciensécrivains romains : le moment est arrivé d’exé-cuter cette promesse. — Tout le monde ayantapprouvé la proposition, Furius Albinus parla enees termes :
— Tandis que je désire montrer combienVirgile a su mettre à profit la lecture des anciens,et recueillir dans leurs divers ouvrages des fleurset des ornements dont il a embelli ses poèmes, j’ap-préhende de fournir aux ignorants ou aux malin-tentionnés l’occasion d’accuser de plagiat un sigrand poète, sans faire attention que le fruit qu’onespère de ses lectures, c’est de parvenir à imiterce que l’on trouve de bon dans les autres, et às’approprier ce qu’on admire le plus en eux. C’estee qu’ont fait réciproquement entre eux les écri-vains grecs les plus distingués : c’est ce qu’ontfait les nôtres réciproquement entre eux, autantqu’à l’égard de ces derniers. Sans parler desétrangers, il me serait facile de vous démontrercombien les écrivains de notre ancienne littéra-
LIBER SEXTUS.
CAPUT I.
Quos vcl ex (limidio sul, vel solidos etiam versus, «b an-tiquls loti : jLs poetis sit mutualus Yergilius.
lIicPrætextatus:Mirum, inquitm modem digessitlîustartliius, quæde græcaantiquitatecarmini suo Vergilius insé-rait. Sed meminimus, viros inter omnes nostraælate longedoctissimos, Furium Cæcinamque Albinos, promisisse, seprodt uros, quididem Mar» deantiquis Romanis scripto-ribus traxerit. Quod mine ut fiat, lempusadmonet. Cumqueomnibus idem placeret, lum Furius Albinus : Etsi vereor,ne,dum ostendere cupio, quantum Vergilius noster exantiquioruni lactione profecerit, et quos ex omnibus flores,vel quæ in canniriis sui decorein ex diversis ornamentalibaverit, occasionem reprehcnilendi vel imperitis, velinalignis ininistrem, exprobraritibus tanto viro alieni usur-pationem, nec considerantibus, hune esse fructum le-gendi, æmulari ea, quæ in aliis probes, et quæ maximeinter alionun dicta mlrcris, in aliquem usum tuum oppor-tuna derivatîone convertere ; quod et nostri tant inter se,quam a Græcis, et Græcorum excellentes inter se, sæpe