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Macrobe (oeuvres completes), Varron (de la langue latine), Pomponius Mela (oeuvres completes) : avec la traduction en français / publiées sous la direction de M. Nisard
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MACHOHE.

ture se sont fait de mutuels emprunts; ce que jepourrai exécuter plus opportunément dans uneautre occasion, si cela vous convient. Je n’en citerai pour le moment qu’un exemple, qui doit suf-fire à prouver mon assertion. Afranius, auteurde comédies à toge, daus celle qui est intitulée1 es ■ Compiles, » répond très-convenablement àceux qui lui reprochaient d'avoir pris plusieurs cho-ses dans Ménandre. J’avoue, dit-il, que j’ai puisénon-seulement chez lui, mais encore chez tousles écrivains, même latins, dans lesquels j’aitrouvé quelque chose qui m’a convenu; et, encela, j’ai cru agir on ne peut mieux. Si donc unetelle société, une pareille communautée3t per-mise et établie entre les poètes, et généralemententre tous les écrivains, qui accusera Virgile deplagiat, parce qu’il a fait des emprunts aux écri-vains qui l’ont précédé, pour en orner ses ouvra-ges? Ne lui doit-on pas plutôt delà reconnaissancede ce qu’en transportant quelques-uns de leursmorceaux dans ses vers qui doivent demeureréternellement, il a préservé d’un entier oubli lamémoire de ces anciens auteurs, que notre sièclene se contente pas de vouer à l’oubli, mais qu'ilcommence même à condamner au mépris? D’ail-leurs, Virgile choisit avec tant de discernement,ou il imite d’une telle manière, que lorsque nouslisons ses emprunts, nous nous plaisons à les trou-ver dans ses mains; et nous sommes dans l’admi-ration de les voir y produire plus d’effet qu’enleur place primitive. Je signalerai donc d’abord-les demi-vers, ou ïes vers presque entiers, que Vir-gile a pris à d’autres poètes. Je passerai ensuiteaux morceaux qu’il a translatés intégralement,avec de légères mutations ; à ceux dont il a saisile sens, en laissant clairement en apercevoir l’o-

l'ecerunt. Et, ut do alienigenis laceani, possem pluribusedocerc, quantum sc mutiio compilaient bildiotliecae vo-lons auctores. Quod lameii opportune alias, si volonlilmsvoliis eril, prohaiio. Unum mine exemption proièrain,ipiod ad prohanda, qufe assoit), pâme sulïiciet. Afraniusi-niin Logalaruni scriplor, in eu lunata, quai Gonipitaliainseriliitur, non iiiYcreenndc lespondens arjpientibns,quod plura snmsisscL a Menandro, Falcor, inquit, siimsi,non abillo sulo uiodo,sed ut quisque liabuit, quod con-veniret inilii, quodque inc lion pos.se melius lacéré credidi,oliani a Latino. Quod si liæc sociétés et lennn cominimiopoctis sci iptoribusque omnibus inter so excrcendaeoncessaest; quis fraudi Vurgilio yortal, si adoxcolomiuin sequæ-‘tain al) nnliquioribus mutuatiis sit? oui oliam gralia lioononiino est iiabenda, quodiionnidlaal) illis in opossum»,quod auterno niansuriim est, translerendo, focit, ne om-piim inomoria vetcnim delcrctiir : quos, sicut pra soiisseqsus ostoudit, non soluin iieglcctui, veruni eliam lisniliabciojain coipiinus. JJeuique et judicio liansfcrcndi etmodo iiuitaudi couscculus est, ut, quod apud ilium le-{.'oriimis aliomim, aut illius esse malimiis, aut meliusliic, quant ubi uatuin est, sonate mireimir. Dioam ilaqueprimo)», quosab aliis traxit vol ex dimidio soi versus,Vol panne soüdos.l’ost lioc, lue,os intégras cum parva qua*

rigine; à ceux enfin auxquels il a fait des change-ments qui n’ont pas empêché d’en découvrir lasource. Après cela, je prouverai que quelques-unesdes choses qu’il a prises dans Homère, il ne lesy a point puisées directement, mais que d’autresles y avaient prises avant lui; et quec’estde cesauteurs qu’il les a transportées dans ses ouvrages,puisqu’il les avait lus Indubitablement.

Virgile :

« Cependant le ciel opère sa révolution, et la« nuit s’élance hors de l’Océan. «linnius, livre sixième :

« Cependant le. eiel et ses vastes constellations« opèrent leur révolution. »

Virgile :

« (Atlas) soutient sur scs épaules le ciel orné<■ d’étoiles ardentes. »linnius, livre premier :

« Il parcourt le eiel orné d’étoiles brillantes. »Livre troisième :

« (I considère le ciel orné d’étoiles brillantes. »lit livre dixième :

« Lu nuit s’avance ornée d’étoiles brillantes. »Virgile :

« Le père des dieux et le roi des humains con-« voque l’assemblée. »

Ennius, livre sixième :

-< Alors le père des dieux et le roi des humains* dit en son cœur. »

Virgile :

« Il est un pays que les Grecs nomment lles-« périe. »

linnius, livre premier

« Il est un pays que les mortels nommaient« Hespérie. »

Virgile :

ilnm imilalione Iriinsliilos , sensusvc ilu Iranscriplos, ut,mule essont, eiuceiel; inmmtalos alios, ni tumen oripoconnu non ignorarnliir. l’ost hæc, qiiædam do liis, ipiæal) llnmejosinnla simt, ostendam, non ipsum al) Hoinerotulisse, soil peins altos indo sunisisso, ol ho no, ali illis,qnos sine dubio legetat, tianslulisso. Yergilms :

Vertilur intoroa cœlum, et rnlt ocoano nox.

Ennius iu libro .sexto :

Vertilur iulerru coeluni cum iuKontlbus slgnls.

Yergilius :

Axel» liumero turquut slellis arilonUlms apluin.

Ennius in primo :

Qui cielum versât slellis fol^enlilius aptum.et in tertio :

Cœluni.prospoxit slellis lulqenliltus aptuiii.et in deeimo :

Ilioc nox proeessit slellis ardenlilins apla,

Vergilius :

Gooeillumqiie vocal Divum paler atque liumimuu rex.liiüiius i» sexto :

Tom eum corde suo Divin» paler atque lioniiimm rexKlîatur.

Vergilius :